Yvan Waddell: du vélo au resto

Yvan Waddell est aujourd'hui directeur général de l'Archibald... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Yvan Waddell est aujourd'hui directeur général de l'Archibald Microbrasserie du boulevard Duplessis et est également devenu associé dans l'entreprise.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Yvan Waddell était prédestiné à oeuvrer dans le domaine de la restauration. Même s'il avait étudié en administration et en enseignement de l'anglais, il n'a donc pas hésité à se lancer dans l'aventure quand, au lendemain de l'annonce de sa retraite en cyclisme, une porte s'est ouverte au Pub Saint-Alexandre. Presque un quart de siècle plus tard, la restauration le passionne et l'enthousiasme autant.

Yvan Waddell en 1983... (Archives Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Yvan Waddell en 1983

Archives Le Soleil

«J'ai toujours été fasciné par la restauration», lance le longiligne cycliste qui a pris part aux Jeux de Séoul et de Barcelone. «Ma mère a eu un café à Saint-Jean-sur-le-Richelieu. Et j'y avais beaucoup de plaisir. Et lors de mes nombreux voyages en Europe dans le cadre de mes compétitions de vélo, j'étais charmé par les petits cafés et les bistros. C'était un mode de vie qui m'intéressait.

«Mes débuts dans le monde de la restauration remontaient cependant à quand j'étais jeune. J'ai payé mes premiers camps d'entraînement de vélo en travaillant comme plongeur et commis au Cousin Germain.»

L'aventure de Waddell au Pub Saint-Alexandre a duré une quinzaine d'années. Après avoir perdu son emploi, il s'est remis en question et il a songé à changer de domaine. L'ex-athlète olympique reconnaît que la pause forcée fut plus difficile à vivre que les lendemains de la prise de sa retraite qu'il avait mûrie et planifiée. Et alors que ses amis l'encourageaient en lui disant qu'ils étaient convaincus qu'il se retrouverait un nouvel emploi rapidement, il a dû se résigner. Le téléphone ne sonnait pas et c'est lui qui devait aller de l'avant.

C'est après être venu bien près de s'associer avec des amis cyclistes dans un projet de microbrasserie à Sherbrooke que Waddell s'est vu offrir l'opportunité de travailler à l'Archibald Microbrasserie du boulevard Duplessis. De directeur adjoint, il est devenu un an plus tard directeur général. Et depuis deux ans, il est associé dans l'entreprise. «Je suis très fier. Devenir partenaire dans une entreprise, c'est un rêve que je caressais depuis longtemps.»

Très timide de nature, Waddell reconnaît que le sport l'avait beaucoup aidé à gagner en confiance et à sortir de sa coquille et que la restauration lui avait permis de «compléter» sa transformation. Il ajoute qu'il existe un grand parallèle entre la vie d'un athlète et une carrière dans le monde de la restauration. «Je trouve ici ce que j'avais et aimais dans mon sport. Toujours aller au-delà. Je suis une personne qui aime se dépasser. J'en veux toujours plus.»

Coup de foudre

C'est en 1992 que Waddell a accroché son maillot de compétition, soit après les Championnats du monde professionnels disputés à Benidorm, en Espagne. Celui qui avait eu un coup de foudre pour le vélo après avoir assisté aux Championnats du monde de 1974 disputés sur le mont Royal et aux JO de 1976 indique qu'il aurait souhaité avoir un contrat pro par la suite, mais que les offres n'étaient jamais venues. «Des coureurs comme moi en Europe, il y en avait beaucoup.»

Même si sa décision de se retirer de la compétition avait été mûrie, Waddell ne cache pas que la période suivant sa retraite n'avait pas toujours été facile. Il a eu l'impression que, du jour au lendemain, sa vie avait arrêté de tourner. Il s'est ennuyé des voyages aux quatre coins de la planète et de l'adrénaline que lui apportaient les compétitions. Il a perdu ses amis. Il a même été obligé d'arrêter de rouler.

«Les gars, les jeunes et les autres qui voulaient rouler avec moi n'avaient qu'une idée et c'était de me tester. Et moi, je n'en avais rien à cirer de ça. Pendant trois, je n'ai pas fait de vélo. Tout ce que je désirais, c'était de vivre ma vie comme je l'entendais et non pas selon des lignes bien strictes. Je voulais profiter de la vie.»

Aujourd'hui âgé de 51 ans, Waddell est toujours un mordu de vélo. Il parcourt annuellement 5000 km par an sur son vélo avec des amis, et ce, même s'il doit travailler de longues heures. «C'est super important de montrer aux gens que ce n'est pas vrai que l'on n'a pas de temps pour faire du sport. On a le temps si on se prend en main et que l'on fait les choix nécessaires.

«Moi, je roule à chaque fin de semaine pour le plaisir, mais à de bonnes vitesses. Et j'ai beaucoup de plaisir. Je participe aussi à une couple de grands fondos chaque année. Mais j'en fais moins depuis que je me suis cassé la jambe [triple facture du péroné et du tibia] au Pentathlon des neiges il y a deux ans. Un déclic. Je me suis dit qu'il était peut-être temps que j'arrête de faire des courses. Je n'y étais pas en contrôle et je ne pouvais plus me permettre de prendre des risques.»

Soucieux de redonner à son sport, Waddell n'a jamais raté une occasion de faire profiter aux gens ou aux organisations de sa grande expérience. Il a oeuvré au Tour de Beauce, à l'Association cycliste canadienne, au Regroupement d'affaires à vélo, etc. «Un plaisir que je trouve agréable et je suis très fier de l'avoir fait. Aujourd'hui, je suis peut-être un peu égoïste. Je crois qu'il est temps de penser à moi, à ma conjointe et à mon fils de 10 ans.»

Six questions à Yvan Waddell

Regret : «J'aurais aimé aller vivre en Europe afin de voir jusqu'où j'aurais pu me rendre en cyclisme, sans toucher à la drogue.»

Plus grande fierté : «Aller aux Jeux olympiques, c'est toujours une fierté. Mais il y a des résultats plus concrets comme ma deuxième place avec les pros et troisième chez les amateurs au Grand Prix des Amériques de 1988.»

Idole de jeunesse : «Miguel Indurain qui m'a toujours fasciné par ses capacités et son coup de pédale. Par mes traits européens, j'avais un peu son look. Quand je suis allé courir à Benidorm, en sortant d'un ascenseur, il y a des fans qui pensaient que j'étais Indurain.»

Moments plus difficiles : «Mes blessures. Ma fracture subie il y a deux ans, mais aussi mon hernie et mes deux cas de prostatite aiguë alors que je compétitionnnais. Chaque fois, les médecins avaient dit que je ne rembarquerais jamais sur un vélo.»

Moment à effacer : «On ne peut jamais effacer ce qui nous est arrivé dans la vie. Mais si je le pouvais, ça serait les Jeux de Séoul où je marchais comme un avion. Mais ma pédale a sauté à 800 mètres de la ligne d'arrivée de la course sur route. Sans cela, j'aurais facilement fini dans les 15 premiers. J'ai terminé 27e.»

Personnalité marquante : «Mon coach Yves Landry.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer