Philippe Laroche: côtes à côtes

L'ancien champion du monde de ski acrobatique Philippe... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

L'ancien champion du monde de ski acrobatique Philippe LaRoche est maintenant franchisé des restaurants La Cage aux Sports.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) «J'ai tellement aimé que j'ai acheté la compagnie» peut presque dire Philippe LaRoche quand il parle de la carrière de restaurateur franchisé qu'il a amorcée aux lendemains de l'annonce de sa retraite de la scène du ski acrobatique. Porte-parole des restaurants La Cage aux Sports lors des Jeux de Lillehammer, c'est vers Jean Bédard qu'il s'est tourné quand est venu le temps de relever de nouveaux défis professionnels.

«Lors de nos premiers contacts, il n'a jamais été question d'achat de restaurant», mentionne LaRoche qui est actionnaire de la «Cage» de Lebourgneuf depuis sept ans en plus d'être le lien entre le bureau chef et les six restaurants de région de Québec. «J'étais tout simplement un porte-parole. Mais au fur et à mesure de mes conversations avec Jean, j'ai senti naître chez moi un intérêt pour la restauration. Et à la blague, je lui ai dit que s'il avait un territoire intéressant à développer, j'aimerais y ouvrir une "Cage".»

«Honnêtement, je ne savais pas du tout ce que c'était que d'opérer un restaurant. Pour moi, La Cage aux Sports, c'était juste du sport. C'est par la suite que j'ai appris que c'était beaucoup d'ouvrage. Mais une porte s'est ouverte. On m'a proposé Chicoutimi. J'ai donc formé un groupe d'investisseurs avec mon frère Alain et deux de mes amis, groupe auquel s'est joint Jean Bédard. Et c'est comme ça que le projet a été lancé.»

Malgré son manque de connaissances dans le domaine de la restauration, LaRoche explique que son apprentissage s'y est fait relativement plus facilement qu'en ski acrobatique, un sport qu'il a pratiquement mis au monde en compagnie d'autres Québécois. En s'associant à La Cage aux Sports, à Chicoutimi puis Charlesbourg et finalement Lebourgneuf où il consacre maintenant toutes ses énergies, il a pu profiter d'un encadrement exceptionnel. «En ski acrobatique, il a fallu presque tout défricher. Ce que j'ai aimé dans la restauration franchisée, c'est que nous avions un livre afin de nous guider. Et si tu suis la recette, tu vas arriver au succès.»

L'ex-champion du monde a dû mettre beaucoup de temps et d'énergie à apprivoiser sa nouvelle carrière. Au point où il n'a pas eu le temps de s'ennuyer de son récent passé d'athlète. Toute l'énergie qu'il dépensait en tant qu'athlète, c'est dorénavant à titre de restaurateur qu'il l'investissait.

«Je ne dirais cependant pas que la période qui a suivi ma retraite du ski a été facile car elle fut remplie de turbulences. Nous, les athlètes en sport individuel, on pense que l'on connaît beaucoup de choses. Et dans la vraie vie comme dans le domaine de la restauration, il faut être humble et être prêt à manger une couple de coups.

«Personnellement, j'ai dû apprendre à écouter les gens et à reculer. Au début, j'essayais d'avancer un peu trop vite. Je me suis fait brasser un peu et ça m'a fait du bien, ça m'a servi.»

C'est à l'automne 1994 que LaRoche a décidé de mettre un terme à sa carrière sportive. Il explique que c'est après les Jeux de Lillehammer qu'il s'était dit que le chant du cygne s'en venait pour lui. «Mes performances commençaient à décliner. J'avais fait mon bout de chemin en ski acrobatique. C'est à ce moment que j'ai commencé à préparer ma sortie. J'aurais pu retourner aux études. Mais 27-28 ans...»

Médaillé d'or aux Jeux d'Albertville, où le saut était un sport de démonstration, et médaillé d'argent à Lillehammer, LaRoche a remporté le championnat du monde en 1991 et en 1993 et 18 victoires en Coupe du monde où il a terminé en tête du classement à trois reprises. Pourtant malgré tous ses exploits, son nom sombre peu à peu dans l'ombre.

«Les jeunes de 20 ans n'étaient pas nés quand je compétitionnais. Ils connaissent les champions d'aujourd'hui mais pas nous autres, les vieux. Mais à un moment donné ou à un autre, ils finissent par entendre parler de nous. Ce qui nous aide à rester en vie, c'est qu'il y a encore des vedettes dans notre sport. Des gars comme Olivier Rochon en sauts, et Alexandre Bilodeau et Mikaël Kinsbury.

«Ce qui me fait beaucoup de peine, c'est de voir combien le saut est en train de tomber en Europe. À une époque, il y avait une vingtaine de pays représentés sur le circuit de la Coupe du monde. On n'en compte plus que 12 ou 13.»

Même si le sport professionnel est roi dans les Cages aux Sports, LaRoche n'oublie pas ses origines. «J'ai toujours poussé pour le sport amateur dans mes restaurants. Pendant les Jeux de Londres et de Sotchi, j'ai profité du décalage horaire pour organiser des déjeuners. Quand il y a des web diffusions de leurs compétitions, je m'arrange pour que nous puissions les présenter sur nos télés. Je le fais aussi pour les Remparts. C'est ma force à moi d'amener ces choses qui n'étaient pas là avant.»

Questions/réponses

Plus grande fierté? 

Ma famille. Chez les LaRoche, la famille a toujours été importante. Je suis avec ma conjointe depuis plus de 25 ans et nous avons deux belles filles de 18 et 20 ans. C'est toute une fierté.

Événement marquant? 

L'accident de mon frère Yves en 1990. Un événement qui nous a tous fait réfléchir. Nous autres les LaRoche, nous étions pas mal casse-cou... et pas juste en ski acrobatique. L'accident de Yves m'a ouvert les yeux et a fait en sorte que j'ai pris moins de risques par la suite.

Personnalité marquante? 

Mon frère Yves après son accident, alors qu'il était mon entraîneur. Il ne m'a pas marqué au niveau de la technique mais bien au niveau de la motivation et du désir de réussir.

Des regrets? 

Non pas vraiment mais une grande déception. J'aurais aimé être un vrai médaillé d'or aux Jeux Olympiques. À Albertville, j'avais poussé mes limites au maximum. Et le saut aurait dû y être un sport officiel. Le CIO et les fédérations avaient décidé de revenir sur la décision qu'ils avaient prise à la suite d'incidents survenus à Calgary. C'est quelque chose que j'ai toujours décrié.

Plus grand rêve? 

Avoir une Cage aux Sports au Centre Vidéotron et y accueillir les amateurs de hockey lors des matchs des Nordiques.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer