William Bitten: du badminton au hockey

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William Bitten, à droite, a été jumelé à Nikita Scherbak lors du match simulé de mardi au camp de développement du Canadien de Montréal.

La Presse, Robert Skinner

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(Montréal) Doris Piché fêtera bientôt le 20e anniversaire de sa dernière présence aux Jeux olympiques, à Atlanta. Mais elle demeure une redoutable joueuse de badminton.

La famille organise parfois des matchs de double. D'un côté, Doris Piché et son mari, Mike Bitten, lui aussi ancien athlète olympique en badminton. De l'autre, l'espoir du Canadien William Bitten et son petit frère Samuel.

«Nos parents gagnent tout le temps!» lance William Bitten, rencontré lundi au camp de développement du Canadien à Brossard.

«C'est sûr qu'on les bat, on a plus d'expérience dans notre chapeau! s'exclame Doris Piché au bout du fil. «Ils sont plus rapides que nous, mais on a plus de technique.»

Plus jeune, William Bitten était un athlète polyvalent. «J'ai joué au badminton compétitif jusqu'à l'âge de 13-14 ans», confie le choix de troisième tour du Tricolore au dernier repêchage. «Je jouais aussi au soccer et au golf. À un moment donné, j'ai dû faire un choix.»

«Je voyais la passion de mes enfants pour le hockey, et la reconnaissance qu'ils obtenaient», ajoute Doris Piché, au sujet du choix fait par son fils. «Moi, il aurait fallu que j'aille en Europe et en Asie pour me développer. Oui, j'ai été dans les 16 meilleures au monde, mais c'était plus difficile ici vu qu'on n'était pas en Europe ou en Asie.»

On entend souvent des intervenants parler de l'importance, dans le développement d'un joueur de hockey, de pratiquer un deuxième sport. Bitten, lui, estime justement que ses années à jouer au badminton l'ont beaucoup aidé.

«C'est très bon pour la coordination [oculo-manuelle], explique le Franco-Ontarien. Ça m'aide donc à marquer des buts sur des déviations. Le badminton est vraiment un sport rapide et ce n'est pas facile de bien frapper le volant, les gens ne le réalisent pas! Et c'est bon aussi pour le cardio.»

«Le badminton est la meilleure chose pour développer la coordination, l'agilité et pour se tenir en forme, estime Doris Piché. Au hockey, quand tu joues un match, tu fais 10 minutes de cardio en une heure. Ce n'est pas beaucoup. Moi, j'étais forte sur le cardio.»

Les valeurs aussi

Doris Piché a participé aux Jeux olympiques de 1992 à Barcelone (et simple et en double) et de 1996 à Atlanta (en simple). Mike Bitten était de ceux de 1992, en double. C'est d'ailleurs en s'entraînant avec l'équipe canadienne à Calgary qu'ils sont tombés amoureux l'un de l'autre.

Ni l'un ni l'autre n'a gagné de médaille olympique. Mais des athlètes qui ont atteint la scène olympique ont certainement du vécu à transmettre. Et si le monde du badminton amateur est à des années-lumière de celui du hockey professionnel, les parents estiment tout de même que leur expérience sert aujourd'hui leurs enfants.

«Je pense que je lui ai transmis l'humilité», estime la dame originaire de La Sarre, en Abitibi. «C'est un trait de personnalité très fort chez William. Et être capable de recevoir le coaching. Le bon comme le mauvais, tu le prends et tu t'améliores. Plusieurs enfants ne sont pas capables de l'accepter. Les parents ne sont pas capables de dire quoi que ce soit à leurs enfants, et quand ils le font, les enfants le prennent comme une critique. Pas nous. Si tu n'acceptes pas le coaching, change de sport, car tu ne pourras pas t'améliorer.»

Il y a eu l'attitude, mais il y a aussi eu les sacrifices à faire... «Pour inscrire chacun de nos deux gars [William et son petit frère, Samuel] au hockey compétitif, ça coûtait 7000 $ par année, c'était cher. On voulait qu'ils aient accès à du power skating, aux bons cours. On ne connaît pas tout, mais on connaît l'entraînement. Moi, j'ai connu ça, m'entraîner cinq heures par jour pour me rendre où je me suis rendue.»

Jusqu'ici, les sacrifices faits par la famille rapportent. Fort d'une saison de 65 points en 67 matchs à Flint, dans la Ligue junior de l'Ontario (OHL), William Bitten a été le 70e joueur réclamé au dernier repêchage. Et voici qu'il est le plus jeune des 45 joueurs invités au camp de développement du CH, l'équipe préférée de la famille. «J'étais présente dimanche, et j'étais émue de le voir avec le chandail du Canadien», avoue Doris Piché.

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