Patrick Roberge: retour aux sources annoncé

Patrick Roberge n'est pas demeuré loin de ses... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Patrick Roberge n'est pas demeuré loin de ses premières amours bien longtemps. Il est aujourd'hui entraîneur au Dojo de Beauport.

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(Québec) Le judoka Patrick Roberge ne sera pas demeuré bien longtemps loin du tatami. Un an et demi après avoir annoncé sa retraite en 2001, il a renoué avec sa passion en devenant entraîneur au Dojo de Beauport où il oeuvre toujours. Un retour aux sources qui n'avait rien de surprenant pour l'athlète olympique qui avoue avoir le judo dans le sang.

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«Ma passion, c'est le judo», explique l'athlète qui a pris part aux Jeux olympiques de 1992. «Les gens qui étaient autour de moi à l'époque pourraient vous dire que ça paraissait que je n'étais pas vraiment enchanté de lâcher ma carrière d'athlète. Mais on finit par s'habituer à sa nouvelle vie. Sauf que quand l'opportunité de me réinvestir dans le judo en tant qu'entraîneur s'est présentée, je n'ai pas pu résister.»

Roberge indique que le judo étant un art martial, c'était aussi une philosophie de vie qui le touchait davantage maintenant qu'il était plus âgé et qui lui avait permis de se rediriger et de continuer à s'améliorer dans le sport qui le passionne depuis son enfance.

Aujourd'hui responsable du volet judo du programme sport-études de l'école secondaire La Seigneurie de Beauport, Roberge lancera en septembre le programme Samourai qui s'adressera aux jeunes de quatrième à sixième année de l'école du Parc. Questionné sur le genre d'entraîneur qu'il est, Roberge déclare qu'il est avant tout réaliste. Il explique qu'il est capable d'évaluer rapidement le potentiel d'un jeune avant d'ajouter : «Souvent, un jeune va se développer à travers son ambition et son travail et ses efforts à l'entraînement. Et il y a des jeunes que je ne voyais pas se rendre très loin qui m'ont joué des tours.» 

Roberge avoue qu'il a une relation pas mal amicale avec ses élèves même s'il est sévère quand vient le temps de faire respecter les règles. Et malgré le fait qu'une bonne trentaine d'années le sépare de ses judokas, il n'a pas la prétention de vouloir se faire appeler monsieur. «Les jeunes qui sont plus axés sur la performance voient en moi quelqu'un qui a accompli de grandes choses. Ça les impressionne, mais en même temps, ils ont l'ambition de se réaliser. Et il y a un petit côté challenge qui ressort. Ils veulent se mesurer à moi et ils aiment me tirer la pipe en me disant : "Un jour, je vais te dépasser." C'est rigolo, mais en même temps, c'est bon. Ça démontre qu'ils ont un peu de caractère. Et je suis aussi exigeant pour un athlète que je l'ai été pour moi-même quand je suis face à un jeune qui a les compétences ou le potentiel que j'avais.»

C'est en 1999 que Roberge avait décidé de mettre un terme à sa carrière sur le tatami qu'il avait foulé la première fois à l'âge de neuf ans. Suivant une formation pour devenir entraîneur, il avait décidé de devenir le coach de l'équipe du Québec de judo, un travail bénévole à l'époque. 

Belle opportunité

«J'y voyais une belle opportunité. Mais après une année, j'en suis venu à la conclusion que j'étais arrêté trop rapidement. Et je suis retourné à la compétition. Comme j'avais encore tous mes kimonos et que j'avais pu continuer à m'entraîner, il n'y a que la remise en forme pour atteindre le niveau international qui a été un peu plus difficile. Mais j'ai réussi à bien faire.» 

Roberge a compétitionné pendant quelques mois pendant lesquels il a fait, selon ses dires, une «tournée d'adieu» motivée par son amour du voyage. Il a participé à des tournois dans des pays dans lesquels il n'était jamais allé auparavant. «Il y avait deux ou trois destinations qui me tentaient», lance-t-il.

L'athlète olympique reconnaît que son retour à la compétition a été synonyme de défi personnel. Travaillant à temps plein, sa routine d'athlète n'avait plus rien en commun avec celle qu'il avait connue. «Mais ce fut très plaisant», indique le judoka qui a définitivement renoncé à la compétition à la suite des championnats canadiens.

Presque une quinzaine d'années après sa retraite, Roberge demeure une inspiration pour les jeunes du Dojo de Beauport, et ce, même s'ils n'étaient pas nés lorsqu'il a connu son heure de gloire à Barcelone. Tous le connaissent, lui qui a écrit une page d'histoire du Dojo de Beauport en devenant le premier athlète du club à se qualifier pour les JO. «Si mon exemple peut motiver les jeunes, j'en suis bien heureux.»

Homme de défis, Roberge s'est initié au travail d'officiel au cours des dernières années afin d'aller chercher des connaissances, de voir comment ça se passait de l'autre côté. «Un travail qui me permet d'être un meilleur coach. Je connais maintenant les règlements sur le bout de mes doigts, mais aussi la réalité des arbitres.»

Depuis septembre 2014, le judoka travaille aussi à temps partiel pour la commission scolaire des Premières Seigneuries en tant qu'agent de développement au programme sport-études. «Mes études en gestion me servent enfin à quelque chose», a d'abord lancé en riant Roberge. Plus sérieusement, il a continué. «C'est le travail qui me permet de me réaliser ailleurs que dans le milieu du judo. Et ça, ça fait du bien.»

Lorsqu'il n'est pas sur le tatami : «C'est dans le bois que j'aime me retrouver. J'ai été initié à la pêche par son père quand j'étais enfant. Et j'aime la chasse. L'hiver, ça me permet même de me garder en forme. Je mets beaucoup de collets. Faire ses tournées dans la neige en raquettes, ça demande pas mal d'énergie.»

Questions/réponses

Q Moment le plus fort? 

R Les Jeux olympiques, c'est gros. Je n'ai jamais gagné de Coupe du monde, même si j'ai terminé deuxième et troisième à quelques reprises. C'est plutôt pour ma soeur que j'ai vibré le plus. Quand Catherine a décroché sa première médaille d'or, en Corée, ce fut pour moi un moment très émotif. 

Q Des regrets?

R Pas vraiment. Sauf peut-être la fois où, lors des championnats du monde universitaire, j'ai échappé le japonais en finale. Mais ce n'est qu'une anecdote dans toute une carrière. 

Q Idoles de jeunesse?

R M. Daniel Tabouret a toujours été un mentor et il est devenu une idole. Mais plus jeune, j'étais un fan fini des Nordiques et j'aimais bien Peter Stastny. Mais mon préféré c'était Wilfrid Paiement, un droitier comme moi.

Q Dans 20 ans? 

R J'aimerais être à ma retraite tout en continuant d'avoir plein d'objectifs qui, même s'ils ne sont pas en judo, me feront encore avancer, car on n'a jamais fini d'apprendre.

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