Le père de Subban n'en veut pas au Canadien

P. K. Subban (deuxième à partir de la droite)... (Photothèque Le Soleil)

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P. K. Subban (deuxième à partir de la droite) et toute sa famille s'étaient rendus à Las Vegas la semaine dernière pour la remises des trophées de la LNH. Son père, Karl (à gauche), ne tient pas rigueur au Canadien d'avoir échangé son fils, comprenant l'aspect business du sport professionnel.

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(Montréal) Karl Subban venait tout juste de terminer sa marche de santé quand il a répondu à l'appel de La Presse. «Il y avait pas mal de côtes! Mais ma pression est bonne. Je fais ma marche tous les jours!» lance le père de P. K. Subban, dans sa bonne humeur habituelle.

C'était à peine une heure après l'annonce de la transaction qui envoyait son fils aux Predators de Nashville. Le commun des mortels aurait pu croire qu'un père qui aimait tant le Canadien (il était partisan de l'équipe avant même que P. K. soit repêché) n'était pas encore au fait de la transaction, et n'avait simplement pas regardé son téléphone pendant sa séance d'exercice.

Mais c'est mal connaître la famille Subban. Une chose que l'on entendait souvent dire au sujet de P. K. Subban, c'est qu'il était «teflon». Un événement malheureux, un contretemps étaient vite oubliés.

C'est pourquoi Karl Subban était déjà rayonnant au sujet de la transaction. «J'ai appris que le hockey est une business, a répondu le patriarche. Les dieux du hockey ont été bons avec P.K. Il a eu son cadeau de jouer à Montréal. Aujourd'hui, c'est le Boxing Day. On passe à autre chose.»

Le rêve du fils, Karl Subban l'a un peu vécu par procuration, depuis ce 23 juin 2007, jour où le Canadien a repêché le futur numéro 76. «Je me souviens de Trevor Timmins [le directeur du recrutement], qui était venu nous rencontrer, la famille, chez nous. Je me souviens de Guy Carbonneau, qui était venu nous parler à Columbus», énumère-t-il.

Un citoyen d'abord

À plusieurs reprises, Karl Subban se sent obligé de répéter qu'une transaction n'a rien de personnel, que le hockey est une business. Mais quand un joueur capable d'en faire autant sur la patinoire qu'à l'extérieur de la patinoire est échangé, n'est-ce pas justement une décision «personnelle»?

«Non, je ne crois pas, plaide-t-il. On ne peut pas dire à quelqu'un comment gérer son entreprise. J'ai travaillé pour une commission scolaire pendant 30 ans. Je ne leur disais pas quoi faire. Mais nous n'avons pas de regret. P. K. m'a déjà dit : «Je ne veux pas être un joueur de hockey, je veux être un citoyen.» Oui, il aurait aimé terminer son contrat à Montréal. Mais c'est une business, et il y a 30 équipes.

«Je sais que les partisans seront déçus, car P. K. a fait une différence là-bas. Je souhaite maintenant qu'il laisse sa marque à Nashville. Je suis fier de ce qu'il a accompli sur la patinoire et à l'extérieur jusqu'ici. Et il peut encore accomplir beaucoup.»

Malgré la transaction, Karl Subban - le partisan - prévoit demeurer fidèle au Canadien. Mais il devra évidemment partager ses allégeances avec Nashville et avec les Bruins de Boston, où joue son fils Malcolm. Et peut-être un jour les Canucks de Vancouver, si le plus jeune de la famille, Jordan, se taille une place avec le grand club.

«Je suis d'abord un père, mais Montréal aura toujours une place dans mon coeur. Regardez ce que l'équipe a fait pour notre famille! Vous pouvez l'écrire, je ne me débarrasserai jamais de mon chandail du Canadien!»

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