Le hockey loin du baseball

Adam LaRoche et son fils Drake à leur... (Archives AP, John Locher)

Agrandir

Adam LaRoche et son fils Drake à leur arrivée au centre d'entraînement des White Sox de Chicago à Phoenix en février 2015. Le joueur de premier-but a choisi mardi de prendre sa retraite plutôt que de se plier à une demande de la direction qui voulait que son fils soit moins présent dans l'entourage de l'équipe.

Archives AP, John Locher

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Montréal) Ulcéré par la demande des White Sox de Chicago de limiter la présence de son fils Drake dans le vestiaire, le premier-but Adam LaRoche a mis fin à sa carrière à 36 ans, mardi matin, malgré un salaire de 13 millions $ qui l'attendait cette saison. Une retraite fondée sur un tel motif, c'est du jamais-vu. Ça démontre à quel point les us et coutumes du baseball majeur sont à des années-lumière de ce qu'on verrait dans d'autres sports, à commencer par le hockey.

«Normalement je suis toujours du côté des joueurs, mais dans ce cas-ci, l'équipe a fait une demande raisonnable», estime le gardien du Canadien Ben Scrivens. «Il a répondu en disant qu'il prendrait sa retraite? C'est son choix, personne ne le force à la prendre. Personne non plus ne le force à ne plus jamais amener son enfant.

«On parle d'un enfant de 13-14 ans qui est là tous les jours. C'est se placer au-dessus de l'équipe! C'est sûr qu'il doit y avoir eu du mécontentement chez ses coéquipiers. Il le faut, autrement l'équipe ne serait pas intervenue.»

«Il ne va pas à l'école cet enfant-là?» a demandé Scrivens. Très peu semble-t-il. «On n'est pas très forts sur l'école», confiait LaRoche au Washington Post en 2013. «J'ai dit à ma femme qu'il apprendrait beaucoup plus d'informations utiles et de leçons de vie dans le vestiaire que sur les bancs d'école.»

Question de jugement

Un autre joueur du Canadien s'imaginerait mal confronté à la présence continuelle d'un enfant. «On ne fait pas attention à notre façon de parler dans le vestiaire», observe ce vétéran. «Ça doit être devenu une langue seconde pour ce jeune-là qui finit par entendre ce jargon constamment. Il y a un temps pour l'équipe, un temps où l'on peut échanger librement. Si un enfant traîne dans les parages, tu risques de te retenir de faire ce que tu ferais normalement dans le vestiaire.»

Les enfants de joueurs de hockey pour la plupart sont des marmots, ou alors n'ont pas plus de sept ou huit ans. L'adolescent d'Andrei Markov fait figure d'exception dans le milieu.

«Il n'y a pas beaucoup d'enfants plus âgés, de sorte que lorsqu'on en voit, c'est davantage lors des matchs en après-midi ou encore lors de certaines journées d'entraînement», explique l'attaquant Torrey Mitchell. «C'est une atmosphère familiale. Tu peux amener tes enfants... mais pas tous les jours! Ce serait un peu étrange. Ce serait trop.»

Mike Brown est débarqué chez le Tricolore le 29 février et une des premières choses qu'il a demandées, c'était de connaître la politique de l'équipe quant à la présence des enfants. «Chaque organisation a des règles différentes», mentionne l'attaquant de 30 ans. «J'ai deux garçons - le plus vieux a quatre ans et demi - et je limite leurs visites, j'essaie de faire coïncider ça avec les moments où d'autres enfants risquent d'y être.»

Au sein de l'organisation du Canadien, les enfants sont les bienvenus lorsque le moment est approprié. Comme lors de la récente journée de la prise de photo, un dimanche au Centre Bell, où les enfants sont restés par la suite pour jouer tous ensemble...

«On encourage les gars, surtout les fins de semaine», précise l'entraîneur-chef Michel Therrien. «On dirait que les mères sont bien contentes de donner le kid à leur père! On applique le gros bon sens. C'est une question de jugement.»

C'est précisément ce que Brown fait valoir. «Si l'on vient de perdre deux matchs, qu'on doit s'attendre à une grosse journée d'entraînement et à une bonne séance vidéo, on ne va probablement pas amener nos enfants.»

L'exemple de Claude Lemieux

C'est chez les Sharks de San Jose, qui ont une politique plus décontractée à l'égard des enfants, que Torrey Mitchell a vu un exemple se rapprochant un tantinet du cas du joueur de baseball Adam LaRoche, qui a annoncé sa retraite plutôt que de réduire les présences de son fils dans le vestiaire des White Sox. «Lorsqu'il a effectué son retour au jeu, Claude Lemieux avait amené son fils Brendan pour lui montrer comment ça se passait», raconte l'attaquant québécois. «C'était d'ailleurs l'une de ses motivations derrière son retour. Son fils avait 12 ou 13 ans à l'époque et il avait vécu l'expérience pendant un mois ou deux. Il était dans les alentours, mais n'interférait pas avec quoi que ce soit. Mais les joueurs du baseball, eux, sont dans leur vestiaire durant toute la journée. Je peux voir comment ça peut devenir pesant...» Claude Lemieux avait 44 ans lorsqu'il est revenu au jeu. Visiblement, il voyait en son fils un futur joueur de hockey professionnel. Brendan l'est d'ailleurs devenu : l'an dernier, Mitchell l'a retrouvé au camp d'entraînement des Sabres de Buffalo.  La Presse

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer