Relever le défi fraternel

Jordie Benn (au centre) et son frère Jamie... (Photothèque Le Soleil)

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Jordie Benn (au centre) et son frère Jamie (à droite) ont toujours évolué dans la même organisation; c'était avant que le premier soit échangé au Canadien le 27 février. Les deux frères attendent le match de mardi soir avec fébrilité, eux qui seront adversaires pour la toute première fois.

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(Montréal) Jordie Benn a toujours joué pour la même organisation que son frère Jamie. De deux ans son aîné, le défenseur du Canadien s'est aligné à ses côtés à chaque occasion qu'il a eue. Il n'y a qu'à la patinoire du coin ou au hockey bottine où ils n'ont pas été coéquipiers.

Il en a été ainsi jusqu'au 27 février dernier lorsque les Stars de Dallas l'ont échangé au Canadien en retour de Greg Pateryn. Depuis, Jordie Benn s'épanouit dans un environnement où il est désormais autre chose que le frère d'une vedette.

Alors que le Tricolore reçoit la visite des Stars mardi soir au Centre Bell, c'est avec fébrilité que les deux frères attendent leur tout premier face-à-face à vie.

«Ma mère va être un paquet de nerfs», prévoit l'arrière du Tricolore, qui ignore derrière quelle équipe se rangeront leurs parents.

Même s'il a hâte à ce match, le barbu rouquin donne dans l'autodérision quand vient le temps d'imaginer de quoi cette confrontation pourrait avoir l'air.

«Dès qu'il va sauter sur la glace, on risque de me crier de rentrer au banc!» a-t-il lancé, sachant à quel point Jamie est une menace constante sur la glace.

Les frères Benn ont maintenu un contact presque quotidien depuis que Jordie a quitté Dallas. Jamie est probablement l'un de ses plus grands fans.

«Je regarde presque tous ses matchs quand on ne joue pas, ça me donne quelque chose à faire, confirme le capitaine des Stars. C'est rendu que je suis le Canadien sur Twitter! Je suis content pour lui, il est dans un très bon endroit. Le Canadien est une organisation de premier ordre et forme une très bonne équipe. Il joue bien, et je suis content qu'il se soit bien intégré.»

21 duos et 1 trio

Il y a cette année dans la Ligue nationale 21 duos de frères, en plus des trois frères de la famille Staal. D'une famille à l'autre, les matchs opposant deux frères sont vécus différemment.

Mark et Michael Stone, par exemple, gardent surtout le souvenir de deux séries éliminatoires qui les ont confrontés à l'époque où ils jouaient dans la Ligue junior de l'Ouest.

«Avec le temps, il est devenu un joueur parmi tant d'autres», admet Mark, l'excellent ailier des Sénateurs d'Ottawa.

Mais l'attaquant des Red Wings de Detroit, Drew Miller, lui, chérit le souvenir de la première fois qu'il a affronté son frère Ryan, aujourd'hui gardien des Canucks de Vancouver.

«Ç'avait été une grosse affaire, dit-il. Étant donné qu'il est plus vieux que moi, je n'avais jamais eu l'occasion de jouer avec lui ou de l'affronter dans les rangs inférieurs. C'était surréaliste.»

Les Miller n'ont pas souvent eu l'occasion de jouer l'un contre l'autre. Les Wings évoluaient dans l'Association de l'Ouest quand Ryan était à Buffalo et ont transféré dans l'Est tout juste avant que le gardien soit échangé aux Blues de St. Louis.

«Mes parents habitent au Michigan et vivent à l'heure de l'Est, et mon père croyait en avoir fini avec les matchs dans l'Ouest, raconte Drew en souriant. Sauf que Ryan a ensuite signé avec les Canucks de Vancouver...

«Pour nous, le fait de s'affronter signifie qu'on a l'occasion de se voir. La possibilité de souper avec lui la veille du match et de passer du temps avec lui signifie beaucoup plus pour moi que la confrontation sur la glace. On ne se voit pas souvent.»

Ce n'est donc pas surprenant que les frères Benn aient fait des plans pour souper ensemble, lundi. «C'est lui qui va ramasser la facture, a averti Jamie. Je ne connais pas les bons restos de Montréal, alors il est mieux de m'amener dans un bon endroit!»

Étrange dynamique

Jordan Staal, des Hurricanes de la Caroline, a un frère au Minnesota (Eric) et un autre à New York (Marc). Plus tôt dans sa carrière, lorsqu'il portait l'uniforme des Penguins de Pittsburgh, il trouvait étrange de se retrouver face à face avec Eric au cercle de mise en jeu. Il a souvent été chargé de le neutraliser, en particulier en séries éliminatoires.

«Ça rendait ça un peu plus difficile, car l'enjeu était élevé, se souvient Jordan. Tu sais qu'à la fin, un des deux sera vraiment contrarié.

«Eric est peut-être un peu plus sérieux tandis que Marc peut me dire des trucs rigolos. C'est toujours drôle d'entendre leur voix sur la patinoire. On sait exactement quoi dire pour se picosser. C'est une dynamique étrange, mais très plaisante.»

Ryan Miller, lui, a beau être l'un des gardiens les plus loquaces devant les micros, il est beaucoup moins jasant dans le feu de l'action.

«Il n'y a peut-être qu'une occasion ou deux où il m'a poussé une petite remarque, mais ce n'est pas pareil quand la confrontation oppose un attaquant à un gardien», explique Drew. 

Dans le cas des frères Benn, il s'agira d'un attaquant et d'un défenseur. «Je pense à Brendan Smith qui était défenseur pour nous et dont le frère Reilly est un attaquant en Floride; ils ont eu des contacts physiques que je n'ai pas vraiment avec mon frère.»

À ce sujet, Jordan Staal confirme le plaisir de se mesurer à Marc, qui est défenseur chez les Rangers de New York. «Avec un défenseur, tu peux batailler dans un coin et ça rend les soirées intéressantes, explique-t-il. C'est très cool de le faire à ce niveau-ci, il n'y a aucun doute. Je suis sûr que Jordie et Jamie le ressentiront aussi.»

Les mises en échec sont toutefois susceptibles d'assombrir les retrouvailles. En février 2011, la famille Staal a été ébranlée par une sérieuse mise en échec qu'avait administrée Eric à Marc. Ce dernier, victime d'une commotion cérébrale, avait mis des mois à s'en remettre, ne renouant avec la compétition qu'au mois de janvier suivant.

«Ce genre de chose peut arriver dans un sport aussi rapide, tempère Jordan Staal. Tu n'as pas toujours le temps de réaliser que c'est ton frère. On n'est pas là pour s'entretuer, mais on veut aussi jouer comme on sait le faire...»

Ruff satisfait du jeu de Pateryn

Greg Pateryn, que le Canadien a échangé aux Stars de Dallas en retour de Jordie Benn, a été laissé de côté à cinq reprises au cours des sept premiers matchs suivant son acquisition par les Stars, le 27 février. Depuis, il a depuis participé aux cinq dernières rencontres de l'équipe, jouant entre autres tout près de 20 minutes face aux Sharks de San Jose, vendredi. «Greg a joué du hockey solide pour nous, a commenté l'entraîneur-chef Lindy Ruff. J'ai toujours pensé que ça prenait quelques matchs à un joueur pour connaître ses nouveaux coéquipiers et se sentir à l'aise. Mais quand je regarde ses trois derniers matchs, j'ai envie d'utiliser l'expression solide comme le roc. Il a été très efficace sans la rondelle et s'est impliqué dans certaines chances de marquer. Il m'a impressionné par son jeu.»




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