Le repêchage, une science qui se précise

Patrick Poulin a dirigé son fils Samuel au... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Patrick Poulin a dirigé son fils Samuel au Tournoi international de hockey pee-wee, alors que ce dernier défendait les couleurs de l'Armada de Blainville-Boisbriand.

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La Presse

(Montréal) À moins d'une transaction, le Canadien parlera au neuvième rang, vendredi, à Buffalo. Et quand Trevor Timmins s'amènera sur le podium pour nommer l'heureux élu, il souhaitera de meilleurs résultats que la dernière fois que le Tricolore a parlé à cette position.

Remarquez que le CH d'aujourd'hui a d'importantes ressources à sa disposition. L'équipe compte 13 dépisteurs amateurs, dont 9 seulement en Amérique du Nord, chapeautés par le dépisteur en chef Shane Churla et l'adjoint au directeur du recrutement amateur, Frank Jay. Tout ce beau monde répond de Trevor Timmins, vice-président, personnel des joueurs et recrutement amateur.

Et doit-on rappeler que les 15 employés sous Timmins peuvent se concentrer strictement sur le recrutement amateur, puisque le Tricolore emploie aussi cinq recruteurs professionnels? Ajoutez Marc Bergevin, ses adjoints Larry Carrière et Scott Mellanby, de même que le vice-président aux opérations hockey, Rick Dudley, et vous avez là une armée de décideurs.

En 1975, la seule autre fois où Montréal a eu droit au neuvième choix, le personnel de recruteurs du Canadien était composé de cinq membres, sous la direction de Ronald Caron, surnommé le Prof Caron : Roger Bédard, Eric Taylor, Doug Robinson, Richard Scammell et Dale Wilson. Ces cinq braves hommes devaient sillonner les quatre coins de l'Amérique du Nord, à la recherche de la perle rare.

Échec total

Le 3 juin 1975, le Tricolore arrêtait son choix sur Robin Sadler, un défenseur originaire de Vancouver qui venait de connaître une fructueuse saison de 93 points avec les Oil Kings d'Edmonton.

Sadler n'a jamais disputé un seul match dans la LNH. Selon les données de HockeyDB, il a ensuite joué en Suède, en Autriche et aux Pays-Bas, et a eu droit à un essai avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, dans la Ligue américaine.

Dans un article du 4 juin 1983, le collègue Michael Farber racontait son histoire dans The Gazette. Après un match préparatoire au camp d'entraînement de 1975, Sadler aurait tout simplement annoncé au Prof Caron qu'il rentrait à la maison. Sa saison junior à Edmonton avait peut-être été productive, mais il n'était plus heureux dans le hockey.

Selon Farber, Sadler renonçait alors à un contrat de trois ans, d'une valeur de 240 000 $, et avait même remis son généreux boni à la signature! «Je ne m'amusais plus à cette époque, avait dit Sadler. C'était devenu trop sérieux. Si vous avez un loisir et que ça devient ensuite votre travail, c'est possible que vous n'en tiriez plus le même plaisir. C'est dommage de gâcher ce que vous aimez. C'est une question de valeurs. L'argent, ça m'est égal.»

Sadler disait pourtant avoir apprécié son passage à Montréal, le temps d'un camp d'entraînement. «Des gars comme Guy Lapointe et Doug Risebrough m'ont vraiment bien traité, assurait-il. Mais j'ai réalisé que je recommençais à me sentir comme lors de mon année junior à Edmonton.»

Au tour de Poulin

Seize ans après Sadler, au repêchage de 1991, c'était au tour des Whalers de Hartford de parler au neuvième rang. Et ils ont jeté leur dévolu sur Patrick Poulin, le meilleur espoir québécois de cette cuvée. Poulin est le seul Québécois à avoir été repêché au neuvième rang au cours des 40 dernières années.

«Dans ce temps-là, il n'y avait pas de combine, rappelle Poulin. La semaine avant le repêchage, on avait des rencontres avec les équipes. Moi, c'était à Buffalo. Avant ça, je ne me souviens pas d'avoir rencontré qui que ce soit. Aujourd'hui, les recruteurs rencontrent les gars pendant la saison.

«Les Whalers y ont donc été avec ce qu'ils ont vu. Ils m'avaient rencontré une seule fois en personne, et c'était lors de la semaine du repêchage. La rencontre avait duré une vingtaine de minutes. Il y avait le directeur général et les recruteurs. Il y avait beaucoup de questions spécifiques sur ma personnalité et ils posaient des questions un peu psychologiques. Ils me parlaient aussi de mon jeu, mais là-dessus, ils me connaissaient déjà.»

Les statistiques de fiston

Les équipes faisaient plus leurs devoirs en 1991 qu'en 1975, et les font davantage en 2016 qu'en 1991. Le camp d'évaluation de la LNH en est une preuve. 

Et avec la diffusion de plus en plus grande de matchs de tous les niveaux, les médias peuvent eux aussi suivre à la trace la progression des jeunes. Le site EliteProspects, par exemple, permet de retracer les statistiques de Connor McDavid jusqu'à l'âge de 14 ans!

Patrick Poulin, lui, peut y trouver les statistiques de son fils Samuel au Tournoi pee-wee de Québec de 2014, quand Samuel avait à peine 13 ans! Sur la même page, on peut aussi retrouver les statistiques du joueur dans les rangs bantam.

«Ce sont deux mondes, côté publicité. Il faut faire attention à ça, estime le paternel. Samuel a seulement 15 ans, il a joué midget AAA et il arrive à son année de repêchage LHJMQ! On a beaucoup parlé de lui, mais tu dois vivre avec, car ça fait partie du hockey junior et professionnel aujourd'hui.»

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