St. Louis a le blues de Muller

Les joueurs des Blues de St. Louis, Vladimir... (Photothèque Le Soleil)

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Les joueurs des Blues de St. Louis, Vladimir Tarasenko (91) en tête, ont adoré profiter des conseils de Kirk Muller qui était l'adjoint de Ken Hitchcock (à gauche) avant d'accepter l'offre du Canadien.

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(Toronto) Vladimir Tarasenko avait hâte de conclure son point de presse avec les journalistes russes. Ses réponses étaient courtes et peu enthousiastes. Mais lorsqu'on s'est approché pour qu'il commente le départ de Kirk Muller, qui a quitté les Blues de St. Louis au profit du Canadien, son visage s'est illuminé.

«Je tiens à dire que je suis fier d'avoir pu travailler avec lui au cours des deux dernières années», a dit le Russe de 24 ans en avançant vers le magnétophone, comme s'il faisait une déclaration officielle. «Je veux souhaiter bonne chance à Kirk à Montréal», a ajouté le Russe, auteur de 40 buts la saison dernière.

Tarasenko a perdu plus qu'un entraîneur. Il a perdu une personne-ressource qui a facilité son adaptation à l'environnement nord-américain. «C'est un gars qui était toujours disponible pour répondre aux questions, surtout les miennes. J'avais des questions sur le hockey, sur la vie, sur tout, et il a été plus qu'un entraîneur pour moi. C'est pratiquement devenu un ami. Il m'a tellement aidé...»

C'est de cette façon que Muller a le plus fait sa marque depuis son arrivée derrière les bancs de la LNH : en nourrissant un bon contact avec ses joueurs. On l'avait déjà vu à son premier passage à Montréal. Il a conservé cette nature une fois devenu entraîneur-chef avec les Hurricanes de la Caroline, en 2011. À l'époque, il s'était promis de ne jamais devenir le genre d'entraîneur qui s'enferme dans son bureau. Il était conscient que les plus jeunes joueurs veulent sans cesse plus d'informations et qu'ils réclament une communication qui n'est pas à sens unique.

«C'est un entraîneur pour qui tous les joueurs aimaient jouer», se souvient le défenseur slovaque Andrej Sekera, qui a connu en 2013-2014 sa meilleure saison offensive en carrière, avec 11 buts et 44 points en 74 matchs, dans l'uniforme des Hurricanes. «C'était un gars raisonnable. Il était très bon avec nous, il nous laissait jouer au hockey, et j'ai beaucoup aimé jouer sous ses ordres.»

Dans l'ombre de Hitchcock

À St. Louis, Muller avait été embauché comme adjoint à Ken Hitchcock neuf jours seulement après avoir été remercié par les Hurricanes. À sa première saison, il cherchait quelque peu sa place dans l'ombre de l'entraîneur-chef. À sa deuxième campagne, il s'est toutefois encore plus impliqué.

«C'est en partie en raison des joueurs», explique l'ancien capitaine David Backes, qui a signé un contrat en tant que joueur autonome avec les Bruins de Boston cet été. «On lui a dit : "Tu as joué pendant des années, tu es aussi connaissant et aussi crédible que n'importe quel entraîneur dans la salle des entraîneurs, et on veut savoir ce que tu as en tête, car tu as probablement raison de toute manière. Les gars vont t'écouter. C'est ce qu'il a fait, et ça nous a rendus meilleurs.»

Une offre fort avantageuse

Selon une source proche de Muller, le Canadien aurait pris contact avec lui après la saison avec une offre fort avantageuse, autant sur le plan salarial que des responsabilités qui lui incomberaient. Geoff Molson lui-même serait intervenu. Ils lui auraient toutefois laissé peu de temps pour décider s'il acceptait ou non l'invitation.

Le retour de Muller après un exil de cinq ans risque d'avoir un effet positif sur l'avantage numérique du CH. Sans lui, l'avantage numérique du CH a glissé du deuxième au 26e rang de la LNH, alors que celui des Blues grimpait au deuxième échelon sous sa gouverne.

Qu'est-ce qui a rendu l'attaque à cinq des Blues efficace? «Nous avions une structure en place, mais il était prêt à laisser nos habiletés et notre capacité à fabriquer des jeux s'exprimer à l'intérieur de cette structure-là», répond le défenseur Alex Pietrangelo. «Je pense que c'est la raison pour laquelle j'ai autant aimé travailler avec lui.»

Jay Bouwmeester assistait à toutes les réunions de supériorité numérique, même si on faisait très rarement appel à lui dans cette situation. «Il était très bon pour dire exactement ce qu'il attendait de ses unités», estime l'arrière de 32 ans. «Il tenait compte des commentaires des joueurs quand nous faisions des suggestions. De nos jours, c'est une attitude que les entraîneurs se doivent d'avoir. Nous ne sommes plus à l'époque de : "C'est ma manière ou c'est rien". Dans le grand ordre des choses, ça ne fait pas si longtemps qu'il a cessé de jouer. Il a vu que le message, de nos jours, n'est plus transmis de la même manière...»

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