Simone Lemieux nourrie par l'athlétisme

Simone Lemieux est aujourd'hui docteure en nutrition, elle... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Simone Lemieux est aujourd'hui docteure en nutrition, elle enseigne à l'Université Laval et elle est chercheuse à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l'UL.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) «J'ai toujours l'athlétisme dans le sang et je me sens toujours comme une athlète. Quand on me demande qui je suis, je réponds que je suis une athlète.»

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Il n'y a pas de doute, l'athlétisme a autant marqué Simone Lemieux que cette dernière a marqué le programme du Rouge et Or. Choisie athlète par excellence en 1991, elle garde aujourd'hui des liens serrés avec son alma mater. Docteure en nutrition, elle enseigne à l'UL en plus d'être chercheuse à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l'Université Laval (INAF). Mais c'est d'abord en génie mécanique qu'elle a étudié. Après une session, elle a décidé de changer de programme et elle a amorcé un bac en nutrition.

«J'avais la bosse des mathématiques. Mon premier choix est allé vers le domaine où j'avais le plus de facilité. Mais mes intérêts étaient du côté de la nutrition. Je me suis rendu compte que même si je n'avais pas de misère dans mes cours en génie, je ne me voyais pas travailler dans ce domaine-là.»

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la jeune femme n'a pas traîné sur les bancs d'école. Après son bac en nutrition, elle a enchaîné avec une maîtrise en activité physique puis un doctorat en physiologie. «Ce qui est le fun avec les sports d'été comme l'athlétisme, c'est que c'est plus facile à concilier avec les études. Quand j'ai arrêté de compétitionner, il ne me restait qu'une année à mon doctorat.»

Travaillant dans l'ombre à ses débuts comme nutritionniste, la Dre Lemieux est depuis passée sous les feux de la rampe. L'explosion de maladies comme l'obésité, le diabète de type 2 et l'hypertension a mis les nutritionnistes à l'avant-plan et l'importance de bonnes habitudes alimentaires est devenue un sujet régulièrement abordé dans les médias.

«On voit que l'intérêt pour la nutrition est plus grand. Et on sait que les gens vont s'intéresser à nos recherches et qu'elles auront des impacts importants. Mais ce que je trouve motivant, c'est de constater le nombre de personnes qui lisent les articles que je publie dans mon blogue sur le site Contact de l'Université Laval. Je vois d'une manière plus concrète la contribution que j'apporte.

«Il y a cependant un envers à cette médaille-là. Il a permis à des gens n'étant pas nutritionnistes de prendre aussi de la place, créant une espèce de cacophonie. Il se dit énormément de choses. Et notre rôle, c'est d'essayer de remettre les pendules à l'heure afin d'éviter qu'il y ait des dérapages.»

La chercheuse explique que le prochain grand défi des communautés scientifiques et professionnelles des nutritionnistes sera de changer la perception de la saine alimentation. «Il faudra aider la population à voir l'alimentation d'une façon plus positive, de manière à les convaincre de manger plus sainement.»

Toujours dans le feu de l'action à l'Université Laval, Simone Lemieux l'est aussi à la maison, elle qui est mère de trois enfants. Mais à quoi peut ressembler la vie d'enfants dont la mère est docteure en nutrition?

«J'essaie d'être relax avec les aliments. Je ne veux pas que mes enfants développent une relation compliquée avec la nourriture. On mange pour satisfaire ses besoins. Je leur offre une alimentation qui est le plus souvent possible saine. Mais nous ne sommes pas exemplaires. Des chips, il y en a chez nous à l'occasion. Mes enfants sont des athlètes et ils en dépensent, de l'énergie. Je ne peux pas juste les nourrir avec des carottes et des fraises. Ça leur prend des barres tendres et des muffins.»

Au primaire

C'est alors qu'elle avait 11 ans que la Fidéenne a commencé à pratiquer l'athlétisme. Tout de suite, elle a connu du succès en saut en longueur et en triple saut. «Ça correspondait bien à mes qualités physiques. Et comme j'avais fait de la gymnastique avant, j'étais très coordonnée et j'étais bonne dans tout ce qui était technique. Rapidement, je me suis aperçu que je me débrouillais et que je progressais bien dans ces épreuves-là.

«Je dirais que c'est autant le saut qui m'a choisi que moi qui ai choisi le saut. J'aimais beaucoup ces spécialités», indique celle qui au cours de sa carrière - qui s'est terminée alors qu'elle avait 27 ans -  a touché à toutes les disciplines de l'athlétisme, tant les sprints que les lancers.

Presque 20 ans après sa retraite, Simone Lemieux détient toujours les records du Rouge et Or au triple saut (12m37) et au saut en longueur (5m90) et le record québécois au triple saut (12m85). «Pour l'amour-propre, c'est le fun. Je m'attendais à ce que ces records soient battus rapidement. Mais je me dis que ça serait le temps qu'ils soient effacés, pour la santé de l'athlétisme, un sport que j'ai tellement aimé.»

Même si elle n'a pas profité de l'encadrement dont jouissent les athlètes aujourd'hui, l'ex-athlète n'a aucun regret. Elle explique que même si elle n'avait pas profité des services d'une nutritionniste, elle s'était servie des connaissances acquises dans ses cours en nutrition pour bien s'alimenter.

Questions/réponses

Q Faits saillants de carrière? 

R La première fois que j'ai sauté 6 m au saut en longueur à Sherbrooke, en 1991. Un moment exceptionnel. Je courais après cette distance-là, une marque psychologique, depuis plusieurs mois. Aussi quand j'ai fait un record personnel aux Universiades de Sheffield (1993). 

Q Des regrets?

R Ce n'est pas un regret. Mais ç'a aurait été le fun si j'avais commencé le triple saut plus jeune. Je pense qu'il m'en restait un peu dans les jambes quand j'ai pris ma retraite. Je suis convaincu que j'aurais pu faire plus de 13 m. 

Q Prochain défi?

R M'assurer que tout ce que je fais en recherche puisse être bien livré à la population. J'ai commencé à le faire dans mon blogue. Je suis consciente que c'est important de faire de la recherche, mais qu'il faut que ça serve à quelque chose.

Q Dans 20 ans? 

R J'espère être grand-mère un jour. J'ai hâte de vivre ça. Je souhaite avoir la santé pour voyager et faire des activités sportives. Et comme j'aime beaucoup l'écriture, je vais peut-être déborder du cadre de la nutrition pour écrire sur autre chose.

Q Personnalité marquante?

R Raymond Veillette. Il a eu l'impact le plus important sur ma carrière. Un visionnaire qui m'a permis d'exploiter mon potentiel de manière optimale. Je n'aurais pu avoir un meilleur coach.

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