Le padre de la série cubaine

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Les Montréalais Daniel Rochette et Kathleen Radino (troisième à partir de la gauche) sont comme à la maison chez les Gurriel, aujourd'hui résidents de La Havane. On les voit ici en avril 2015 entourés d'Yuniesky, vêtu de son chandail des Capitales, de la maman du clan, Olga Lidia Castillo, de Lourdes fils, de Lourdes père et d'Yuliesky.

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(Québec) Dans la chaude nuit cubaine, Daniel Rochette grimpe à bord d'une Chevrolet 58. Neuvième manche, troisième retrait. Il vient d'assister à un match comme tant d'autres. Sans trop savoir où on l'amène, le Québécois s'apprête à changer la face du baseball.

Rochette et sa conjointe fréquentaient Cuba depuis déjà quatre ans. Un de leurs compagnons de voyage a travaillé à la radiodiffusion des matchs des Expos de Montréal, Pierre Miquelon. Tripeux de baseball, les gars fréquentent les stades de la Serie Nacional et se mettent à rapporter du Québec de l'équipement neuf pour les jeunes Cubains, dont des bâtons B45 donnés par Michel Laplante.

Un soir de 2005. Après un match de ligue mineure dans le village d'Itabo, Rochette est invité à aller rencontrer Lourdes Gurriel à son domicile de Sancti Spiritus, à 40 km de là. Le «Maurice Richard du baseball cubain» a entendu parler de ce généreux étranger venu du Nord. Rochette connaît bien sûr de réputation le légendaire voltigeur médaillé d'or olympique et joueur favori de Fidel Castro.

«On est arrivé là, on a jasé, ç'a cliqué! On est tout de suite devenus amis et, avec le temps, on est devenus comme de la famille», explique Rochette, à propos de la relation privilégiée qu'entretient depuis 11 ans le couple avec les Gurriel.

Le Montréalais peut ainsi revendiquer un peu de la paternité de la série cubaine qui se joue au Stade municipal de Québec, à compter de jeudi, et tout le mois de juin à travers la Ligue Can-Am.

Rochette est impliqué dans la production télévisuelle des matchs de jeudi et vendredi aux côtés des frères Éric et France Corbeil, ce dernier ancien producteur télé des Nordiques de Québec. Les deux rencontres Capitales-Cuba seront diffusées sur RDS et Tele Rebelde, deuxième chaîne cubaine.

Neuf ans se sont quand même écoulés entre sa première visite chez les Gurriel et le jour où un premier joueur cubain a signé un contrat professionnel en Amérique du Nord avec la bénédiction du régime Castro. C'était en 2014, avec les Capitales de Québec présidés par Laplante. Yuniesky Gurriel est l'aîné des trois fils de Lourdes.

N'y voyez pas de coïncidence. Laplante avait lancé l'idée à Rochette dès 2006, en faisant son émissaire à Cuba. L'année suivante, le poste d'instructeur des frappeurs des Capitales a été offert au paternel pour la saison 2007, en espérant qu'un de ses fistons, tous très bons, l'accompagnerait.

«Grâce aux contacts de Lourdes, j'ai eu une réunion avec le président de la fédération cubaine de baseball. Ç'a duré 10 minutes», se remémore Rochette. L'homme acceptait de le rencontrer par simple respect à l'égard du célèbre baseballeur et n'avait démontré aucune ouverture. Le dossier était clos.

«Percer le trou»

Mais pas pour le duo québécois, qui mettra six années de plus avant de «percer le trou», au dire de Rochette. Six ans juste pour obtenir une nouvelle audience auprès des autorités du baseball cubain. Qui se sont alors montrées plus ouvertes au projet, menant à l'embauche historique de Yuniesky par les Capitales en juillet 2014.

Quatre Cubains habitaient le vestiaire du Stade municipal l'an dernier et trois encore cette saison. La visite de l'équipe nationale cette semaine s'avère une pierre de plus à cet édifice diplomatico-sportif dont Rochette a été le premier maçon.

Il admet par ailleurs que la défection en février de Yuliesky et de Lourdes fils a été «une grosse nouvelle sur le coup», assurant que rien n'avait transpiré deux semaines auparavant, lors d'une rencontre avec toute la famille. La poussière est maintenant retombée, affirme celui qui a fait trois voyages à La Havane depuis janvier.

Guillermo Aviles fait partie des joueurs cubains dont les... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Guillermo Aviles fait partie des joueurs cubains dont les performances seront scrutées à la loupe par les éclaireurs du baseball majeur au cours de cette tournée nord-américaine de trois semaines. 

Le Soleil, Patrice Laroche

Les jeunes Cubains rêvent aussi au baseball majeur

Né à Beauport, Baltimore ou Bayamo, tout joueur de baseball aspire un jour aux ligues majeures. Les Cubains n'y font pas exception. «C'est un rêve d'accéder au plus haut niveau de notre sport, pour moi comme pour tous les joueurs de l'équipe nationale», confie Guillermo Aviles.

Premier-but et voltigeur de 23 ans, détenteur d'une moyenne au bâton de ,347 et de 58 points produits cette saison en Serie Nacional, Aviles fait partie des joueurs cubains dont les performances seront scrutées à la loupe par les éclaireurs du baseball majeur au cours de cette tournée nord-américaine de trois semaines. 

«C'est une occasion d'ouvrir de nouveaux chemins pour atteindre cet objectif», a expliqué le joueur étoile des Alazanes de Granma, province de sa ville natale Bayamo. Mais ces «nouveaux chemins» se devront d'être tracés en toute légalité, insiste-t-il, par l'entremise de la Fédération cubaine de baseball, comme auprès des Capitales de Québec.

Oui, reconnaît Aviles, les joueurs cubains parlent entre eux de la possibilité d'aller jouer professionnel dans un autre pays. De plus en plus ouvertement. Et avec l'amélioration des relations politiques entre les deux pays, le jour n'est pas si loin où des Cubains évolueront aux États-Unis avec l'assentiment de leur gouvernement, espère-t-il.

Pour le reste, Aviles et ses coéquipiers apprécient l'accueil chaleureux des Québécois, qui leur demandent autographes et photos sur la Grande Allée et autour. Le froid et la pluie ne font toutefois rien pour les réchauffer. 

À sa cinquième année au sein du programme de l'équipe nationale, il n'en est qu'à sa deuxième sortie à l'extérieur du pays, après la Série des Caraïbes en République dominicaine, en février dernier.

C'est bien beau le Canada, mais Aviles admet que la visite du 21 au 30 juin aux États-Unis, pays si longtemps honni dans l'île, revêt un cachet particulier pour lui et ses coéquipiers. «Ce sera une belle expérience de groupe», estime-t-il.

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