Mayweather/McGregor: surtout une histoire de gros sous

Conor McGregor fait le spectacle avant et après... (Archives AP, John Locher)

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Conor McGregor fait le spectacle avant et après chacun de ses combats, avec ses déclarations à l'emporte-pièce, ses provocations et ses insultes.

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Agence France-Presse
Las Vegas

La folle et improbable semaine de boxe est bel et bien lancée : provocations à répétition, entourages sur les dents et spectateurs déjà survoltés... D'un côté : l'Américain Floyd Mayweather, le champion boxeur invaincu qui est sorti de sa retraite. De l'autre : l'Irlandais Conor McGregor, figure de proue des arts martiaux mixtes. Tous deux ont fait une arrivée très remarquée à Las Vegas en prévision de leur combat de boxe de samedi, aussi attendu que controversé. Car ce duel qui attire les superlatifs est avant tout une histoire de gros sous. À défaut de plaire aux puristes, il peut en effet devenir le plus rémunérateur de l'histoire avec des recettes globales dépassant, selon certaines prévisions, les 500 millions $. Portrait des deux adversaires.

L'apprenti plombier devenu millionnaire

Il y a encore peu, Conor McGregor survivait avec une centaine de dollars par semaine. Devenu vedette des arts martiaux mixtes (MMA), il vient de s'offrir un yacht grâce aux millions de dollars touchés pour défier Floyd Mayweather sur un ring de boxe, samedi à Las Vegas.

La barbe et le cheveu roux hirsutes, les muscles saillants, le corps recouvert de tatouages, l'Irlandais de 29 ans s'est taillé sur les octogones, ces cages grillagées où se déroulent les combats MMA, la réputation d'un combattant féroce et sans pitié.

Grande gueule, il fait aussi le spectacle avant et après chacun de ses combats, avec ses déclarations à l'emporte-pièce, ses provocations et ses insultes. «Je suis dans la vie comme je suis lorsque je me bats, il n'y a pas de tromperie sur la marchandise avec moi», aime-t-il rappeler pour expliquer son énorme popularité parmi les amateurs de MMA du monde entier.

Il ne manque pas non plus d'humour, comme le prouve le nom de son superbe yacht, dont il vient de prendre livraison. Il l'a baptisé 188, en référence à l'indemnité-chômage hebdomadaire de... 188 euros (280 $CAN) qu'il touchait encore en 2013.

McGregor est désormais millionnaire, collectionne les voitures de luxe, voyage en jet privé et se fait tailler des costumes sur mesure. «Cela pourrait donner le vertige, mais je n'oublierai jamais d'où je viens et les périodes difficiles», a-t-il martelé avant le combat le plus important de sa carrière.

Battu à son troisième combat professionnel

McGregor vient de Crumlin, un quartier populaire de Dublin, où son père était chauffeur de taxi. À en croire sa légende, il aurait rejoint, adolescent, un club de boxe local pour pouvoir se défendre face à des caïds de son collège.

Guère passionné par ses études, il quitte rapidement l'école et devient, sans conviction, apprenti plombier. «Je détestais ce boulot, on travaillait 14 à 15 heures par jour, on me donnait des ordres, je me suis vite dit que ce n'était pas pour moi et que j'allais tenter de réaliser mon rêve», a-t-il récemment expliqué.

Son rêve n'est pas la boxe, mais les arts martiaux mixtes, mélange de plusieurs sports de combat, beaucoup plus spectaculaire que le noble art, plus violent aussi au point d'être encore interdit dans certains pays, dont la France. Mais sa carrière a bien failli prendre fin rapidement. Dès son troisième combat professionnel, qui plus est dans son quartier de Crumlin, il s'incline face à un expérimenté Lituanien et, vexé, décidé d'arrêter de combattre.

Il finit par revenir sur sa décision et se fait peu à peu un nom à coups de victoires spectaculaires et expéditives, au point de taper dans l'oeil de l'UFC, le principal organisateur américain de combats qui le recrute en 2013 pour en faire l'une de ses vedettes.

En juillet 2015, il devient champion UFC des poids plume en dominant l'Américain Chad Mendes, puis confirme cinq mois plus tard en battant le Brésilien Jose Aldo après 13 secondes de combat.

Il se fait toutefois surprendre par l'Américain Nate Diaz en mars 2016 et abandonne sur une technique d'étranglement. Il décide même d'arrêter (encore) sa carrière, mais l'UFC lui rappelle qu'il a un contrat à honorer. C'est cette année-là que commence à germer l'idée d'affronter Mayweather, qui a pourtant mis un terme à sa carrière un an plus tôt.

L'idée séduit rapidement Mayweather qui sent l'énorme potentiel financier de ce duel hors normes, et Dana White, le fondateur de l'UFC, racheté par le mastodonte du marketing sportif WME-IMG pour 4 milliards $.

McGregor ne veut pas s'arrêter là et même s'il n'a pas les faveurs des preneurs aux livres, il se croit capable d'infliger à Mayweather sa première défaite après 49 victoires. «Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui croit en soi autant que lui», prévient White.

Pour quelques brassées de dollars de plus

Floyd Mayweather Jr ambitionne de devenir le premier... (Archives AP, John Locher) - image 3.0

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Floyd Mayweather Jr ambitionne de devenir le premier sportif à avoir amassé plus de 1 milliard $. Le boxeur de 40 ans a déjà 800 millions $ de gains en carrière.

Archives AP, John Locher

Fortune faite et place dans l'histoire de la boxe à jamais assurée, Floyd Mayweather est pourtant sorti à 40 ans de sa retraite dorée pour un dernier défi - et son plus gros jackpot - face à Conor McGregor, samedi à Las Vegas.

Depuis son dernier combat, en septembre 2015, Mayweather s'était coulé sans mal dans l'existence de millionnaire avec ses rutilantes berlines de luxe, sa collection tape-à-l'oeil de montres et de costumes et l'indispensable jet privé. Il empilait aussi les liasses de dollars, comme il le montre régulièrement sur les réseaux sociaux, grâce à ses activités de promoteur de combats de boxe et de patron d'un club de striptease de Las Vegas.

Mais les provocations de McGregor, vedette des arts martiaux mixtes (MMA), ont commencé à le titiller. Plus encore que le démon de la compétition, ou les insultes répétées de l'Irlandais, c'est la perspective de toucher un gros chèque, peut-être le plus gros de sa carrière - et même dans l'histoire du sport -, qui a définitivement convaincu Mayweather.

Car «Money», comme il est surnommé, se moque comme de sa première paire de gants de boxe des critiques et de ceux qui affirment qu'il va ternir son incroyable palmarès - 49 victoires en autant de combats, record d'invincibilité de Rocky Marciano égalé - en s'abaissant à participer à ce que les puristes présentent comme une mascarade.

Agaçante arrogance

Ce qui intéresse Mayweather, plus que sa réputation ou sa popularité - très limitée du reste, même aux États-Unis, tant son arrogance agace -, c'est l'argent. Il veut devenir le premier sportif à avoir amassé plus de 1 milliard $. «Entre la célébrité et l'argent, je choisirai toujours l'argent», a-t-il ainsi affirmé le mois dernier.

Pour le combat contre McGregor, il a déjà touché 100 millions $, une somme qui pourrait grimper selon les prévisions les plus folles jusqu'à 250 millions $ après le partage des énormes recettes de télévision.

«Quand les gens voient ce que j'ai maintenant, ils n'ont aucune idée d'où je viens. Quand j'étais gamin, on dormait à neuf dans une chambre, on n'avait pas l'électricité», rappelait-il en 2015.

Né à Grand Rapids (Michigan), il a vécu dans la pauvreté et a été ballotté entre son père, Floyd Senior, un boxeur d'honnête niveau qui a affronté Sugar Ray Leonard, et sa mère Deborah, alors accro à l'héroïne. Il passe son temps libre dans la salle de boxe voisine, où s'entraînent son père et deux de ses oncles qui ont détenu des titres mondiaux.

«Little Floyd», véloce et puissant, devient rapidement la terreur des rings, même si sa carrière chez les amateurs se termine par une désillusion : une défaite en demi-finale du tournoi olympique des 57 kg en 1996 à Atlanta.

Sujet d'étude à Harvard?

Deux ans après ses débuts pros, en 1998, il devient champion WBC des super-plume, le premier titre de son impressionnante collection de 12 couronnes mondiales, constituée dans cinq catégories de poids différentes.

À son palmarès, il épingle Oscar de la Hoya, Ricky Hatton et en mai 2015, après des années de négociations pour finaliser un «combat du siècle» finalement bien décevant, Manny Pacquiao.

Poule aux oeufs d'or de la télévision à péage aux États-Unis, «Pretty Boy» aurait touché plus de 200 millions $ pour son choc contre Pacquiao, portant le total de ses gains à 800 millions $!

Mais celui qui se présente comme le meilleur boxeur de l'histoire a aussi sa part d'ombre. Ses poings, il ne les a pas utilisés que sur les rings. Il a frappé violemment d'anciennes compagnes, dont certaines mères de ses quatre enfants. Il a été condamné à plusieurs reprises pour violences conjugales et a même passé 90 jours en prison en 2012.

Plus récemment, il a demandé au fisc américain à bénéficier d'un délai pour s'acquitter de ses impôts pour 2016, un comble pour celui qui vient d'affirmer que son sens des affaires et ses réussites dans le sport-business lui vaudront de devenir un sujet d'étude à la prestigieuse université d'Harvard...




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