Kapitan Pacioretty

Max Pacioretty (67) et le gardien Carey Price... (Photothèque Le Soleil)

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Max Pacioretty (67) et le gardien Carey Price en compagnie de trois membres de la «filière russe» du Canadien : Andrei Markov, Alex Galchenyuk et Alexander Radulov.

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(Montréal) Mikhail Sergachev avait beau arriver au camp du Canadien avec le statut de jeune prodige, fraîchement repêché au neuvième rang, il était intimidé par un vestiaire rempli de joueurs de la Ligue nationale. «J'étais parfois gêné de parler aux vétérans parce que je venais d'arriver. Puis, tout d'un coup, il m'a lancé quelque chose en russe! J'ai vite vu qu'il était facile d'approche.»

«Il», c'est Max Pacioretty. Les langues ont cette capacité d'unir les gens. Et si le capitaine du Canadien ne parle pas couramment le russe, il en a suffisamment appris auprès de sa femme, Katia Afinogenova, pour mettre à l'aise son jeune coéquipier pendant son passage à Montréal.

En Russie, Sergachev avait également côtoyé à quelques reprises Maxim Afinogenov, l'ancien joueur des Sabres qui est aussi le beau-frère de Pacioretty. C'était une autre porte ouverte pour le jeune homme.

«Il ne le parle pas beaucoup. Mais comme sa femme est russe, il connaît quelques mots, surtout les mauvais!» rigole Alex Galchenyuk, américain de naissance, mais qui fait partie de la «filière russe» du CH, si on se fie à son compte Instagram. Sergachev (avant son renvoi dans le junior), Andrei Markov, Alexei Emelin et Alexander Radulov apparaissent souvent ensemble dans les publications du numéro 27.

«Étant donné qu'une partie de sa famille est russe, c'est bien, on peut parler de plusieurs choses. En plus, il est déjà allé à Moscou», se réjouit Radulov.

Pacioretty a aussi ses moments avec ses coéquipiers russes, même s'ils ne sont pas documentés sur les réseaux sociaux. «Je joue parfois aux cartes avec eux à la table des Russes. Ils jouent à un jeu russe auquel j'ai joué avec ma belle-famille, je n'en donnerai pas le nom, car c'est un mot un peu vulgaire, mais ça signifie "idiot". Le perdant hérite de ce surnom. Je n'étais pas très bon au début, car je m'y connaissais peu. Mais quand je ne joue pas, ils se liguent tous contre Chuckie [Galchenyuk]!»

De ce qu'il a connu par l'entremise de sa belle-famille, Pacioretty a mordu à fond dans la culture russe. «Ils sont traditionnels et j'aime vraiment cet aspect de leur culture. C'est la famille en premier. Mon beau-frère joue encore dans la KHL. Il m'a raconté que chaque jour, en arrivant à l'aréna, tout le monde se serre la main : les entraîneurs, les joueurs, la direction.

«C'est très vieux jeu, mais c'est tellement logique. Chaque jour, il peut y avoir des dissensions, des conflits. Ce n'est pas parfait. Mais tu mets ça de côté pour l'équipe et tu repars la journée sur de nouvelles bases. Je ne dis pas qu'on devrait tous se serrer la main chaque jour, mais vous comprenez l'idée!»

Dans le sauna avec son beau-père

L'influence russe touche Pacioretty autant dans sa vie de hockeyeur que dans son quotidien. Sa relation avec Katia l'a mené en Russie deux fois et il y est allé une troisième fois pour les Jeux de Sotchi. La première fois, il s'attendait au chaos. «Je sais que tu fais partie des médias, mais je jette le blâme sur les médias pour cette fausse perception», lance-t-il.

Il y a plutôt découvert une culture qu'il a vite épousée. Littéralement! «Le sauna est un gros rituel pour eux, ils appellent cela "le bania"», cite-t-il en exemple. «J'y ai été pour la première fois avec mon beau-père, qui ne parle pas vraiment anglais. En fait, personne là-bas ne parle anglais! Donc, c'était lui et moi, à manger toute la journée, à rentrer et sortir de l'eau. Il me fouettait avec des branches d'arbre [de bouleau]. Je n'en raffolais pas avant, mais maintenant, je suis là-dedans tous les jours!»

À Montréal, les deux enfants de Pacioretty, Lorenzo et Maximus, fréquentent quant à eux une garderie... russe! «C'est important pour moi que ma femme enseigne à nos enfants d'où elle vient, comment elle a grandi. Dans la vie, tu pars avec une longueur d'avance quand tu es capable de parler deux langues. De plus, elle a beaucoup d'amis russes, avec les conjointes de tous les Russes dans l'équipe. Ça me permet d'avoir un lien avec eux. Chaque jour est excitant. Ils ont leurs rituels et je commence à y participer moi aussi.»

Une belle folie

Andrei Markov, Alexander Semin, Alex Kovalev, Vladimir Malakhov, Andrei Kovalenko... Au fil des années, la Russie a fourni au Canadien de bien drôles d'individus, bien différents au demeurant. C'est sans compter les frères Andrei et Sergei Kostitsyn, de la Biélorussie voisine. La présence de ces drôles de moineaux a certainement entretenu une certaine aura de mystère autour des joueurs qui viennent d'un coin de la planète que peu de Nord-Américains connaissent bien. Max Pacioretty lui-même admet qu'il avait ses idées préconçues.

«Je pensais que les Russes étaient un peu fous. Et ils le sont, mais d'une façon positive!» assure celui qui est marié avec une Russe. «Je me souviens de ma première rencontre avec la famille de Katia. J'ai voulu serrer la main de son père et il m'a enlacé tellement fort. Il m'a dit qu'il ferait n'importe quoi pour moi et il me le répète chaque fois que je le vois. C'est vrai que la culture est différente et on peut y voir des choses folles. Mais en tant qu'Américains, on a beaucoup tendance à porter des jugements. J'étais arrivé là-bas avec des idées préconçues, mais je suis revenu l'esprit ouvert. Le pays est fou, mais les gens sont bien intentionnés.»

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