Guido Visser: une vie copiée-collée

Skieur alpin «manqué»,Guido Visser est passé au ski... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Skieur alpin «manqué»,Guido Visser est passé au ski de fond sur le tard, à 17 ans. Une décision qui lui aura finalement permis de parcourir le monde.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) À bien des égards, la vie que mène Guido Visser semble être un copier-coller de celle qu'il avait il y a une vingtaine d'années, alors qu'il était l'un des fondeurs étoiles de l'équipe canadienne. Car même s'il est aujourd'hui marié et père de deux enfants, il demeure passionné de sport et il continue de parcourir le monde grâce au ski de fond. Mais surtout, il déborde d'enthousiasme et il a beaucoup de plaisir.

À bien des égards, la vie que mène... (Archives Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Archives Le Soleil

«C'est vrai que ma vie ne semble pas avoir beaucoup changé», avoue Visser toujours installé à Saint-Ferréol-les-Neiges. «Le paradis» comme il ne cesse de le répéter, lui qui profite d'un accès direct aux pistes de vélo de montagne et de ski de fond du Mont-Sainte-Anne, par la cour arrière de sa résidence qu'il a achetée il y a plus d'une quinzaine d'années. Un terrain de jeu de rêve pour l'homme de 44 ans et sa famille. 

«Si c'est comme ça, c'est probablement parce que j'ai eu un parcours différent des autres. À l'origine, j'étais un skieur alpin manqué, une discipline que j'avais commencé à pratiquer pas mal tard, soit à 13 ans. Et ce n'est qu'à 17 ans que j'ai commencé à faire du ski de fond, un âge où bien des athlètes arrêtent.

«J'ai eu des résultats inattendus, ç'a été le fun et à un moment donné, j'ai eu la chance d'aller aux Jeux olympiques. Et même si je n'ai pas eu les résultats que j'aurais espérés, j'y suis quand même allé. Il n'y avait pas de raison pour que je n'aie pas de plaisir à faire du ski de fond et que je finisse par ne plus aimer ça.»

Le hasard de la vie

C'est au hasard de la vie que Visser doit son retour sur la scène internationale de ski de fond. De retour des États-Unis, où sa conjointe Jacqueline Mourao prenait part à des épreuves de la Coupe du monde de vélo de montagne sous les couleurs du Brésil, il a profité d'une chute de neige tardive en avril 2005 pour l'initier au ski de fond. Elle n'a eu besoin que de trois randonnées pour tomber en amour avec la discipline dans laquelle son mari avait connu des heures de gloire.

Apprenant que le Brésil avait une fédération des sports de neige, Jacqueline l'a contactée afin de connaître les conditions pour en faire partie et le processus qu'elle devrait suivre pour aller aux Jeux olympiques. Et c'est à ce moment que Visser est devenu son coach -d'abord bénévole, mais maintenant engagé par la fédération brésilienne - et qu'il s'est de nouveau retrouvé sur le circuit de la Coupe du monde.

«J'ai un peu plus de pression comme coach que j'en avais comme athlète. Il faut que ça marche. Moi, le ski de fond, c'était un loisir. Pour Jacqueline, c'est un travail. Elle doit donc performer et je suis en partie responsable de ses résultats.»

Parallèlement, Visser se sert des connaissances acquises lors de l'obtention de son bac en ingénierie à l'Université Laval et de sa parfaite maîtrise de la langue de Shakespeare pour traduire des documents d'ingénierie de l'anglais vers le français pour des firmes d'ingénieurs.

Le dauphin de Pierre Harvey

Amorcée à la fin des années 80, la carrière de fondeur de Guido Visser a connu son apogée en 1998 aux JO de Nagano avant de se terminer en décembre 2001. Le fondeur avait alors appris qu'il ne pourrait prendre part à la dernière qualification pour l'épreuve de relais des Jeux de Salt Lake City.

Pendant toutes ces années à compétitionner sur la scène internationale, il a été considéré par plusieurs comme le dauphin de Pierre Harvey. D'abord parce qu'il pratiquait les mêmes disciplines que son aîné, mais aussi parce qu'il s'entraînait régulièrement avec lui, son voisin immédiat à Saint-Ferréol. Une situation qui ne lui a jamais mis de pression.

«Ça ne m'a jamais dérangé. Ce qui était spécial, c'est que Pierre était l'idole de mon père. Il avait commencé à suivre ses exploits avant même que je commence à faire du ski de fond. Mais pour moi, Pierre, c'était mon chum, le gars avec qui je me suis entraîné tous les matins à 6h30 pendant 10 ans et qui, parfois, était obligé de cogner dans ma fenêtre pour me réveiller parce que mon réveil n'avait pas sonné.»

Si la vie de Visser ne semble pas avoir changé, c'est peut-être avant tout parce qu'il a toujours autant de plaisir. Peu importe ce qu'il doit faire, il cherche toujours à y trouver des avantages. Comme tout le monde, il rencontre parfois des difficultés, mais il tente toujours de prendre la vie du bon côté. Il n'est pas de ceux qui se lèvent le matin et qui ne trouvent rien de beau à la vie.

«Il y a même des fois où je vois trop beau», lance Visser à la blague. «Mais c'est certain que je m'arrange toujours pour que ma vie soit plaisante. Pour moi, cependant, c'est maintenant la famille avant tout. Cet hiver, je n'ai presque pas fait de ski de fond. J'ai plutôt fait du ski alpin avec mon fils. C'est avec lui que je me suis entraîné. Et là, je fais de la course à pied en suivant mon gars en vélo. C'est le fun, je le vois grandir et je vis plein de beaux moments.»

Questions/réponses

Q Un secret bien gardé?

R Je suis passé bien près d'effectuer un retour à la compétition. J'ai tenté de profiter de mon passeport brésilien pour défendre les couleurs du Brésil aux JO en ski de fond. Ç'a aurait été le fun. Mais la fédération n'a pas voulu parce que j'avais déjà représenté un autre pays aux Jeux.

Q Question qui te hante?

R Je me demande quel genre de performances j'aurais pu avoir si j'avais commencé à faire du ski de fond à l'âge de 12-13 ans et que j'avais pu profiter de l'encadrement que l'on offre aujourd'hui.

Q Idoles de jeunesse?

R Steve Podborski, les frères Mario et Stéphane Podorieszach et François Sylvain.

Q Plus grand regret?

R Avoir chuté lors du Championnat canadien de 1998. J'ai finalement terminé deuxième, à trois secondes du gagnant. Jamais je ne suis passé aussi près de gagner le titre national.

Q Plus grande fierté?

R Mes enfants.

Q Prochain défi?

R J'ai plein d'idées en tête, des projets d'entrepreneuriat. J'attends le moment opportun pour me lancer dans autre chose, soit quand les enfants auront vieilli. On verra dans quoi. Chaque jour, j'ai de nouvelles idées.

Partager

À lire aussi

  • Jean-François Tardif | Mitch Lyden: rêve brisé

    Jean-François Tardif

    Mitch Lyden: rêve brisé

    Si ça n'avait été que de lui, Mitch Lyden n'aurait jamais fait carrière ailleurs que dans le monde du baseball. C'est pour cette raison qu'après un... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer