Magnifique Blanco!

Lazaro Blanco est passé bien près de réaliser... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Lazaro Blanco est passé bien près de réaliser un match sans point ni coup sûr, lui qui n'a accordé un simple, en huitième manche.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Les amateurs de baseball ont eu le temps de rêver à un match sans point ni coup sûr, dimanche après-midi. Le Cubain Lazaro Blanco a été magnifique, flanchant une seule fois, après deux retraits en huitième manche. Les partisans des Capitales ont malgré tout savouré une victoire de 9-0 de leurs favoris contre la République dominicaine, au Stade Canac.

«Je me disais que je devais rester concentré dans mon match, pour ne pas me sortir de ma zone. J'ai conservé la même approche avec chaque frappeur pour ne pas donner de coup sûr», a expliqué Blanco, par la voix de l'«interprète» Eddie Lantigua.

Pas trop superstitieux, le lanceur a laissé les instructeurs Patrick Scalabrini et Jean-Philippe Roy lui parler entre les manches, contrairement à la coutume, celle de quasiment ignorer un artilleur dans sa «zone».

En bout de ligne, le Cubain a peut-être été victime de la belle tenue de ses coéquipiers à l'attaque. Car les Capitales (24-12) ont connu une septième manche de sept points, forçant Blanco à rester assis longtemps dans l'abri. Il n'a fait qu'une bouchée de ses deux premiers adversaires en huitième, mais Antony Brito a suivi avec un solide simple. Avant cela, le grand droitier n'avait accordé que deux buts sur balles.

«On y croyait, a réagi Scalabrini. Il y a eu une couple de balles frappées d'aplomb, mais ensuite on a réalisé qu'il n'y avait pas de coup sûr à la mi-match. Plus ça allait, plus il gagnait en contrôle. À quatre retraits [d'y parvenir]... c'est plate. Mais ça demeure toute une performance», a ajouté le gérant, avec un sourire.

Blanco a lui-même réalisé trois belles pièces de jeu défensives sur des balles frappées en flèche directement vers lui, dont deux captées au vol. Le releveur Jon Fitzsimmons a fini le boulot en neuvième, retirant les Dominicains dans l'ordre.

Pour la petite histoire, Orlando Trias est le seul auteur d'un match sans point ni coup sûr dans l'histoire des Capitales. Ça se passait à Nashua, contre le Pride, le 24 août 2008.

La performance de Blanco fait presque oublier les neuf points des gagnants. Il a fallu attendre à la quatrième manche pour voir un peu d'attaque. Après un simple de Jordan Lennerton, Yurisbel Gracial a claqué une puissante flèche de l'autre côté de la clôture du champ gauche.

Solide jusque là, le partant dominicain Robinson Lopez (0-2) s'est effondré en septième, et sa relève n'a pas fait mieux. Daniel Rockett (simple, 1 pp), Maxx Tissenbaum (double, 2 pp), Yordan Manduley (triple, 2 pp), Kalian Sams (double, 1 pp) se sont amusés dans cette manche, aussi ponctuée par un mauvais lancer de Carlos Perez qui a permis à Sams de marquer.

Scalabrini s'est réjoui de la tenue de Gracial, de qui il espère de grandes choses. «Il frappe pour [,333] avec [28] points produits, mais on dirait qu'il n'a pas commencé à frapper encore. L'an passé, il a été l'un des deux meilleurs joueurs de la ligue en deuxième moitié», a rappelé le gérant.

De leur côté, les Dominicains (2-13) quitteront Québec après avoir fait plutôt belle impression, malgré leur trois défaites en quatre matchs. Il faut dire qu'ils avaient été malmenés par les équipes américaines au début de leur voyage. On suggère aux Champions d'Ottawa, leurs prochains et derniers adversaires, de ne pas les prendre à la légère.

***

Un calibre décevant

Michel Laplante l'admet sans détour : il est déçu du calibre de jeu présenté par les équipes cubaine et dominicaine actuellement en tournée dans la Ligue Can-Am. Le président des Capitales ne remet pas complètement en question les matchs internationaux, mais plusieurs options seront étudiées dans les prochains mois, dit-il.

«Eux, je pense qu'ils vont vouloir revenir. [Mais] est-ce qu'on est capables de continuer ces rencontres-là?» demande Laplante, pensant tout haut. Les foules ont été assez bonnes, mais moins que l'année dernière, ajoute-t-il. L'aspect nouveauté de la visite des Cubains s'est déjà étiolé, il en est conscient.

D'autres pays sont par ailleurs intéressés, a aussi rappelé Laplante, avant qu'on l'amène vers ce sujet. Il nomme d'abord les Pays-Bas, mais aussi la Corée du Sud, qui a bien failli se pointer en Amérique du Nord cet été. «Ça va être d'évaluer : qu'est-ce qui sera une belle compétition pour les joueurs? Qu'est-ce qui est viable économiquement? Et qu'est-ce qui est attrayant pour les fans?» énumère Laplante.

Tout ça sans oublier la possibilité d'une expansion de la Ligue Can-Am à Cuba, soulevée dans les dernières semaines. «Je pense qu'on a un beau puzzle le fun», lance Laplante.

La domination des six formations nord-américaines, cet été, reflète aussi le haut calibre du circuit Wolff, prend-il soin de mentionner. Rarement les Capitales ont-ils eu une équipe aussi forte, croit-il. «C'est un constat aussi entre la coche du baseball professionnel, où les gars jouent tous les jours, et eux [Cuba et la République dominicaine] qui arrivent sans être dans ce rythme-là.»

Selon Laplante, les Cubains ont eu de la difficulté à s'ajuster au rythme effréné du baseball professionnel, entre autres à cause des instructeurs, intransigeants avec leurs hommes. «Ils sont trop sévères après une défaite. Tu ne peux pas faire ça chez les pros : tu joues tous les jours. Si tu te mets à t'acharner sur tes gars, tu t'en vas dans le fond du baril.» 

La formation cubaine subit une énorme pression venue de la maison pour bien faire pendant ce voyage. Sa fiche de 11-9 avait déçu l'an dernier. Qu'en sera-t-il cette année, le club peinant avec seulement quatre victoires en 18 matchs? «Il paraît que c'est très lourd sur les réseaux sociaux. Ça n'a pas de bon sens comment les gars se font ramasser. Il va falloir que la Fédération [de baseball cubain] se réajuste, parce que la pression du peuple sera trop forte», explique Laplante, prenant en exemple la contre-performance de l'équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques de 1998 (quatrième place), qui avait amené un vent de changement.

***

Une finesse qui épate Laplante

Michel Laplante en connaît un rayon sur les lanceurs. Lui-même ancien artilleur chez les professionnels - il a entre autres effectué 33 départs étalés sur sept saisons avec les Capitales -, le président de l'équipe a pu observer avec ses yeux d'expert la performance étincelante de Lazaro Blanco, dimanche après-midi. Il retient la diversité dans les lancers du Cubain; sa façon, en quelque sorte, de dominer sans être dominant.

Il fait certes partie des bons lanceurs vus par Laplante dans la Ligue Can-Am, mais son brio diffère de celui des autres. «Par sa patience, par sa maturité... Il n'est pas dominant de la même façon qu'un Andrew Albers ou un Jeff Duda, qui finissaient le match avec 12 retraits au bâton. Blanco, ce n'est pas ça. C'est par finesse. Ce n'est pas un des plus dominants, c'est un des bons», résume Laplante, qui a lui-même réussi deux matchs sans point ni coup sûr dans sa carrière, les deux dans le baseball senior.

Note : Le Québécois Philippe Craig-St-Louis doit subir lundi un examen à rayons X pour évaluer la nature de sa blessure à la main, aggravée lors du premier match de samedi. Il sera absent pour au moins une semaine, selon Scalabrini. Le gérant a contacté un remplaçant qui ne lui avait pas encore donné signe de vie après la rencontre de dimanche.




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