L'équipe nationale cubaine dans la Can-Am?

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L'un des scénarios envisagés est de constituer deux équipes, l'une de l'Est de l'île , l'autre de l'Ouest, avec l'équipe nationale cubaine - à l'entraînement lundi à Expo Cité - pour ensuite les ajouter aux trois équipes américaines et trois équipes canadiennes de la Can-Am.

Le Soleil, Yan Doublet

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Si la tournée nord-américaine de l'équipe nationale de baseball de Cuba se déroule bien, le commissaire du baseball cubain aimerait bien voir la «selección nacional» se joindre à la Ligue Can-Am de baseball indépendant.

Cette déclaration inattendue et spontanée, le commissaire du baseball cubain et chef de la délégation cubaine, Heriberto Suarez Pereda, l'a faite lundi midi via un interprète durant un point de presse avec les journaux de Québec. Pendant ce temps, les joueurs cubains prenaient leur dîner dans un restaurant de la Grande Allée après un premier entraînement à Expo Cité.

«C'est une première incursion contre les équipes de la Can-Am. Si le calibre est ce à quoi nous nous attendons et si le voyage se passe bien, nous serions intéressés à intégrer la Ligue Can-Am», a dit M. Suarez Pereda lorsque interrogé sur les suites éventuelles de ce premier échange international. Mais comment serait-il possible pour une équipe nationale, qui dispute des matchs à travers le monde, de joindre un circuit qui joue 100 parties par année dans le Nord-Est de l'Amérique? «Tout est à l'étude, il s'agit d'attendre pour voir comment les choses vont se passer», répond M. Suarez Pereda.

Laplante surpris

Michel Laplante, président des Capitales de Québec et dont les bonnes relations avec la Fédération cubaine de baseball ont mené à cette première tournée de l'équipe nationale, était un peu surpris de la déclaration du commissaire cubain.

«Oui, on a abordé le sujet, mais on ne sait pas comment le faire. Eux, ils commencent leur saison à la fin du mois d'août, alors que nous, on finit la nôtre à ce moment-là. On va être en pourparlers au cours des prochains mois afin de voir comment on pourrait joindre deux équipes de Cuba à notre ligue», a déclaré Laplante.

Car l'un des scénarios envisagés est de constituer deux équipes, l'une de l'Est de l'île, l'autre de l'Ouest, avec l'équipe nationale cubaine pour ensuite les ajouter aux trois équipes américaines et trois équipes canadiennes de la Ligue Can-Am.

Chacune des équipes de la Ligue se rendrait à Cuba une fois par année pour y disputer deux matchs contre chaque formation et les équipes cubaines feraient un voyage en Amérique du Nord par été pour y affronter les autres équipes. «C'est quelque chose qui coûterait entre 20 000 $ et 25 000 $ par équipe», estime Michel Laplante.

«Dans ça, tout se décide autour d'une bière ou d'un verre de rhum. La première chose à voir, ce sera s'ils sont contents de leur expérience ici. Pour le reste, il ne faut pas oublier que la Ligue est basée aux États-Unis. Comment le passage des Cubains sera-t-il perçu là-bas? Est-ce que c'est possible, avec les lois actuelles, de les faire jouer dans la même ligue? Peut-être que ce serait bien l'fun, mais peut-être que ce n'est pas accessible. Mais peut-être que ça l'est, aussi!» conclut Laplante.

Défections: pas d'inquiétude

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La bonne humeur était visible dans le clan cubain après la séance d'entraînement à ExpoCité, lundi. 

Le Soleil, Yan Doublet

Même si l'un des joueurs qui devait se joindre à la tournée de l'équipe nationale cubaine a fait défection il y a un peu plus d'une semaine, le gérant de l'équipe, Roger Machado, ne s'inquiète pas trop d'en voir d'autres «sauter la clôture» d'ici la fin du voyage de 28 jours.

En entrevue avec les journaux de Québec, Machado a déclaré que la sécurité, lire la surveillance des joueurs pour éviter qu'ils ne quittent l'équipe, n'était pas une préoccupation pour lui malgré les nombreux départs de joueurs cubains vers les États-Unis ces dernières années.

«Ils se sont préparés et entraînés à Cuba. C'est sûr qu'on ne souhaite pas que des événements comme ça aient lieu et que nous trouvons ça triste qu'il y ait eu beaucoup de défections récemment. Mais en même temps, il n'y a pas une personne qui soit pareille, chacun pense à sa façon», a résumé l'ancien receveur qui agit aussi comme gérant de l'équipe des Tigres de Ciego de Avila.

«En deux mots, ça ne m'empêche pas de dormir. Chacun prend les décisions qu'il veut, chacun pense comme il veut», reprend le médaillé d'or aux Jeux olympiques d'Athènes en précisant qu'il n'est pas contre le fait que des joueurs cubains aillent faire résonner leurs bâtons et siffler leurs balles dans des ligues de l'extérieur de l'île.

«Cette tournée, c'est une très grande occasion pour nos joueurs d'être vus et observés. Ça pourrait leur donner des opportunités avec l'ouverture des relations envers Cuba. Ça pourrait se faire selon le modèle des joueurs déjà sous contrat avec les Capitales et la Ligue Can-Am, même avec des équipes des majeures», avance Machado. 

Négociations cubaines

Le seul point sur lequel il insiste serait que les négociations passent par la Fédération nationale de baseball de Cuba. «N'importe quel contrat, avec les ligues majeures ou un autre circuit, devrait être négocié par la Fédération. Nous prenons un joueur, nous l'entraînons, nous en faisons un athlète de haut niveau. Il serait donc normal que les négos se fassent via la Fédération cubaine», poursuit-il.

C'est davantage la façon dont certains joueurs de baseball ont quitté le pays qui dérange un peu l'entraîneur de l'équipe nationale que le fait de perdre des athlètes de bon calibre. «Qu'ils quittent pour aller dans les ligues majeures est une chose, mais il faudrait qu'ils tiennent compte du fait qu'on leur paie l'éducation et qu'on les entraîne. Ainsi, ce serait normal que leur départ se fasse de façon légale.»

Dans la Ligue Can-Am, Machado s'attend à ce que ses protégés fassent face à une bonne opposition, mais il espère tout de même qu'ils puissent rentrer au pays «avec plus de victoires que de défaites».

«Cette ligue me semble quand même assez forte. C'est entre autres ce que les joueurs qui y ont évolué l'an passé m'ont dit. On y retrouve des joueurs qui ont évolué dans le baseball AA et AAA de même que certains qui ont joué dans les majeures. Ce sera aussi pour nous une occasion d'analyser le rendement et la façon de jouer des recrues et de nous préparer pour la Classique mondiale de baseball de 2017.»

Un joueur de moins que prévu

Quand la Fédération nationale de baseball de Cuba a annoncé la composition de l'équipe qui participerait à la tournée, le rapide voltigeur Dairon Blanco Lamadrid en faisait partie. Cependant, il n'est pas de la délégation qui est arrivée à Québec, lundi, car il a quitté Cuba le 29 mai, avant le départ de l'équipe, dans l'espoir de poursuivre sa carrière dans les ligues majeures. L'athète de 23 ans est donc le dernier baseballeur cubain en lice à avoir fait défection. En quatre saisons, il a frappé pour ,303 en 916 apparitions au bâton avec 52 buts volés. On lui donne toutefois peu de chances d'obtenir toutes les autorisations pour signer avec une équipe des majeures d'ici le 2 juillet, limite pour que les joueurs internationaux puissent s'aligner avec une organisation cette année.

Des vétérans et des recrues

Le gérant de l'équipe nationale cubaine, Roger Machado, se targue d'avoir amené avec lui un bon mélange de vétérans et de recrues pour sa tournée de la Ligue Can-Am. Au monticule, il indique que ses meilleures munitions sont les vétérans Yosvany Torres, Freddy Alvarez et Vladimir Garcia, qui est dans l'oeil de plusieurs dépisteurs des ligues majeures, sans oublier les jeunes Dachel Duquesne et Livan Moinelo. «Il a beaucoup de potentiel», avance-t-il en parlant de Moinelo. Au bâton, il parle de Yoelvis Fiss, 36 ans, et qui compte plus de 200 circuits en carrière, et d'un quatuor de jeunes joueurs qui pourraient causer des dommages surtout en raison de leur vitesse : les voltigeurs Lazaro Ramirez, Luis Robert et Julio Paulo Martinez et le joueur de champ intérieur Guillermo Aviles, considéré par plusieurs dépisteurs comme le plus bel espoir du baseball cubain à ne pas avoir encore quitté l'île.

Plusieurs dépisteurs attendus

Le président des Capitales, Michel Laplante, s'attend à ce que les dépisteurs d'au moins une quinzaine des équipes des ligues majeures assistent aux parties de l'équipe nationale cubaine contre les formations de la Ligue Can-Am. «Après 19 parties jouées, les gars vont terminer avec 80 présences au bâton. C'est du jamais-vu, car normalement les dépisteurs doivent les évaluer dans de courts tournois lors desquels ils ne vont au bâton que 16 à 20 fois», explique Laplante, qui croit même que plusieurs des dépisteurs assisteront à toutes les parties de l'équipe nationale cubaine. Le président des Capitales n'ose toutefois pas s'avancer à savoir combien des joueurs présents sont du calibre des ligues majeures. «Il y a encore des gars qui frappent ,340, mais le niveau des lanceurs a diminué. On pourra en avoir une meilleure idée après la tournée.»

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