Affaire Galchenyuk: appel général à la prudence

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Alex Galchenyuk (au centre) s'est entraîné avec ses coéquipiers, mardi.

La Presse, Martin Chamberland

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(Montréal) Il y a eu Zack Kassian en début d'année. Il y a eu la vidéo de Nathan Beaulieu et Christian Thomas en décembre. Et maintenant, il y a l'affaire Alex Galchenyuk.

La vie nocturne des joueurs du Canadien semble faire les manchettes cette saison plus que jamais. Pour les membres du CH, la récente arrestation de la copine d'Alex Galchenyuk est un rappel de plus de la prudence dont ils doivent faire preuve à titre de personnalités publiques.

«Il faut juste être intelligent et être prudent pour ne pas se placer dans des situations dangereuses», a rappelé l'attaquant Lars Eller, après l'entraînement d'hier, à Brossard. «Si Alex était un être humain normal dans cette ville, il n'aurait pas fait la une des journaux. Mais parce qu'il est qui il est, tout ce qu'il fait intéresse le grand public. Il le sait, et la situation en constitue tout un rappel. Ce n'est pas qu'il a fait quelque chose de mal, mais je suis sûr qu'il ne se placera plus dans une situation difficile, même si parfois, c'est indépendant de ta volonté.»

Kassian, Beaulieu, Thomas, Galchenyuk et Devante Smith-Pelly (qui était chez Galchenyuk lors de l'intervention des policiers, dimanche matin à 8h) ont tous en commun d'avoir moins de 25 ans.

Kassian, impliqué dans un accident de la route en fin de nuit le 4 octobre dernier, a été échangé quand il est redevenu admissible à jouer au hockey, après un passage dans le programme d'aide de la LNH pour lutter contre des problèmes de dépendance. Beaulieu a été laissé de côté quatre jours après qu'une vidéo peu flatteuse d'une de ses sorties nocturnes eut été dévoilée par le site à potins 25Stanley. Thomas, lui, a été échangé une dizaine de jours après la publication de la même vidéo, dans laquelle il apparaissait brièvement.

Dans les cas de Beaulieu et de Thomas, il n'est pas évident si leur présence dans ladite vidéo leur a nui, mais la coïncidence est pour le moins curieuse.

Rendez-vous avec Bergevin

Quant à Galchenyuk et Smith-Pelly, ils avaient rendez-vous avec le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, après l'entraînement de mardi. Curieusement, un porte-parole du Canadien a même annoncé à tous les médias sur place la tenue de cette rencontre, le genre d'information qui demeure généralement dans la régie interne de l'équipe.

«Nous le savons tous, nous jouons à Montréal», a rappelé le vétéran Tomas Plekanec. «En début de saison, nous rappelons toujours aux joueurs qu'il faut se concentrer sur le hockey. Oui, c'est Montréal, oui, il faut être prudent. Mais je me répète, il faut simplement mieux jouer sur la patinoire.

«Je crois que nous avons tous la tête au hockey. Nous connaissons tous notre situation, nous devons nous améliorer. Il faut revenir à notre niveau de jeu du début de l'année», a poursuivi Plekanec, peu enclin à commenter précisément la situation délicate de ses deux coéquipiers.

Pacioretty pense à 2009

Un collègue a évoqué une comparaison avec la saison 2008-2009, au cours de laquelle les histoires à l'extérieur de la patinoire avaient également pris une place prépondérante dans les discussions autour du Canadien. Un autre collègue a parlé d'un «soap opera» en interrogeant Max Pacioretty, et le capitaine du Canadien était d'accord avec la métaphore.

«À ma première saison ici, il y avait eu l'histoire de Roman Hamrlik et des frères Kostitsyn [qui fréquentaient des individus liés au crime organisé]. Je venais d'être rappelé, et je n'avais aucune idée de ce qui se passait. Ça ne me concernait pas du tout, mais je marchais sur des oeufs. Tu apprends vite que l'important est ce qui se passe dans le vestiaire, et que tu dois bloquer ce qui se passe à l'extérieur du vestiaire.

«C'est de la pression supplémentaire, mais ça prend des personnes particulières pour jouer à Montréal, a enchaîné le numéro 67. Si tu peux jouer sous cette pression et gérer l'adversité, tu as ce qu'il faut pour être un Canadien de Montréal. J'ai vu des joueurs passer ici. La pression a peut-être atteint certains joueurs, mais le noyau a la bonne mentalité et veut réellement bien jouer pour les partisans.»

Silence radio

De la rencontre entre Marc Bergevin, Alex Galchenyuk et Devante Smith-Pelly, c'est le silence radio. Les fuites d'informations sont plus rares que jamais depuis l'arrivée en poste du dg il y a quatre ans. Et les trois principaux intéressés n'étaient pas disponibles pour commenter la situation, malgré les demandes répétées des membres des médias sur place. Or, c'était là une entorse à la politique médiatique qui lie la Ligue nationale à l'Association des joueurs. «À la conclusion d'un entraînement, tous les joueurs doivent être présents et disponibles pour des entrevues cinq minutes après avoir quitté la patinoire [...] à l'exception de cas de force majeure pour un joueur», lit-on dans la politique médiatique.

«Il a simplement agi comme un gars de 21 ans» - Darche

«J'étais à l'université, on n'était pas connus, on n'avait pas d'argent et on avait du fun quand même. Donc imagine les joueurs d'aujourd'hui.»

Mathieu Darche menait déjà une vie rangée de père de famille quand il a fait ses débuts avec le Canadien en 2009-2010. Mais l'ancien attaquant a étudié quatre ans à McGill avant de rouler sa bosse dans la Ligue américaine et dans la Ligue nationale. Il a vécu ses moments de jeunesse, et a vu des coéquipiers en faire autant.

À ses yeux, la situation dans laquelle s'est retrouvé Alex Galchenyuk, à la suite de l'arrestation de sa copine, tôt dimanche matin, peut arriver à tout jeune homme de 21 ans. «Il n'a rien fait de criminel, il n'a pas mis personne en danger. Il a simplement agi comme un gars de 21 ans. Moi aussi, je suis déjà rentré chez moi quand il faisait clair!

«Mais l'envers de la médaille, c'est que le jeune doit savoir qu'à Montréal, tu dois faire attention à ce que tu fais. On ne connaît pas les détails, et les gens font plein de suppositions. Mais il doit comprendre la réalité du marché montréalais.»

La convocation fait jaser

La réaction de Marc Bergevin, qui a convoqué Galchenyuk et Devante Smith-Pelly à une réunion, en a toutefois fait réagir plusieurs. Pour Darche, cette mystérieuse rencontre pouvait avoir plusieurs buts.

«Le directeur général veut peut-être montrer qu'il est en contrôle de la situation. Après l'incident de Zack Kassian, est-ce qu'il avait averti les gars? Est-ce qu'il les rencontre parce qu'il avait déjà eu vent d'autres soirées qui avaient fini tard? À Montréal, quand les joueurs ont l'habitude de sortir tard, ça peut se savoir vite...

«Qu'on annonce publiquement la tenue de la rencontre, c'est surprenant. Mais j'espère que personne n'est surpris que Bergevin veuille parler à ses joueurs! Quand tu ne veux pas de problèmes, tu n'en as pas.»

Guillaume Latendresse, lui, a vécu la folie de Montréal au début de l'âge adulte, comme Alex Galchenyuk le fait actuellement dans la métropole. «Je n'ai pas connu ça beaucoup, car j'ai eu mon gars à 20 ans et je n'étais pas un gros sorteux. En plus, j'ai habité chez mes parents, puis dans un condo à 10 minutes de là. Ça reste que tout est disponible pour les joueurs.

«J'ai déjà fait la fête jusqu'à 4 ou 5h du matin avec le Canadien. Mais deux jours après, j'étais à l'entraînement. J'ai joué pour le Canadien pendant les années où ça fêtait pas mal et, pourtant, je n'ai jamais vu de cocaïne de ma vie. Quand tu ne veux pas de trouble, tu n'en as pas.»

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