Kurk Muller, bien plus qu'un maître du tableau

Kirk Muller et l'entraîneur-chef du CH, Jacques Martin,... (Archives La Presse, Bernard Brault)

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Kirk Muller et l'entraîneur-chef du CH, Jacques Martin, en février 2011. Le mariage entre un coach un peu froid et un adjoint près des joueurs avait bien fonctionné à l'époque.

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(Montréal) Depuis que le Canadien a fait l'annonce de l'embauche de Kirk Muller jeudi soir comme entraîneur associé, il a beaucoup été question de son rôle vital dans la relance d'un avantage numérique moribond. En parlant à ceux qui l'ont côtoyé ces dernières années, on constate toutefois que son utilité va bien au-delà des bons vieux «X et O».

Muller a passé les deux dernières saisons comme adjoint de Ken Hitch-cock. L'entraîneur-chef des Blues de St. Louis a essentiellement retenu son travail auprès des meneurs de son groupe que sont David Backes, Alex Steen et Alex Pietrangelo.

«Il a aidé nos joueurs à comprendre que tout le monde les regarde, tout le temps, chaque jour, et que tu ne peux pas te laisser subjuguer par la situation. Tu dois plutôt accepter ça comme un défi et apprécier le fait que tu ne peux pas te cacher. Ce n'est pas simplement ton comportement sur la patinoire, mais aussi dans la collectivité, au gymnase. Il montrait aux joueurs comment agir dans toutes les situations.

«Il peut vraiment aider Max [Pacioretty] à performer à un haut niveau et à ne pas se laisser dépasser par les responsabilités de capitaine», poursuit Hitchcock. «Il a aidé nos meneurs à distinguer leurs responsabilités en tant que joueurs de celles en tant que meneurs. Il est bon pour ça, parce qu'il l'a fait toute sa carrière.»

Vendredi, Muller a déjà dévoilé en partie son approche avec le capitaine du Tricolore. «Ce que Max doit comprendre, c'est que ce n'est pas le rôle d'une personne. Ce qu'on voit de plus en plus, c'est un lien entre plusieurs joueurs. Il ne faut pas que la pression soit sur un seul gars, il ne doit pas penser que tout repose sur ses épaules.»

Seul survivant de l'ère Carbonneau

Quand Jacques Martin a été nommé entraîneur-chef du CH à l'été 2009, il a conservé un seul des anciens adjoints de Guy Carbonneau : Kirk Muller. Le mariage entre un coach un peu froid et un adjoint près des joueurs a fonctionné. On peut d'ailleurs se demander si la recette ne pourrait pas être reproduite maintenant qu'il travaille avec Michel Therrien, qui n'a pas la réputation d'être proche de ses joueurs.

«Je suis un entraîneur de carrière, pas un ancien joueur, donc j'ai toujours eu un ancien joueur dans mon staff», a rappelé Martin, joint à San Jose après un entraînement des Penguins. «Il avait une bonne connaissance des joueurs», ajoute-t-il au sujet de Muller.

Manny Malhotra, lui, a d'abord connu Muller comme coéquipier à Dallas au début des années 2000. L'ancien numéro 20 du Canadien l'a ensuite recroisé chez les Hurricanes de la Caroline, en 2013-2014. Il était alors un vétéran aguerri, tandis que Muller était l'entraîneur-chef. Et ce qu'il a retenu de lui, c'est sa capacité à s'ajuster au fil d'un match.

«Il sait comment les joueurs pensent, donc il a un bon feeling sur le banc», a indiqué Malhotra, au bout du fil depuis Vancouver. «S'il sent qu'un gars est dans le match, qu'il en joue une bonne, il ne se gênera pas pour lui donner des présences de plus. Si c'est ton soir, il le sent.»

Ces ajustements, Muller sait aussi les faire dans ses schémas stratégiques. Selon Hitchcock, c'est ce qui explique pourquoi il excelle autant avec ses unités - il fallait bien y revenir! - d'avantage numérique. «Sa force réside dans sa capacité à faire que l'unité reste bonne toute la saison. Il ne s'agit pas simplement d'avoir un bon avantage numérique : il a appris à garder le train sur les rails. Il va s'ajuster pendant les matchs, sinon il trouvera une façon de faire les correctifs dès le lendemain à l'entraînement.»

Une arrivée sans départ chez le CH

L'embauche de Kirk Muller en a fait sursauter plusieurs jeudi, dans la mesure où il n'y avait pas de poste à pourvoir chez le Canadien. Et vendredi matin, en conférence téléphonique, Michel Therrien a confirmé que son arrivée ne signifiait pas le départ d'un de ses adjoints.

«J'ai avisé mes adjoints hier [jeudi]. Ça s'est passé très vite», a expliqué Therrien. «Je voulais m'assurer de leur annoncer avant que la nouvelle sorte. Kirk sera évidemment à mes côtés derrière le banc. Personne ne part, mais les responsabilités changeront au sein du groupe d'entraîneurs.»

Muller, lui, débordait d'enthousiasme au cours de la conférence. On l'a notamment senti quand il a raconté ce que Therrien lui avait dit pour le convaincre d'accepter le poste.

«Premièrement, soyons honnêtes, il a le meilleur gardien au monde», a jugé Muller. «Son retour améliorerait n'importe quelle équipe. Le noyau est jeune, les meneurs sont jeunes et veulent gagner. C'est ce qui m'enthousiasme. J'en connais cinq-six, car j'étais là quand ils ont percé : [Tomas] Plekanec, P.K. [Subban], [Max] Pacioretty. [Andrei] Markov était déjà le vétéran!

«Et quand on regarde les deux équipes en finale, on voit que le jeu est tellement rapide. Tu as besoin de vitesse. Et le Canadien est bâti en fonction de ça. Quand ils sont en santé, ils sont durs à affronter. Cette équipe a le potentiel d'être très bonne.»

Heureux comme adjoint

Au cours de la conférence d'une cinquantaine de minutes, plusieurs questions ont porté sur l'intérêt de Muller de redevenir entraîneur-chef dans la Ligue nationale, poste qu'il a occupé pendant un peu plus de deux saisons avec les Hurricanes de la Caroline.

Muller n'avait pas réussi à relancer les Hurricanes pendant son séjour à Raleigh, mais l'équipe était en reconstruction. En revanche, ses séjours comme adjoint, à Montréal et à St. Louis, ont tous été couronnés de succès.

«J'aime mon rôle à Montréal, a affirmé Muller. Je suis très à l'aise avec le fait de ne pas être l'entraîneur-chef. Je savais qu'il y avait deux postes d'entraîneur-chef à combler dans la ligue [Calgary et Anaheim], mais je ne me suis pas lancé là-dedans. J'aimais le défi ici. L'avantage numérique, les attaquants, c'est un défi qui me comble pour le moment.»

Le français à maîtriser

Muller a aussi dû répondre à des questions sur sa maîtrise du français, dans l'éventualité d'un congédiement de Therrien. «J'aimerais apprendre le français, a-t-il assuré. Ma fille a passé 10 ans à Montréal, elle est bilingue. Quand j'étais capitaine, je suivais des cours, mais je me suis fait échanger! J'avais un professeur, j'y travaillais à la maison après les entraînements. C'était mon but.

«Quand je suis devenu entraîneur, c'était plus difficile, car les journées sont plus longues. Mais ma fille est mon enseignante et elle me défie déjà. Ça rend ça plaisant. Et mes enfants ne sont plus à la maison, ça me donne plus de temps!»  La Presse

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