P.K. répare les pots cassés

Les joueurs du Canadien, P.K. Subban en tête,... (La Presse, David Boily)

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Les joueurs du Canadien, P.K. Subban en tête, avaient retrouvé le sourire, lundi matin, en participant à l'inauguration de la septième patinoire, à Laval-des-Rapides cette fois-ci, du populaire programme Bleu Blanc Bouge, un projet financé par la Fondation des Canadiens pour l'enfance.

La Presse, David Boily

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(Laval) La situation était parfaite pour évacuer la petite tempête - l'averse, disons - que traverse le Canadien cette semaine.

L'inauguration d'un legs que le Tricolore fait à la communauté. Des dizaines d'enfants sur la patinoire, qui ont pu patiner avec leurs idoles. Il fallait voir Brendan Gallagher s'accrocher sur le dos d'un gamin et feindre une mise en échec. Le modèle parfait pour cette occasion.

Une fois les enfants partis, un entraînement ludique, où on jouait au «baseball-hockey», un jeu que Michel Therrien organise essentiellement une fois par saison, pour changer la routine et donner un peu de vie à son groupe.

Après l'entraînement, les journalistes, agglutinés derrière une clôture qui les séparait des joueurs, peinaient à se faire entendre. Les joueurs, eux, souhaitaient - avec raison - se réfugier dans l'autobus au plus vite, avec le froid de canard qui régnait. Bref, pas le temps pour des échanges en profondeur.

C'est donc dans ce contexte que P.K. Subban a tenté de désamorcer ce qu'il a grandement contribué à créer par ses commentaires d'après-match, samedi, quand il a dit haut et fort que ce n'était pas son travail de marquer des buts. Des propos parsemés de quelques jurons. Des propos si inattendus pendant une période d'entrevue que le capitaine de l'équipe, Max Pacioretty, lui a adressé possiblement le regard le plus scruté de l'histoire de Twitter. «Oui, on analyse tout : un mot, une phrase, un regard ou un sourire, a d'ailleurs reconnu Brendan Gallagher. Mais c'est votre travail de trouver des histoires.»

À entendre les dizaines de bambins qui scandaient son nom, personne n'a semblé tenir rigueur à Subban pour ses propos de samedi. Mais le flamboyant défenseur s'est tout de même excusé pour son langage.

«Après le match, j'étais frustré, a reconnu Subban. Les questions personnelles sur les statistiques, c'est la dernière chose que je veux entendre après une défaite. [Subban répondait à un journaliste qui lui soulignait qu'il avait marqué son premier but en deux mois.]

«Mon langage était inapproprié. J'espère que les jeunes n'étaient pas à l'écoute, c'est ma principale inquiétude. Je ne suis pas parfait et personne ne l'est. Mais il faut parfois envoyer un message aux coéquipiers pour montrer qu'on est préoccupés par ce qui se passe.»

L'autre aspect qui en a agacé plus d'un, c'est que Subban a semblé se déresponsabiliser des problèmes offensifs de l'équipe. Cette fois, l'adjoint du capitaine a nuancé ses propos.

Une affaire «collective»

«Collectivement, on partage ce rôle. Ce n'est pas basé sur Max, Pleky [Tomas Plekanec], Chuckie [Alex Galchenyuk] ou personne en particulier. En tant que groupe, c'est notre travail de générer de l'attaque. Personnellement, ça m'importe peu de marquer le but ou de le préparer.

«Les gens vont toujours nous regarder de près, vont analyser les chiffres et c'est normal, je suis le joueur le mieux payé de l'équipe et un des mieux payés de la ligue. Je n'ai aucun problème avec ça. Mais les gens doivent savoir que tout ce qui me préoccupe, c'est de gagner. Si on gagne 4-0 et que je n'ai pas de point, c'est parfait, j'apprécie ma soirée. Mais après un match, je suis à chaud.»

Enfin, le regard de Pacioretty à Subban a aussi fait couler beaucoup d'encre. Mais le capitaine du Canadien était moins en verve que son adjoint... «Aujourd'hui, c'est une journée pour parler d'une bonne cause, et ça serait dommage de gâcher ça en parlant d'une fausse histoire [non story]. J'aime mieux parler d'autre chose. Il n'y a pas d'histoire ici et il n'y a pas de raison d'en parler», a répondu Pacioretty.

Généralement loquace avec les médias, le numéro 67 n'était pas d'humeur à discuter de la situation visiblement délicate de son équipe. Une tension pourtant normale au sein d'une équipe qui n'a pas aligné deux victoires de suite depuis la fin du mois de novembre, après avoir survolé la LNH pendant les six premières semaines. L'atmosphère est-elle plus tendue qu'en début de saison?

«Pas du tout», rétorque-t-il, sans préciser davantage sa pensée.

Sur ce, l'entrevue prend fin. Pacioretty retraite vers l'autobus qui ramènera les joueurs de Laval vers Brossard. Ses coéquipiers l'imiteront les uns après les autres.

Subban sera le dernier à parler aux médias. Au milieu des entrevues, les «P.K !, P.K !» se font entendre. Bon joueur, il prend le temps d'arrêter pour quelques photos, au point où le klaxon de l'autobus se fait entendre, pour rappeler à Subban qu'il ne manque que lui pour rentrer à la maison.

Cadeau du Tricolore: déjà une septième patinoire Bleu Blanc Bouge

Les joueurs du Canadien ont inauguré lundi la septième patinoire du populaire programme Bleu Blanc Bouge de la Fondation des Canadiens pour l'enfance. Après en avoir ouvert cinq dans les quartiers défavorisés de Montréal, le Tricolore en a construit une à Longueuil l'an passé, puis en a dévoilé une autre, lundi, dans le quartier Laval-des-Rapides.

L'an prochain, c'est à Sherbrooke qu'une surface glacée sera aménagée. «En tant qu'entreprise au Québec, à Montréal, on a une responsabilité envers la communauté», rappelle Kevin Gilmore, vice-président exécutif et chef de la direction du Canadien. «Notre marque rayonne assez bien au Québec, et cette patinoire est une des façons par lesquelles la Fondation peut redonner. »

Un tel legs représente un investissement de 1,4 million de dollars pour la Fondation des Canadiens pour l'enfance, afin de livrer cette patinoire extérieure dotée d'un compresseur. L'administration municipale doit ensuite assurer son entretien, pour une facture annuelle estimée entre 100 000 et 150 000 $.

Mais n'obtient pas qui veut une patinoire de cette qualité. Le CH reçoit en effet de nombreuses demandes, et choisit ensuite la communauté qui rassemble les «conditions gagnantes».

«Pas d'éléphant blanc»

Au premier chef de ces conditions : le quartier doit être défavorisé sur le plan socioéconomique. Dans le cas qui nous préoccupe, le quartier Laval-des-Rapides regroupe 17 % de population à faible revenu, selon les données du recensement du 2006.

«On doit aussi s'assurer que la Ville bénéficiaire est prête à l'entretenir, que les organismes locaux et les écoles vont vraiment l'utiliser. On ne veut pas que ça devienne un éléphant blanc», rappelle Geneviève Paquette, directrice exécutive de la fondation.

«Plus de 200 000 jeunes ont patiné sur nos patinoires extérieures depuis sept ans», soutient le propriétaire du Canadien, Geoff Molson. «C'est fantastique. Ce sont des jeunes qui n'auraient pas nécessairement eu la chance d'apprendre à patiner. Et c'est très bon pour la communauté.»

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