Bouillon connaît la valeur de Price

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Francis Bouillon se dit heureux depuis sa retraite après une saison en Suisse en 2014-2015.

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(Montréal) Un peu plus d'un an après avoir disputé son dernier match en Suisse et près de six mois après avoir officiellement annoncé sa retraite, Francis Bouillon continue de suivre de près le Canadien. Il partage ses observations sur la saison infernale du Tricolore.

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Francis Bouillon

Photo Bernard Brault, archives La Presse

Francis Bouillon se rappelle l'ambiance de salon funéraire dans le vestiaire du Canadien après le premier match de la série contre les Rangers de New York, en mai 2014. Le gardien Carey Price venait de subir sa première blessure sérieuse au genou à la suite d'une charge de Chris Kreider.

«Quand Carey s'est blessé, nos têtes se sont toutes baissées dans le vestiaire», raconte l'ex-défenseur. «On s'est mis à douter. On croyait vraiment être capable de battre les Rangers et passer en finale, mais on se demandait maintenant si on pouvait le faire sans lui. [Dustin] Tokarski a vraiment bien joué, on n'a rien eu à lui reprocher, mais quand le meilleur joueur du monde est absent, l'équipe est handicapée.»

«Pas d'excuse», dit le slogan du Canadien. Bouillon affirme néanmoins que l'absence de Price peut en constituer une bonne pour expliquer les déboires du Canadien cet hiver. «J'ai joué devant Price. Je sais ce qu'il représente. Il donne confiance à ses joueurs. Quand il est derrière toi, tu ne veux pas le décevoir. Il inspire le respect, autant sur le plan humain que sportif. Il va à la guerre pour l'équipe et quand il décide de tout arrêter, il en est capable.»

Bouillon se dit heureux depuis sa retraite après une saison en Suisse en 2014-2015. Il  en profite pour se consacrer davantage à sa famille et il ne semble pas pressé de relever de nouveaux défis. Il a eu une conversation à bâtons rompus avec le dg du Canadien, Marc Bergevin, cet hiver. Le CH souhaiterait le ramener dans le giron de l'équipe comme entraîneur ou développeur de talent, dit-on. Bouillon n'est pas pressé de fixer son avenir, quoiqu'une offre sérieuse pourrait le faire réfléchir.

«Je prends les choses au jour le jour. Je ne veux pas voir trop loin vers l'avant. Quand j'ai annoncé ma retraite, j'ai voulu prendre un pas de recul. Je me suis dit que j'allais regarder mes options dans les prochains mois, passer du temps à la maison avec la famille, m'impliquer dans le hockey de mes gars, être le père de famille que je n'ai pas pu être pendant que je jouais au hockey.

«J'ai eu des offres dans le coaching. On m'a aussi demandé de faire un peu de télé, mais ça ne m'attirait pas pour le court terme. Je me sentais trop proche du Canadien de Montréal, trop proche des gars avec qui je jouais il y a deux ans. Je n'étais pas à l'aise de commenter les performances de l'équipe.»

Pacioretty a besoin d'aide

Cette équipe, l'ex-défenseur de 40 ans la suit de près. «Sans rien enlever à Condon, les gars n'ont pas la même confiance sans Price. Je les regardais jouer en début de saison, ils respectaient à la lettre le système de jeu de Michel Therrien, que je connais très bien. Ils récupéraient la rondelle et cinq secondes après, la rondelle était en zone offensive.»

Ce système de jeu demande une concentration à toute épreuve et une compréhension parfaite de son rôle et du rôle de ses coéquipiers. «Michel avait modifié son [ancien] système quand je suis revenu avec le Canadien, il y a quelques années. C'est un système de jeu serré où tout le monde doit se faire confiance. Tout se fait de façon automatique si tout le monde se trouve au bon endroit. À la fin de la saison, rien ne fonctionnait correctement. Il y avait toujours quelqu'un en retard. S'il y a un ou deux gars en retard, ça ne fonctionne plus.»

Bouillon évoque aussi l'absence de bons vieux vétérans. «J'ai tout de suite compris ce que Max [Pacioretty] voulait dire quand il a parlé de Manny Malhotra. Ce type de joueur là a manqué à l'équipe. Le Canadien a de bons jeunes vétérans, mais ils sont encore jeunes, justement. Douglas Murray était un autre bon vétéran. Il ne jouait pas beaucoup lui non plus, mais il avait du caractère. Pacioretty a beaucoup de talent, mais ça prend un vétéran pour l'aider. Je l'ai fait avec David Desharnais quand ça allait moins bien pour lui. George Parros le faisait très bien. Il était très positif et il remontait le moral des jeunes.»

Quant à P.K. Subban, Bouillon croit en son importance. «C'est un gars que tu veux dans ton club. Il carbure à la confiance. En séries, quand ça comptait, c'était le meilleur joueur sur la glace. Si tu veux les rendre malheureux, ne parle pas d'eux. Ils ont besoin de cette attention, c'est pour ça qu'ils sont si efficaces.»

Coupure salutaire

Bouillon, dont la carrière dans la LNH a duré plus de 14 ans malgré qu'il n'ait jamais été repêché, est désormais capable de regarder le CH jouer sans ressentir un pincement au coeur. «Je mentirais de dire que ça ne manque pas. Les premiers mois, ça démange. Mais j'ai fait la coupure l'an dernier en Suisse. Je me disais que quand j'allais rentrer à Montréal, je serais capable d'aller voir un match de hockey différemment, comme un partisan, comme un ancien Canadien. Si j'étais resté l'an dernier quand le Canadien m'a laissé aller, ç'aurait été différent. Même en Suisse, je regardais les matchs du Canadien une fois de temps en temps et ça me démangeait en dedans.»

Son expérience en Suisse a été plus difficile que prévu. «Le fait d'avoir participé au camp à Montréal [en septembre 2014] m'a fermé beaucoup de portes en Suisse. Les saisons commencent un mois plus tôt là-bas. J'avais beaucoup d'options au départ, mais les portes se sont refermées. Je me suis retrouvé à Ambrì-Piotta, une équipe qui est souvent dans les bas-fonds. J'ai apprécié quand même. Les conditions de vie sont bonnes, j'ai visité l'Europe, surtout l'Italie, j'ai vu Rome, Milan. Côté hockey, cependant, j'ai moins aimé. On avait de la difficulté à gagner et j'avais beaucoup de pression comme joueur étranger.

 «Côté familial, avec les enfants qui sont au secondaire, ce n'était pas évident. Nous étions en Suisse du côté italien, mes enfants devaient avoir des cours de français, ça n'a pas été le cas. J'ai eu des offres pour la Suède et la Finlande cet été, mais je ne voulais pas refaire vivre ça à la famille.»

Malgré les blessures et les nombreuses batailles dans les coins de patinoire, il s'en tire sans séquelles majeures. «Je m'attendais à être plus amoché que ça. Je continue à être actif. [...] Je ne m'entraîne pas comme avant, mais je suis en moyenne forme, je joue des matchs avec les anciens et je m'entraîne trois ou quatre fois par semaine.»

De bons souvenirs de Trotz

À Nashville, Francis Bouillon a côtoyé pendant quelques années Barry Trotz, l'entraîneur-chef qui a mené les Capitals au sommet de la LNH en saison régulière. «C'est l'une des meilleures personnes que j'ai pu rencontrer», dit Bouillon au sujet de Trotz. «Côté humain, il est incroyable. Mais Nashville, ce n'est pas Montréal. L'organisation n'a pas le stress que les dirigeants et les joueurs peuvent avoir à Montréal. Il n'y avait presque pas de médias, tu perdais deux ou trois matchs, il n'y avait pas de panique.

«Est-ce que Barry Trotz serait la même personne à Montréal? Je ne sais pas. Mais c'était du bon monde, très relax», ajoute l'ex-défenseur du Canadien. «Quand tu arrives dans le vestiaire et le coach commence à te parler de ta famille, c'est spécial. C'est un gars qui peut changer une personne du jour au lendemain.

«On connaît la situation à Washington, aucun coach n'était capable d'emmener les Capitals au prochain niveau, je ne serais pas surpris qu'ils connaissent du succès en séries. Il a un enfant trisomique, le côté humain, il l'a depuis longtemps. Il est sensible, même avec les partisans, il prenait le temps de leur parler. Quand il est parti, les partisans avaient autant de peine que les joueurs.» 

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