Steve Ott, agent provocateur

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Steve Ott (à droite) que sa famille, ses amis et ses coéquipiers connaissent est un homme souriant et déterminé à avoir du plaisir dans la vie.

La Presse, Simon Giroux

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Marc-Antoine Godin
La Presse

(Montréal) Acquis par le Canadien à la date limite des transactions, l'attaquant Steve Ott est un agitateur notoire qui n'a laissé personne indifférent en 15 ans de carrière dans la LNH. Un caillou dans le soulier des autres équipes, parfois un électron libre pour sa propre formation, il est l'une des personnalités les plus intéressantes du hockey.

L'emmerdeur

Si vous tapez «Steve Ott is» sur Google, le moteur de recherche complète en vous proposant a rodeo clown. Voilà ce qu'Internet pense du nouvel attaquant du Canadien.

Pourtant, il suffit de passer quelques minutes avec le patineur de 34 ans pour découvrir l'un des joueurs les plus affables et sympathiques de la Ligue nationale. «Cette perception que les gens ont de moi n'est pas la vérité», soutient celui qui est devenu au fil des ans un agitateur de classe mondiale.

«Je suis juste un gars qui veut avoir du bon temps. Je me moque des trolls. Cela dit, j'adore être celui qu'on déteste parce que si j'arrive à déranger de façon viscérale, c'est que j'ai fait mon travail.»

Il y a le Steve Ott que sa famille, ses amis et ses coéquipiers connaissent : un homme souriant et déterminé à avoir du plaisir dans la vie. Et il y a le Steve Ott sur la patinoire, dont le sourire prend une signification autrement plus irritante.

Il n'arrête jamais. Il crie des bêtises à l'adversaire, dérange le gardien, applique des mises en échec parfois douteuses, lèche la visière d'un opposant, utilise son bâton de façon créative... Autant que possible, il veut faire sortir l'autre équipe de ses gonds.

Dimanche soir à Edmonton, ç'a été le tour de Zack Kassian d'être parmi ses cibles. Les caméras de télé l'ont intercepté en train de se moquer de l'attaquant des Oilers et de ses yeux exorbités. Du bonbon! «On se connaît, on vient tous les deux de Windsor, a-t-il confié après le match. Mais je vais le déranger comme je dérange tous les autres. Ça fait partie des plaisirs du hockey!»

Mais le plaisir n'est pas toujours réciproque. Surtout que personne n'est à l'abri de ses facéties - pas même les meilleurs joueurs. «J'ai une règle : je cherche toujours à atteindre le roi et jamais le pion. Pourquoi aller vers ceux qui dérangent comme moi et ne pas aller vers les meilleurs joueurs de l'autre équipe? Ce faisant, je mets 20 gars en beau fusil au lieu d'un seul.»

Pour que son nom en vienne à être cité auprès des Darcy Tucker, Claude Lemieux, Matthew Barnaby et Ken Linseman, il a fallu que Steve Ott se fasse une idée précise de son travail d'emmerdeur professionnel.

«J'ai toujours vu mon rôle comme étant autre chose que du verbiage, explique-t-il. Mon premier mandat, c'est de confronter l'adversaire et le forcer à être compétitif. C'est donc de jouer de façon robuste et d'avoir constamment la pédale au fond. Et c'est quand je sens que l'adversaire abandonne que les commentaires embarquent. Je l'ai usé en lui faisant perdre ses batailles à un contre un; ensuite, je l'achève avec mes paroles. C'est de cette façon que je suis un agitateur.»

Le valeureux

Steve Ott est le fils d'un couple de militaires qui a servi durant 25 ans dans l'armée canadienne. Sa mère était une sergente qui s'occupait d'un dépôt d'armes tandis que son père était un officier chargé d'une flotte d'hélicoptères.

A priori, il peut sembler étonnant que des gens oeuvrant dans un milieu où la discipline est primordiale aient élevé un joueur de hockey qui n'est pas exactement reconnu pour sa discipline sur la glace!

«C'est aussi un milieu de compétition qui se nourrit de passion, de désir et d'engagement, rappelle Ott. Mon père m'a poussé à la limite quand j'étais jeune. La discipline était toujours au rendez-vous et il fallait que mes notes à l'école le soient aussi. Mais, mes parents m'ont toujours laissé le feu que j'avais... peut-être parce que ça ne s'enseigne pas.»

Son meilleur coup pendable

Steve Ott a multiplié les coups pendables au cours de sa carrière. Celui dont il est le plus fier demeure le coup de la «Nisky Mobile».

En 2007, le jeune défenseur des Stars de Dallas, Matt Niskanen, s'était pointé au camp d'entraînement au volant d'une vieille Pontiac Sunfire grise. Ott ainsi que le gardien Marty Turco jugeaient qu'elle avait besoin d'une valeur ajoutée.

«On a fait comme dans l'émission Pimp my Ride et on l'a complètement transformée», dit le vétéran en rigolant.

Pendant que les Stars étaient en voyage dans l'Est, la voiture de Niskanen a été empruntée à l'aéroport et remontée à son insu : un tout nouvel intérieur, une nouvelle chaîne stéréo, de nouvelles jantes et surtout une apparence criarde.

La Nisky Mobile avait été repeinte en noir et blanc, le logo des Stars avait été apposé sur le capot et un gros numéro 5 peint en vert agrémentait la porte du conducteur.

Difficile de manquer aussi le «GO STARS GO» sur le pare-brise!

C'était trop gênant pour que Niskanen la conduise. Il s'est acheté un nouveau véhicule.

Mais autant la camaraderie se nourrit de moments espiègles, autant elle se décline dans des moments plus graves qu'il faut pouvoir saisir.

L'an dernier, chez les Blues de St. Louis, l'ancien capitaine David Backes a mené son équipe en finale d'association, mais a bien failli ne pas être en mesure de terminer la série. Il allait déclarer forfait en vue du cinquième match en raison d'une blessure. Mais Ott, qui aurait réintégré l'alignement si Backes n'avait pas joué, ne l'entendait pas ainsi.

«Il y a ce petit truc que j'utilisais pour traiter ma jambe. Je suis arrêté chez lui pour le lui donner. Je lui ai dit : «je veux que tu joues; ça va t'aider à tenir le coup». On avait besoin de lui. Ça m'a sorti de l'alignement ce soir-là, mais il nous donnait la meilleure chance de gagner. Rendu à ce point-là des séries, il faut absolument se donner la meilleure chance de gagner, peu importe qui on est.»

Le soir de l'élimination des Blues, ému aux larmes, Backes a rendu hommage à son coéquipier.

Le respect avant tout

Partout où il est passé, Steve Ott a été aussi apprécié de ses coéquipiers que détesté de ses adversaires. «Je me suis déjà battu avec Nathan Beaulieu, j'ai eu des démêlés avec Shaw, avec Gallagher, avec Weber... Mais j'ai toujours respecté ceux avec qui je me frottais et je pense que c'est la même chose pour eux. Ce respect-là est d'usage dans la LNH. Et ça ne change pas quand tu affrontes ton ancienne équipe. Tes ex-coéquipiers s'attendent à ce que tu pratiques ton style de jeu parce que c'est ton travail, ta façon de gagner ta vie.»




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