Tom Brady: de leader à menteur

En conférence de presse jeudi, le quart des... (Photo AP, Elise Amendola)

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En conférence de presse jeudi, le quart des Patriots, Tom Brady, a semblé hésitant lorsque les journalistes lui ont demandé de s'expliquer au sujet de la controverse des ballons dégonflés.

Photo AP, Elise Amendola

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(Québec) Tom Brady avait l'air du gamin qui vient de se faire surprendre les deux mains dans le plat de bonbons, jeudi après-midi, alors qu'il a fait face pendant 30 minutes aux médias de Boston, ainsi qu'à d'autres journalistes affectés à la couverture du Super Bowl, au sujet de la controverse des ballons dégonflés.

Loin d'afficher la même arrogance dont il fait preuve sur le terrain depuis qu'une journaliste a osé demander à Bill Belichick s'il remettait en question le rendement de son quart-arrière après le quatrième match de la saison, Brady a fait face à un feu roulant de questions. Il a paru souvent hésitant, éprouvant à plusieurs reprises des difficultés à terminer ses phrases...

Après avoir déclaré qu'il s'attendait à manipuler des ballons en parfait état pendant la rencontre - selon ses préférences évidemment -, les ayant lui-même examinés deux heures avant le match, le beau Tom a tenté de nous faire croire qu'il n'avait pas réalisé lors de la première demie contre les Colts d'Indianapolis qu'il avait joué avec des ballons dégonflés. Dans le feu de l'action, il serait si concentré à analyser la défensive adverse, à prendre correctement la remise du centre et à lancer le ballon avec précision qu'il ne serait pas en mesure de constater dans quel état se trouve le précieux objet quand il s'en empare. 

Un commentaire qui a fait sourire l'analyste du réseau ESPN, Mark Brunell, qui s'est empressé de rappeler que le ballon constitue pratiquement à lui seul le gagne-pain des quarts-arrières, qui y tiennent autant qu'à la prunelle de leurs yeux et qui peuvent détecter toutes formes d'anomalies dès qu'ils posent la main dessus. L'ex-quart des Jaguars de Jacksonville a ajouté qu'il était clair que Brady avait menti à plusieurs reprises lors de son point de presse.

Jerome Bettis a abondé dans le même sens, tout comme Brian Dawkins, deux autres anciens joueurs qui travaillent maintenant à la télé américaine. Brady n'avait pas encore fini de s'adresser aux médias que Troy Aikman, le gagnant de trois Super Bowl avec Dallas, maintenant analyste pour le réseau Fox, le déclarait coupable d'avoir trafiqué les ballons utilisés par les Patriots. 

Un journaliste a pour sa part fait remarquer avec justesse au leader des Patriots que deux ou trois tirs suffisent à un joueur de basketball pour que ce dernier constate que le panier a été soulevé ou abaissé de deux ou trois centimètres. De son côté, un joueur de baseball n'a besoin que de quelques élans pour réaliser que le bâton qu'il utilise pèse une once ou deux de plus que celui qu'il prend habituellement. Ce journaliste a enchaîné en demandant à Brady comment il se faisait qu'un des meilleurs quarts de l'histoire de la NFL n'ait pas constaté que quelque chose ne fonctionnait pas avec certains ballons...

Encore une fois, le numéro 12 a patiné en indiquant sur un ton poli qu'il aimerait bien pouvoir répondre à cette question pour l'intégrité du sport, mais qu'il en était malheureusement incapable. Rien à voir avec le ton qu'il avait utilisé la semaine précédente quand le quart des Patriots s'était chargé de ramener à l'ordre l'entraîneur des Ravens, John Harbaugh, après que celui-ci eut osé remettre en question une stratégie utilisée par Belichick.

Rusé et attentif aux détails

En matinée, le coach des Pats s'était pour sa part lavé les mains en déclarant qu'il avait pris connaissance de l'affaire le lendemain de la victoire à sens unique de ses protégés contre les Colts. Et il a ajouté sans broncher qu'il avait davantage entendu parler des règles concernant le poids des ballons cette semaine qu'au cours de ses 40 premières années dans le domaine du coaching

«Pousse, mais pousse égal, mon cher Bill», auraient pu rétorquer les journalistes présents à cette rencontre, qui s'est étirée pendant près de 12 minutes, une rareté dans le cas de Belichick. Quand on sait jusqu'à quel point le rusé entraîneur porte une attention minutieuse à tous les détails, soyez assurés qu'il a déjà passé plusieurs heures à analyser les différentes trajectoires que peuvent emprunter les ballons dans les airs, qu'ils soient gonflés ou non selon les règles.

La presse new-yorkaise se fait plaisir

Le New York Daily News y est allé d'un délicieux titre, hier, au dos du journal pour illustrer les pages sportives avec l'expression My balls are perfect accompagnée d'une photo où on aperçoit le visage de Tom Brady.

En français, le titre se traduirait par «Mes ballons sont parfaits» et faisait référence aux propos du quart des Patriots au sujet des ballons dégonflés utilisés contre Indianapolis. Comme les balls peuvent aussi se traduire par le mot couilles, on vous laisse imaginer le reste.

De son côté, le New York Post a précisé que les propos tenus par Brady et Bill Belichick pourraient trouver place parmi les mensonges les plus célébres entendus au cours des 50 dernières années aux États-Unis aux côtés de ceux tenus par Richard Nixon, Bill Clinton, O.J. Simpson, Alex Rodriguez, Rafael Palmeiro et Lance Armstrong.

De l'espionnage, des amendes et un choix perdu

L'affaire des 11 ballons dégonflés par les Patriots aurait sans doute moins fait jaser si elle avait concerné une autre équipe de la NFL. Mais les Pats ont déjà été sévèrement punis en 2007 (amende de 250000 $ au propriétaire Robert Kraft et perte d'un choix de première ronde au repêchage de 2008) pour avoir illégalement filmé les signaux défensifs d'une autre équipe à son insu (Spygate). De son côté, Bill Belichick avait écopé d'une amende de 500000 $. Entreprise après la dénonciation d'Eric Mangini, qui était alors l'entraîneur des Jets de New York - il avait travaillé pour les Pats de 2000 à 2005 -, l'enquête a démontré que cette façon de procéder était en vigueur depuis sept ans, soit depuis l'arrivée de Belichick à Foxborough. L'enquête menée par les dirigeants de la NFL avait mené à la destruction de bandes vidéos illégalement filmées en 2002 et en 2003.

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