Gilles Lépine: la boucle bouclée

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Ex-joueur de volleyball à l'Université Laval, ex-entraîneur des équipes féminine et masculine, Gilles Lépine est aujourd'hui directeur du programme d'excellence Rouge et Or.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le jour où il a été confirmé dans ses fonctions de directeur du programme d'excellence Rouge et Or, Gilles Lépine a, en quelque sorte, bouclé la boucle. Ex-porte-couleurs de l'équipe de volleyball de l'Université Laval à la fin des années 70, il avait aussi dirigé tour à tour les équipes féminines (1978 et 1979) et masculines (1981 à 1984) de volleyball du Rouge et Or.

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«Une belle grande boucle», lance Lépine qui est revenu à ses anciennes amours en 2004. «Quand j'ai été confirmé dans mes fonctions, j'avais l'impression de revenir aux sources et de pouvoir redonner ce qui m'avait été si précieux. Comme bien d'autres, je suis resté accroché à l'école à cause du sport.Et parce que j'avais été athlète, entraîneur, annonceur et même administrateur bénévole, je croyais que je pourrais jouer un rôle dans la structure en tant que facilitateur.»

Une trentaine d'années s'étaient écoulées entre le moment où Lépine avait quitté l'Université Laval pour se joindre à l'Association régionale du sport étudiant et le moment où il y était retourné. Trente années pendant lesquelles le sport universitaire avait évolué à la vitesse grand V. Interrogé sur la plus grande différence existant entre le sport universitaire tel qu'il l'avait vécu et celui qu'il avait retrouvé à son retour à l'UL, il mentionne que c'est combien on en demande aux jeunes.

«C'est incroyable combien c'est exigeant d'être un athlète. La préparation physique, les entraînements individuels, les entraînements collectifs, les séances vidéo, les compétitions, etc. Les jeunes doivent avoir une vie encore plus organisée, cédulée au quart de tour. Ils m'impressionnent encore plus qu'avant.»

Une autre grande différence selon Lépine est au niveau du sentiment d'appartenance envers les équipes lavalloises. Il n'a jamais été aussi fort. «Il y a maintenant des gens qui n'ont peut-être pas étudié à l'université qui se peinturent la face aux couleurs du Rouge et Or pour venir voir des évènements sportifs chez nous.»

Nouvelle réalité du sport

Lépine indique que la nouvelle réalité du sport universitaire oblige aussi les établissements à se montrer beaucoup plus «agressifs» et proactifs quand vient le temps de courtiser des athlètes. Le recrutement est rendu à des années lumières de ce qu'il était.

«J'ai été un des premiers à Québec à avoir été approché par l'Université de Sherbrooke quand je suis sorti du cégep. Mais mon sentiment d'appartenance était tellement fort que j'étais resté ici. Maintenant, les jeunes qui sortent du cégep sont des "agents libres". Et la langue n'est plus un problème. Ils peuvent aller ailleurs au Canada et aux États-Unis.»

Le directeur mentionne qu'il n'y a pas que le recrutement qui soit aujourd'hui très exigeant. Au-delà de l'athlète et de son sport, le travail l'est tout autant. «On doit s'occuper de l'encadrement pédagogique des jeunes et du suivi de leurs études. On doit travailler à leur offrir des services de physiothérapie toujours plus poussés, du support psychologique et de meilleurs équipements sportifs. Et on essaie aussi de leur avoir des bourses», lance le directeur qui siège sur 12 des 13 conseils d'administration des équipes du Rouge et Or en plus de travailler avec des groupes comme la FQSE et le sport universitaire québécois et canadien.

Si le directeur des sports d'excellence de l'UL est très à l'aise dans ses fonctions, c'est assurément à cause de son passé. Passionné de sport, il a joué au handball, au badminton, au volleyball, au basketball, etc. «Au cégep, le sport m'a permis de développer mon leadership et il m'a appris à m'exprimer, ce qui m'a amené à être annonceur et à animer des galas méritas. J'ai même été annonceur à la Super Francofête. De fil en aiguille, je me suis retrouvé à commenter des matchs à la télé.

«De son côté, le coaching m'a apporté beaucoup de sagesse. Là, j'ai dû me tasser du terrain et être très réfléchi. Ce fut difficile au début parce que j'étais encore un athlète dans l'âme.»

Lépine ne le cache pas, quand il compare l'environnement dont bénéficient les athlètes aujourd'hui et celui qu'il a eu, il a parfois des regrets. Il aurait aimé en connaître davantage au niveau de l'entraînement et de l'alimentation, il aurait souhaité pouvoir compter sur des techniques de physiothérapie plus poussées et il aurait aimé être davantage exposé à des évènements internationaux.

«Aujourd'hui, tout ça me sert de carburant dans mon travail et me permet d'avoir encore plus de préoccupations pour les athlètes et les coachs.

«Mon passé d'athlète me permet de comprendre que l'on ne peut pas toujours fonctionner comme un métronome à tous les matchs et que l'on peut avoir l'impression que le citron est pressé complètement et que l'on n'a plus de jus. Et en tant qu'ex-entraîneur, je sais qu'un coach est comme un patron de PME. Il doit tout voir et toujours penser en fonction de l'ensemble du groupe, qu'il compte 12, 15 ou 30 personnes. Je comprends qu'ils soient perfectionnistes à tous les niveaux et que la rentabilité soit importante pour eux.

Questions/réponses

Q Plus belles réussites? 

R Avoir participé à des championnats du monde et des Jeux olympiques comme commentateur à la télé et voir pu vulgariser mon sport et le faire connaître. Avoir organisé en 1995 le symposium du volleyball à l'école et avoir emmené à Québec des gens de partout dans le monde. Finalement, avoir mis en place, avec des collègues, un terrain de volleyball de plage au cégep Sainte-Foy où a eu lieu un championnat canadien. 

Q Personnalité marquante? 

R Mes coachs m'ont beaucoup influencé. Pierre Bibeau au collégial, et Gerry Breton avec le Rouge et Or. Ils m'ont emmené à me dépasser.

Q Idole de jeunesse?

R Gilles Viel, un des premiers capitaines de l'équipe de volley du Rouge et Or, pour sa passion et son énergie.

Q Plus grande fierté?

R Avoir été, au cours des 12 dernières années, une des personnes, un des acteurs, qui a contribué à élever le sentiment d'appartenance envers le Rouge et Or. On a vraiment développé une communauté Rouge et Or.

Q Rêve? 

R Emmener un évènement international de sport universitaire à Québec comme les Universiades d'hiver.

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