Marc-André Tardif: une voie toute tracée

L'ancien espoir de tennis Marc-André Tardif est aujourd'hui... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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L'ancien espoir de tennis Marc-André Tardif est aujourd'hui vice-président de Toyota Charlesbourg et de Kia Beauport.

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(Québec) La voie qu'allait emprunter Marc-André Tardif au lendemain de sa retraite de la scène du tennis semblait toute tracée. Son père Marc étant concessionnaire automobile, il serait tout naturel pour lui d'y faire carrière.

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Marc-André Tardif

Photo archives Le Soleil

«J'aurais pu choisir autre chose, mais j'avais une belle opportunité», lance Marc-André qui est aujourd'hui vice-président de Toyota Charlesbourg et de Kia Beauport. «D'ailleurs, au moment où je jouais au tennis, je portais déjà un grand intérêt pour ce que faisait mon père. Et je me suis toujours dit que si ma carrière en tennis ne fonctionnait pas et que je ne pouvais pas y gagner ma vie, j'aimerais beaucoup travailler avec mon père dans un domaine dans lequel je pensais pouvoir être heureux.

«J'ai adoré le milieu de l'automobile, mais j'ai surtout adoré oeuvrer avec mon père. Aujourd'hui encore, j'aime beaucoup mon expérience. C'est très stimulant de faire équipe avec mon père. L'entente entre lui et moi est excellente et chacun comprend bien son rôle.»

Tardif indique que c'est avec l'intention bien arrêtée de travailler dans l'entreprise familiale qu'il avait poursuivi des études en économie à l'Université Irvine, en Californie. Et à son retour, c'est avec une notoriété bien à lui que l'ex-champion canadien en simple a amorcé sa nouvelle carrière. Grâce à ses exploits sur le court, on le reconnaissait pour ses accomplissements et non plus parce qu'il était le fils de Marc, l'ex-joueur des Nordiques.

«Je me souviens que les premiers articles qui avaient été écrits sur moi portaient presque entièrement sur mon père. Mais je n'ai jamais senti que j'étais en compétition avec lui. Mais au fil du temps, ma carrière a pris plus de place que le fait que j'étais le fils de... cela a aidé à me donner la confiance nécessaire pour me faire mon propre nom. Parallèlement à cela, mon père a toujours eu une attitude exemplaire dans la manière dont il a approché ma carrière. Il s'est impliqué, mais de la bonne façon.»

Tourner la page

À l'instar de bien des athlètes de haut niveau, Marc-André Tardif a éprouvé énormément de difficultés à tourner la page sur sa carrière sportive. Une page qu'il a dû tourner à deux reprises puisque après avoir accroché une première fois sa raquette à l'âge de 17 ans, il est revenu au jeu pendant quelques saisons avec l'Université Irvine, qui lui avait offert une bourse d'études, avant de se retirer définitivement.

«Quand tu es un athlète, ta vie est réglée à la seconde près. Tu t'entraînes, tu voyages, tu fais des compétitions, etc. Ça n'arrête jamais. Et ça devient qui tu es. Pour moi, c'était presque dans mon ADN. J'étais un joueur de tennis. C'était difficile de séparer le sport de l'être humain.

«Ce n'est donc pas facile de revenir à une vie normale. Ça demande beaucoup d'ajustements. Moi, j'ai été chanceux parce que j'ai pu tout de suite oeuvrer dans les entreprises familiales. Mon père était là. Et il m'a offert un excellent support.»

Marc-André a-t-il des regrets? Pas vraiment. Il explique que s'il en avait la chance, avec la maturité et l'expérience qu'il a acquises, il ferait peut-être des choix différents que ceux qu'il a faits au tennis. Il ajoute qu'il n'envie pas l'encadrement dont bénéficient les athlètes aujourd'hui, lui-même ayant profité d'un encadrement exceptionnel de Tennis Canada.

«Mon seul regret, c'est peut-être de ne pas avoir vécu le moment présent quand j'avais 16 et 17 ans», lance l'homme d'affaires qui avoue avoir cogité entre 18 et 24 mois avant de remiser sa raquette la première fois. «Même si j'étais toujours champion canadien, je trouvais que je performais un peu moins bien au niveau international. Et j'ai commencé à craindre de ne pas réussir. J'étais plus nerveux sur le court. Et dans ce temps-là, tu joues moins bien.

«Mais quand je regarde aujourd'hui où je suis rendu, je me dis que, peut-être, si j'avais fait d'autres choix, je ne serais pas rendu là où je suis dans ma vie.»

Nostalgique dans les années qui ont suivi sa retraite, Marc-André est aujourd'hui très serein. Il garde d'excellents souvenirs de la quinzaine d'années pendant lesquelles il a fait carrière, souvenirs qu'il se remémore parfois avec émotion.

«Le tennis m'a fait vivre des expériences incroyables. Il m'a permis de voyager et de rencontrer des gens extraordinaires. Mes meilleurs amis sont d'ailleurs des gens du milieu du tennis. Il m'a aidé à grandir comme être humain et il m'a donné beaucoup de discipline. Tout ce qu'il m'a apporté fait toujours partie de moi. J'ai une bonne discipline de vie et j'essaie de toujours donner le meilleur de moi-même.»

Marc-André joue toujours au tennis. Mais aujourd'hui, c'est pour le plaisir qu'il le fait, avec des amis un soir par semaine. «Quand on vieillit, on perd un peu les coups, mais surtout notre jeu de jambes. Je joue donc en double. Je joue aussi avec mon petit garçon qui a quatre ans et ma fille qui a sept ans. C'est très plaisant.»

Six questions à Marc-André Tardif

Q    Un souhait?

   Voir mes enfants grandir dans le milieu du sport. J'aimerais qu'ils connaissent ce que j'ai connu. Mais comme mon père l'a fait pour moi, je compte les laisser libres de faire leurs choix dans la vie. Ce que je veux avant tout c'est qu'ils soient heureux et qu'ils deviennent de bons citoyens.

Q    Fait marquant?

R    Ma troisième place chez les 14 ans et moins au tournoi de l'Orange Bowl en 1988. Il y avait 128 participants dans ma catégorie.

Q    Moment le plus difficile en carrière?

R    Mon dernier tournoi, le championnat canadien 18 ans et moins à Vancouver. J'avais dit à ma mère que ce serait mon dernier. Et je l'ai gagné... Mon dernier tournoi à l'Université a aussi été un moment difficile. Je savais que ma carrière au tennis était vraiment terminée.

   Quelque chose que je ferais différemment?

   Je n'arrêterais pas de jouer aussi jeune que je l'ai fait, à 17 ans.

   Rêves?

R    J'aimerais d'abord que ma famille et mes enfants continuent de bien aller et de s'épanouir. J'aimerais également que nos entreprises poursuivent  leur progression.

Q    Idole de jeunesse?

R    Mon père Marc a toujours été mon idole.

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