Mario Marois: le beau compromis

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Mario Marois gravite toujours dans le monde du hockey, lui qui assiste à plus de 150 matchs par année en tant que recruteur pour les Red Wings de Detroit.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Même s'il a accroché ses patins il y a une vingtaine d'années, Mario Marois n'a jamais été aussi accaparé par le hockey. Recruteur pour les Red Wings de Detroit, il explique que son travail «d'espion» l'amène à voir au moins 150 matchs par année.

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«Je vois annuellement deux fois plus de matchs que j'en jouais à l'époque», indique Marois qui a aussi travaillé pour l'organisation des Canucks de Vancouver et des Hurricanes de la Caroline. «Et les gars qui ont de plus grands territoires en voient plus. Le nombre de rencontres dépend toujours de tes responsabilités. Personnellement, je dois évaluer le travail des joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, de l'est de l'Ontario (Ottawa, Belleville et Kingston) un peu de la région de Boston.

«Pour moi qui a passé presque toute sa vie dans le monde du hockey, être recruteur est un beau compromis. C'est certain que la meilleure chose pour être dans l'action quand tu n'es plus joueur, c'est d'être entraîneur. Mais quand tu es recruteur, tu fais partie d'une équipe de hockey. J'ai donc la chance d'oeuvrer dans un milieu que j'aime et que je connais bien.»

Bon an, mal an, Marois parcourt entre 35 000 et 50 000 kilomètres. Et rarement il rate les rendez-vous qu'il a mis à son agenda. Il n'y a en fait que les conditions météo qui l'obligent parfois à annuler sa présence à un match. «Mais quand on est recruteur, on a de la difficulté à être raisonnable. Quand il faut y aller, il faut y aller. Peu importe les conditions.»

L'athlète originaire de l'Ancienne-Lorette ne le cache pas, le jour où les dernières portes se sont refermées dans les milieux du hockey professionnel en 1995, il croyait bien pouvoir réorienter sa carrière dans un nouveau domaine. Rapidement cependant, il s'est aperçu combien le hockey lui manquait et comment il ne se sentait pas à sa place dans son nouvel environnement.

«J'ai travaillé quelques années dans les services financiers en tant que représentant pour la compagnie Promotuel. Je n'avais jamais fait de 9 à 5 avant et je me suis rapidement aperçu que ce n'était pas pour moi. Je m'ennuyais beaucoup du hockey.

«J'aime beaucoup mieux mon travail de recruteur même si c'est parfois très exigeant. Je suis mon propre patron. C'est certain que je dois répondre aux demandes de mon recruteur-chef. Mais en général, c'est moi qui fais mon horaire et qui décide quand et où je vais aller.»

Marois demeure humble quand vient le temps de parler de ses bons coups comme recruteur. «C'est un travail d'équipe», lance l'ex-défenseur. Mais on se doute qu'il a sûrement eu un gros mot à dire dans la sélection des hockeyeurs québécois Xavier Ouellet et Anthony Mantha par les Wings.

Le destin s'en mêle

Heureux dans ses fonctions, Marois ne peut s'empêcher de penser que sa carrière aurait pu prendre une toute autre tangente si les astres ne s'étaient pas liées contre lui. Entraîneur-adjoint avec les Canucks de Hamilton, de la Ligue américaine de hockey lors de la saison 1993-94, il avait décidé de quitter ses fonctions afin de travailler comme analyste à la radio des Nordiques. Un boulot qu'il a perdu un an plus tard quand les Fleurdelysés ont déménagé au Colorado.

«C'est ma décision de revenir à Québec qui m'a sorti du coaching dans les rangs professionnels», indique Marois qui a dirigé le Grand Portneuf de Pont-Rouge de la Ligue semi-pro. «Mais quand tu fais le métier de coach, c'est dans le but d'être entraîneur-chef. Et pour ça, il faut que tu fasses tes classes comme assistant. Et je n'avais pas la personnalité pour être assistant. Je l'ai été à Hamilton mais j'aurais aimé mieux mener ma barque. Par la suite, j'ai eu quelques offres pour aller dans la LHJMQ mais à ce moment-là, j'avais commencé à travailler comme recruteur avec les Canucks. J'avais donné ma parole, je ne pouvais plus leur dire non.»

Toujours heureux de faire un brin de jasette avec les amateurs qui le reconnaissent, Marois sombre peu à peu dans l'oubli. À la blague, il indique que les personnes qui l'abordent pour lui parler de ses exploits ne sont pas des jeunes mais des personnes plus âgées. «Ça me fait toujours plaisir de savoir que des gens se rappellent que j'étais un joueur compétitif», lance-t-il avant d'ajouter en riant : «Mais j'aime aussi quand d'anciens hockeyeurs viennent me dire qu'ils n'aimaient pas jouer contre moi.

«Je vis cependant très bien avec le fait de ne plus être sous les feux de la rampe. Et je ne suis pas du tout nostalgique des années que j'ai passé à jouer dans la LNH. Je suis content de ce que ce que j'ai fait. Mais je ne suis pas du genre à retourner dans le passé. J'aime mieux toujours regarder en avant.»

Questionné comment il avait réagi lorsqu'il avait appris que l'aréna qui portait son nom à l'Ancienne-Lorette serait démoli, Marois indique : «Ça m'a fait de quoi. C'était le fun d'avoir un aréna à son nom. Habituellement, c'est quand un joueur est décédé qu'on baptise un aréna en son nom. Et moi, on l'avait fait de mon vivant. C'était très flatteur. J'ai été chanceux d'avoir un tel honneur. Et les propriétaires du Complexe sportif multidisciplinaire de l'Ancienne-Lorette ont été très corrects en nommant un salon à mon nom dans l'aréna. Ils n'étaient pas obligés de faire ça.»

En rafales

Idole de jeunesse : Jean-Claude Tremblay. Tout un joueur de hockey. Un excellent défenseur et tout un passeur.

Fait d'arme : Avoir joué dans la Ligue nationale. Ce n'est pas tout les hockeyeurs qui y parviennent. J'ai été chanceux mais ce que j'ai fait ne m'a pas été donné. J'aurais cependant aimé atteindre le plateau des 1000 matchs.

Moment marquant : Avoir joué en finale de la Coupe Stanley avec les Rangers en 1979.

Des regrets : De ne pas avoir gagné la Coupe Stanley. Nous avons perdu la finale 4 à 1 face au Canadien après que nous ayons gagné le premier match. Ça me fait de la peine de penser que l'on a passé proche mais que l'on n'a pas pu toucher à la Coupe.

Je ne suis plus capable : Depuis notre défaite de 1979, j'ai de la misère à regarder, lors de la finale de la Coupe Stanley, le moment où ils sortent la coupe afin de la présenter aux gagnants.

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