La saison de Condon en sept lieux

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Mike Condon a connu une saison rocambolesque avec le Canadien.

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(Montréal) Mike Condon a connu une saison rocambolesque dont il ne garde, malgré les épreuves, que des souvenirs positifs. Marchons dans les traces d'une saison recrue pas comme les autres.

  • Brossard
À la fin du mois d'août, Condon s'installe au Comfort Inn du boulevard Taschereau, à Montréal. Un endroit modeste et anonyme, un peu comme lui à l'aube du camp d'entraînement du Canadien. Il avait accompagné l'équipe en séries l'année précédente et s'était vu offrir un contrat de deux ans en février. Mais au moment où le camp s'amorce à Brossard, le gardien de 25 ans est destiné aux IceCaps de St. John's.

Deux semaines plus tard, il déménage à l'hôtel Alt du Quartier DIX30. Le CH est en train de lui donner une chance légitime de se faire valoir. «Je n'avais jamais joué de matchs préparatoires avant cette année. D'affronter les Capitals de Washington, puis d'obtenir un blanchissage à Toronto, ç'a été gros pour moi.»

Condon veut rendre la décision de l'équipe difficile, mais il ne s'attend pas nécessairement à ce que la balance penche en sa faveur à la fin du camp. Sauf que Dustin Tokarski est loin d'être aussi convaincant que lui. «J'étais en train de m'entraîner lorsqu'ils m'ont demandé de monter dans les bureaux. Ils m'ont annoncé que j'allais commencer l'année avec le Canadien.» Le mot-clé ici : «commencer». Rien n'était encore coulé dans le béton.

  • Kanata
C'est à Ottawa que l'Américain dispute son premier match dans la LNH. «Ce dont je me souviens, c'est le bruit. C'était le match d'ouverture locale des Sénateurs. J'avais joué là en matchs préparatoires, mais là, c'était une tout autre chose. Beaucoup plus rapide, plus bruyant, plus intense... Mais après mon premier arrêt - c'était devant Mark Stone -, j'ai tout oublié et je me suis mis à jouer. Ce premier match constituait un énorme point d'interrogation pour moi. Je ne doutais pas de mes capacités, mais je n'avais aucune idée de la façon dont ça allait se passer. On peut avoir confiance dans le fait qu'on peut jouer dans la LNH, mais jusqu'à ce qu'on en ait eu l'expérience, on n'en a pas la certitude.»

  • Montréal, centre-ville
Campé à l'angle René-Lévesque et De La Montagne, le luxueux hôtel a de nombreuses fenêtres qui donnent sur le Centre Bell, même si la vue est de plus en plus obstruée par de nouvelles constructions. C'est là que le Canadien «stationne» Condon pour les premières semaines du calendrier. Le Tricolore est un véritable rouleau compresseur en début de saison. Mais lorsque l'équipe rentre de l'Alberta, le grand rouquin sait que sa tâche va bientôt changer. Carey Price s'est blessé à Edmonton et devra rater quelques matchs. Condon se prépare en vue de son premier match à Montréal. «Vu que tout était nouveau pour moi, mon premier match au Centre Bell était aussi stressant que mon premier en carrière. C'est un endroit très intimidant auquel on s'habitue avec le temps. Je m'en souviens comme je me souviens de la première fois où je suis entré au Fenway Park.»

  • Manhattan
Le retour de Price dans la formation sera bref. Le 25 novembre, la saison de Condon prend un virage décisif. «Nous étions au Madison Square Garden et l'on est venu me dire après la deuxième période que Carey ne pourrait pas revenir. On menait 2-1, mais ce n'était pas une situation évidente pour entrer en action. Heureusement que les gars ont marqué trois buts après ça! «Par la suite, je ne pensais qu'au prochain entraînement et au prochain match. On ne peut pas gravir de montagne sans faire un premier pas. Et Dieu sait que cette saison a été une montagne pour moi. J'ai tâché de la monter un pas à la fois.»

  • Montréal, Centre Bell
Alors même qu'il se préparait en vue de son premier match au Centre Bell, le 1er novembre, Condon pouvait finalement s'installer dans un appartement. «En raison de mon contrat à deux volets, on pouvait me céder aux mineures à n'importe quel moment. Chaque match et chaque entraînement étaient une audition. C'est un grand élément de motivation. Je n'ai pas vraiment eu la chance de relaxer ou de reprendre mon souffle durant toute la saison...»

Son nouveau domicile est peut-être confortable, mais son état d'esprit ne l'est pas. Comme si, dans sa tête, il est un fakir dormant sur un lit de clous. «J'essaie d'éviter d'être trop à mon aise. C'est bon d'avoir une sensation d'inconfort constant. Ce n'est pas agréable, mais c'est utile pour grandir en tant que joueur.»

Condon amorce la saison avec une fiche de 9-2-3, ce qui lui donne au moins la confiance qu'il peut connaître du succès dans la LNH. «En début de saison, ça marchait à tous points de vue. Puis on a eu une période de sables mouvants. Toutes les équipes vivent ça. Des matchs où, peu importe la qualité de ton jeu, des rondelles dévient bizarrement et te déjouent...»

  • Boston
La veille du jour de l'An, le CH est à Boston en vue de la Classique hivernale. Au Gillette Stadium, l'entraîneur-chef des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, Bill Belichick, et le quart-arrière Tom Brady autographient l'arrière du masque de Condon. Le natif du Massachusetts a les dieux du stade de son côté!

En marge de l'événement, son père Ted - un policier qui a participé à la traque des frères Tsarnaev à la suite de l'attentat de Boston en 2013 - a droit à un immense battage médiatique. «Je sais que j'ai fait beaucoup parler de moi à la Classique hivernale, mais qu'il s'agisse du New York Times ou d'une couverture de magazine, les gens m'en ont parlé sans que je ne lise rien. Je n'aime pas être à l'avant-scène, j'aime mieux faire ma petite affaire.» Le jeune gardien, qui a vite compris qu'il devait s'isoler des distractions extérieures, apprend à gérer la pression médiatique. Le niveau d'attention envers les joueurs du Tricolore ne cesse de le surprendre. «Dans l'ECHL ou la Ligue américaine, tout le monde s'en fout si tu récoltes un blanchissage. Ici, tu changes de jambières et ça fait la manchette...»

  • Saint-Pétersbourg
À mesure que la blessure de Carey Price se prolonge, Condon poursuit son travail. La saison du CH a maintenant pris le champ, mais, quelque part, il valorise le fait d'avoir été plongé si vite dans la marmite. «Je crois fermement que rien n'arrive sans raison. Ça ne sert à rien de reporter les échéances ou de se dire qu'on n'est peut-être pas prêt. Le baptême par le feu, c'est ce que je préfère. Car maintenant, je ne pense pas être placé devant une situation l'an prochain que je n'aurai pas vue cette année.»

Il va maintenant délaisser son appartement de Montréal. Avant de retourner dans son fief de Cape Cod, il logera pendant quelques semaines dans un hôtel de Saint-Pétersbourg, en Russie. Car l'équipe américaine participant aux Mondiaux a vu qu'il y avait bien plus de positif dans la saison de Condon qu'une simple fiche perdante...

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