Miguel Robédé, nouveau bâtisseur

L'ancien plaqueur défensif du Rouge et Or Miguel... (Photo fournie par Miguel Robédé)

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L'ancien plaqueur défensif du Rouge et Or Miguel Robédé est maintenant à la tête d'une entreprise spécialisée dans la rénovation et la construction.

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(Québec) Pendant toutes les années où il a joué au football comme plaqueur défensif, Miguel Robédé a démoli les offensives ennemies. Mais depuis sa retraite en mars 2012, il mène une carrière aux antipodes de celle qui l'a précédée. Entrepreneur général, il est à la tête des Constructions YOTA inc. dont le nom fait référence à ses enfants Yoric et Talysia. Cette entreprise est spécialisée dans la rénovation et la construction neuve.

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Miguel Robédé en 2005

Photothèque Le Soleil

«J'avais dit à ma blonde que le jour où je trouverais une activité qui m'intéresserait vraiment, je lâcherais le football. Et c'est ce qui est arrivé. De belles opportunités se sont présentées dans le milieu de la construction, un domaine dans lequel j'avais commencé à étudier alors que je jouais dans la Ligue canadienne», explique l'ex-porte-couleurs du Rouge et Or qui faisait osciller la balance à 274 livres à sa dernière année chez les pros.

«Au début, je n'étais pas trop certain de me lancer dans cette aventure. Mais j'avais entendu dire que si plusieurs entrepreneurs avaient des problèmes, c'était à cause des chiffres. Et j'avais une aisance avec ceux-ci. Je me suis dit que je me devais d'essayer. Je ne l'ai jamais regretté.»

Le parcours de l'athlète de 6'4'' n'a rien de commun. Étudiant en administration et relations industrielles à l'Université Laval avant de mener une carrière professionnelle dans la LCF, il aurait logiquement dû se retrouver dans une entreprise à mettre en pratique ce qu'il avait appris sur les bancs d'école ou encore, sur un terrain à enseigner et à prodiguer des conseils à des footballeurs. «Je savais que je n'étais pas fait pour rester dans un bureau. Et j'avais besoin de me retrouver loin du football pour un certain temps.»

Résident de Saint-Joseph-de-Beauce, l'athlète originaire de Val-d'Or indique qu'il a appris son nouveau métier à la dure, lui qui est impliqué à tous les niveaux dans son entreprise. «Je fais les soumissions, les calculs et la gestion, mais je travaille aussi comme ouvrier sur les chantiers. J'ai appris sur le tas. Pour devenir meilleur, j'ai beaucoup lu et j'ai écouté plein d'émissions de construction comme Holmes le fait bien.

«Je me suis aussi bien entouré et j'ai aussi profité des chums que j'avais dans le domaine. J'ai pris leurs conseils, mais j'ai aussi engagé comme sous-traitant certains gars en qui j'avais confiance.»

Victime de commotions

Premier choix des Stampeders au repêchage de 2005, Robédé a disputé 53 matchs à Calgary entre 2006 et 2010, une saison écourtée à cause d'une commotion cérébrale. Il raconte qu'à son dernier match chez les pros, il était retourné sur le terrain, même s'il avait été sévèrement commotionné. Et plus il se faisait frapper et plus il était sonné. «Je ne savais pas vraiment c'était quoi, une commotion cérébrale. J'avais des flashs, mais je ne le disais pas, car quand on prend un certain nombre de snaps, on obtient un bonus salarial. Je me disais que j'étais capable d'encaisser les coups. Sauf qu'à un moment donné, je ne me souvenais même plus des jeux. J'ai l'ai dit à mon coach qui m'a fait voir le médecin. Tout de suite, on m'a dit que je ne pourrais plus rejouer.

«Ça m'avait pris trois ou quatre mois avant que je me remette et que je redevienne moi-même. Je passais mes journées entières au sous-sol dans le noir parce que mes pupilles ne réagissaient pas à la lumière du jour. J'écoutais des films, mais il ne fallait pas que ça aille trop vite parce que j'avais mal à la tête. Je manquais aussi de coordination. Quand je coupais de la viande, je me coupais les doigts. Et j'avais des problèmes avec mes humeurs, j'étais grognon. Cette période a vraiment été difficile pour mon couple et ma famille.»

Robédé avoue que le médecin avait été clair. Il lui avait dit qu'il ne savait pas comment il réagirait s'il faisait une nouvelle commotion. «Mais j'étais comme un gars qui vole des banques et qui pense qu'il ne se fera jamais pogner. Moi, je me disais que peut-être, je n'aurais jamais une autre commotion cérébrale en jouant au football.»

C'est avec les Argonauts de Toronto, à qui il avait été échangé en mars 2011, que le géant pensait recommencer à jouer au football. Mais il a été retranché de l'équipe à la fin du camp d'entraînement. «Je savais qu'il y avait un problème avec le plafond salarial. Mais je n'étais pas inquiet. Quand j'ai été coupé, je pensais que c'était une blague.»

Décidé à poursuivre sa carrière malgré un lourd passé de commotions, Robédé a été engagé par les Roughriders de la Saskatchewan pendant la saison morte 2011-2012. «Ma blonde m'avait alors dit de bien y penser, que je n'étais plus seul, que j'avais une famille.»

Robédé a accroché finalement ses crampons avant même de se pointer au camp d'entraînement. Au moment d'annoncer à son agent qu'il prenait sa retraite par un texto, il a été incapable de se décider à envoyer le message. Il s'est alors tourné vers son fils Yorik. «J'ai dit à mon gars : si tu pèses sur send, papa va arrêter de jouer. Il a pris le téléphone et sans hésiter, il a appuyé sur la touche. Comme il n'avait à peu près qu'un an, je ne pense pas qu'il ait compris le sens de ce que je lui demandais. Mais ce qui est arrivé est peut-être un signe de la vie.»

Pendant toutes les années où il a joué au football comme plaqueur défensif, Miguel Robédé a démoli les offensives ennemies. Mais depuis sa retraite en mars 2012, il mène une carrière aux antipodes de celle qui l'a précédée. Entrepreneur général, il est à la tête des Constructions YOTA inc. dont le nom fait référence à ses enfants Yoric et Talysia. Cette entreprise est spécialisée dans la rénovation et la construction neuve.

Questions/réponses

Idole de jeunesse? Arnold Schwarzenegger et Rambo (Silvester Stallone)

Plus grande richesse? Ma famille

Plus grande fierté? Gagner la Coupe Vanier et la Coupe Grey et être un premier choix au repêchage m'a rendu très fier, mais ma plus grande fierté je l'ai ressentie quand j'ai reçu mon diplôme universitaire à la maison après avoir complété mon BAC alors que je jouais pros.

Personnalité marquante? Les gens et les coachs comme Glen Constantin, Justin Ethier, Pepe Esposito et Jacques Tanguay qui m'ont entouré à Laval et qui ont voulu faire de moi une meilleure personne.

L'importance de la gloire? Je n'ai jamais cherché la gloire. Et je ne dis jamais que j'ai joué au football quand je me présente. Des gens me reconnaissent, mais d'autres me demandent si je suis parent avec le footballeur du Rouge et Or. Faut croire que mon nom les a marqués.

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