Randy Cunneyworth: «J'ai beaucoup souffert»

Randy Cunneyworth a pris la relève de Jacques... (Photothèque Le Soleil)

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Randy Cunneyworth a pris la relève de Jacques Martin comme entraîneur-chef du Canadien le 17 décembre 2011. Sous ses ordres, le Tricolore a compilé un dossier de 18-23-9 et a terminé dernier dans l'Est.

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(Rochester) Jeudi midi, dans un aréna banal en banlieue de cette métropole régionale. C'est un Randy Cunneyworth décontracté qui vient à la rencontre des deux journalistes qui l'attendent.

Chaussettes blanches, bermuda, pas de chaussures... Il amorce la discussion en parlant du spectacle auquel il a assisté la veille avec son épouse, celui du ventriloque et humoriste Jeff Dunham.

«Excellent spectacle! Il a publié une photo du spectacle sur Facebook ou un autre réseau social. Il paraît qu'il a reçu trois millions de clics!» s'émerveille-t-il, tout en admettant qu'il ne s'y connaît absolument pas en Web 2.0.

C'était le début d'une entrevue d'une trentaine de minutes. À des années-lumière de l'homme qui était talonné de toutes parts pendant ses difficiles quatre mois derrière le banc du Canadien. Les résultats de l'équipe, son rôle intérimaire, le fait français... les contentieux ne manquaient pas.

Vendredi, Cunneyworth prendra place derrière le banc pour une 48e fois depuis qu'il est revenu à la barre des Americans de Rochester, équipe qu'il avait dirigée de 2000 à 2008. C'est son premier poste d'entraîneur-chef depuis que le Canadien l'a démis de ces fonctions, le 6 juin 2012. Il a donc dû attendre trois longues années, même s'il a travaillé entre-temps dans le domaine du développement des joueurs chez les Sabres de Buffalo, l'équipe mère des «Amerks».

«J'avais besoin de recul. J'ai beaucoup souffert», a admis Cunneyworth. «Avec le recul, on remet en question certaines de ses décisions.»

Le 17 décembre 2011, la vie de Cunneyworth prend un virage inattendu. Ce matin-là, le Tricolore annonce le congédiement de Jacques Martin de son poste d'entraîneur-chef.

«Il y a eu une petite période pendant laquelle on ne savait pas qui remplacerait Jacques», a révélé Cunneyworth. «C'était le samedi matin, on préparait notre rencontre avec les joueurs en vue du match de la soirée contre les Devils. J'avais un gros café de Tim Hortons dans les mains, et Pierre Gauthier m'a annoncé que j'étais le remplaçant. J'étais sous le choc! Soudain, il fallait se préparer différemment.»

On connaît la suite. Cunneyworth hérite d'un navire qui fuit de partout. Le résultat est prévisible. Sous sa gouverne, le CH affiche un dossier de 18-23-9 et se classe dernier dans l'Est.

Pas de regrets

Cunneyworth était pris dans une situation assurément perdante. S'il refusait l'emploi, il passait pour un entraîneur qui craignait les défis et qui laissait tomber son équipe. S'il l'acceptait, il héritait du chaos. Avec le recul, des regrets?

«Non, pas du tout. La chance m'était présentée et je ne pouvais pas la refuser. Je savais que ça venait avec beaucoup plus de pression, mais ainsi va la vie, parfois. C'était le choix à faire quand Pierre est entré en contact avec moi.»

Il jure ne pas penser à son prochain emploi. «Mon travail maintenant est ici», dit Cunneyworth au sujet des Amerks, qui sont en plein coeur de la course aux séries. Mais boucler la boucle de sa carrière d'entraîneur, à 54 ans? Parions qu'il n'a pas encore abandonné l'idée de revenir un jour dans la LNH, même dans un rôle d'adjoint.

Ce qu'il a dit sur...

> Max Pacioretty

«Je sais qu'il avait eu de petits problèmes pendant sa première expérience dans la Ligue nationale, mais il voulait vraiment bien faire les choses avec nous dans la Ligue américaine. Il a gagné cette confiance qui lui permet de faire ce qu'il fait maintenant. Il allait clairement devenir un meneur, que ce soit avec une lettre sur son chandail ou par l'exemple, par son jeu et son désir de gagner.»

> P.K. Subban

«Il avait tout un potentiel, c'était un phénomène physique avec d'excellentes habitudes de travail. Mais sa compréhension du jeu et du concept d'équipe était très limitée», se souvient Randy Cunneyworth au sujet du défenseur, qu'il avait laissé de côté pour un match à Winnipeg. «Il a grandement développé ça et a gagné en maturité. Il avait tous les outils, il devait simplement arrimer ça au concept d'équipe.»

> Carey Price

«Il était sacrément bon, mais on devait mieux jouer devant lui. Les deux doivent aller ensemble. Ils ont su régler ça!»

> Louis Leblanc

«Il avait de bonnes habiletés individuelles et travaillait fort», raconte Cunneyworth au sujet du premier choix du CH en 2009, qui avait joué 42 matchs en 2011-2012. «Il a eu à composer avec des blessures et ce n'était pas facile. Qui sait si son développement a été précipité? Les blessures l'ont ralenti. Le hockey est un sport d'équipe. Si un individu échoue, ça ne peut pas être entièrement sa faute, tout comme dans le cas d'un joueur qui connaît du succès. Il n'a peut-être pas été encadré comme il le devait.»  La Presse

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