Matt Marksberry, un lanceur qui revient de loin

Plongé dans un coma artificiel pendant sept jours... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Plongé dans un coma artificiel pendant sept jours en 2016, Matt Marksberry a enfilé l'uniforme des Capitales pour la première fois, mardi.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Le nouveau lanceur des Capitales a déjà joué dans le baseball majeur, mais c'est peut-être la moins fascinante des péripéties de ses deux dernières années. Plongé dans un coma artificiel pendant sept jours, Matt Marksberry revient de très loin.

Il est devenu lundi le 12e ancien joueur des majeures embauché par l'équipe de la Ligue Can-Am en 19 ans d'histoire (voir tableau). Marksberry a lancé un total de 26,2 manches en 2015 et en 2016, toutes avec les Braves d'Atlanta. 

L'ascension du releveur gaucher a toutefois été freinée par une suite de mésaventures. Celles-ci débutent par un accident d'autocar en 2015, alors qu'il évolue dans les mineures. En pleine nuit, le véhicule transportant les Mudcats de la Caroline se renverse, en Caroline du Nord. Marksberry se blesse au bras. Il doit ensuite vivre avec des séquelles psychologiques. «C'était très traumatisant, je ne vais pas mentir. C'était la nuit noire lorsque je me suis réveillé. Ça m'a pris du temps avant de remonter dans un autobus.» Pas l'idéal pour un joueur des ligues mineures.

Quelques mois plus tard, il tombe malade. Victime de maux de ventre, il connaît un épisode de déshydratation sévère causée par l'absorption de la solution devant évacuer les solides et les liquides de son corps, en vue d'une colonoscopie, le lendemain. Certains de ses organes l'abandonnent, forçant les médecins à le plonger dans un coma artificiel, en octobre 2016.

Sept jours plus tard, il se réveille. Dans un état pitoyable. «J'avais une activité cérébrale très minimale au début, raconte-t-il. Ça me prenait du temps pour m'exprimer. J'avais une pensée, et je n'arrivais pas à la formuler avant trois ou quatre secondes. Ça m'a fait peur. Et ça m'a pris trois ou quatre jours pour marcher à nouveau. J'étais tellement faible. Je ne pouvais rien faire par moi-même. Ça change la façon de voir les choses. On ne réalise pas à quel point on est chanceux de pouvoir se lever le matin et marcher», philosophe celui qui arbore un impressionnant tatouage à 360° sur son torse, ses bras et son dos.

Il participe au camp d'entraînement des Braves au printemps. Mais ceux-ci le font progresser un peu trop vite et il se déchire un muscle. L'équipe le libère. «C'était comme : "désolé mec"», lance Marksberry, dans un rire cachant mal une certaine amertume.

Il tente ensuite sa chance avec Somerset de la Ligue Atlantique, mais il n'est alors pas prêt à lancer deux matchs en autant de jours. L'équipe, quant à elle, n'est pas prête à l'attendre.

Toute une feuille de route

Les Capitales comptent être plus patients avec leur dernière trouvaille. «Il a une feuille de route extrêmement impressionnante», souligne le gérant Patrick Scalabrini, persuadé de ne pas prendre un gros risque avec le releveur. «Il a toujours eu du succès. Peut-être qu'il va avoir besoin d'un peu de temps, mais on a ce luxe-là. On veut surtout qu'il soit au sommet pour les séries.» Le principal intéressé assure se sentir «très bien».

Le nouveau lanceur des Capitales a déjà joué dans le... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Infographie Le Soleil

Dans le baseball majeur, Marksberry a conservé une fiche d'aucune victoire et trois défaites ainsi qu'une moyenne de points mérités de 5,06. Au niveau AAA, sa moyenne s'élève à 2,64 en 44,1 manches. Il a retiré 40 frappeurs sur des prises. Son embauche survient moins de deux jours après l'annonce de la perte pour toute la saison d'un autre releveur, Jon Fitzsimmons, en raison d'une blessure au coude.

Marksberry souhaite aider les Capitales à remporter des matchs, mais il ne cache pas une autre ambition : se faire remarquer par les équipes des majeures pour retrouver une place dans le baseball affilié. Il se dit toutefois heureux d'aboutir dans un endroit reconnu pour sa culture et ses partisans au sang chaud. «Il y a beaucoup de monde qui ne parle pas anglais, j'aime ça, a-t-il blagué, mardi. Comme ça je ne peux pas comprendre les insultes et tous les mauvais mots.»




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