Alvarez: «J'ai fermé la bouche aux gens»

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Au lendemain de sa victoire contre Lucian Bute, Eleider Alvarez affirme avoir été inspiré par l'hymne national colombien, qu'il n'avait plus entendu depuis près de 10 ans.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Eleider Alvarez s'est présenté devant les journalistes avec des petits yeux et un grand sourire, tôt samedi matin, au lendemain de sa victoire éclatante au cinquième round contre Lucian Bute. «J'ai fermé la bouche aux gens», a-t-il résumé.

Alvarez n'est pas le plus expressif. Mais malgré ses limites en français et juste trois heures de sommeil, le boxeur d'origine colombienne de 32 ans n'a pas laissé de doute sur les sentiments qui l'habitaient après son triomphe au Centre Vidéotron de Québec.

«Je ne devrais pas dire ça, mais j'ai fermé la bouche aux gens», a lancé Alvarez aux quelques micros tendus devant lui. La grande majorité des 7842 spectateurs scandaient le nom de son adversaire, durant le combat de vendredi.

«Je me rappelle mon combat à Monaco [en 2014]. J'ai passé le K.-O. à [Ryno] Leibenberg, fermé la bouche. Hier soir aussi, j'ai passé le K.-O. à Lucian Bute, j'ai fermé la bouche aux gens», a-t-il constaté, disant qu'en vue d'affronter une foule hostile à sa cause, il a regardé la série d'animation japonaise de combats Dragon Ball Z.

Il a de plus révélé avoir été inspiré par l'hymne national colombien entendu avant le combat, entre ceux de la Roumanie et du Canada. Près de 10 ans qu'Alvarez n'avait pas entendu son Himno Nacional, une première pour lui depuis sa médaille d'or aux Jeux panaméricains de 2007.

Promesse «béton»

Nouvelle crédibilité et notoriété décuplée auprès des amateurs et de l'industrie de la boxe. L'avenir professionnel d'Alvarez s'ouvre grand devant lui, avec une perspective de combat de championnat du monde enfin bien réelle à court terme. Bientôt assez d'argent pour faire venir femme et enfant de la Colombie pour les installer à Montréal avec lui.

Son promoteur Yvon Michel l'assure que maintenant qu'il a «dissipé les doutes» sur sa valeur, l'augmentant d'autant en dollars aux yeux de la télévision américaine, son prochain combat en sera un pour le championnat du monde WBC des 175 livres.

Soit contre Adonis Stevenson, autre poulain de Michel, ou celui qui pourra lui ravir la ceinture le 29 avril, à New York. Une promesse «béton», garantit le président de GYM, une clause dans le contrat obligeant le gagnant du 29 avril à ensuite affronter Alvarez.

Quant à l'opposition offerte par Bute (32-4-1, 25 K.-O.), qui s'est montré le plus actif avant d'encaisser les deux droites décisives au visage, Alvarez (22-0, 11 K.-O.) assure ne pas avoir souffert des coups lancés par son adversaire. Qui concourt d'ordinaire dans la catégorie de poids inférieure, soit 168 livres contre 175. «Je n'ai pas senti» ses coups, a déclaré Alvarez. Et précise ne pas le dire par bravade, ajoutant qu'Edison Miranda (2013) a été celui qui lui a fait le plus mal dans sa carrière et qu'Isidro Ranoni Prieto (2015) n'avait pas été tendre non plus.

À 37 ans mardi, Bute a dit avoir le goût de continuer à boxer, quelques instants après le combat. Sans toutefois exclure la possibilité de la retraite une fois la poussière retombée.

Pendant que le clan Alvarez s'adressait aux journalistes, Bute et son équipe avaient repris la route pour Montréal. Michel estime que l'ancien roi des 168 livres de l'IBF «peut encore faire un bout de chemin» malgré une fiche de 2-4-1 au cours des cinq dernières années.

Ramsay s'est excusé

Après la fin des hostilités, vendredi, l'entraîneur de Bute, Howard Grant, disait ne pas en vouloir à son vis-à-vis et ami Marc Ramsay pour les attaques verbales à l'endroit de son boxeur durant les jours précédant le combat, qualifiant Bute de boxeur B+.

«On entre dans une guerre et ça ne peut pas être toujours propre. Je ne dis rien pour rien et je ne peux pas dire que je regrette, ça fait partie du métier. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs», a résumé Ramsay, qui s'est excusé auprès d'Otis Grant dans le ring.

Bouchard impressionne Michel

Selon Yvon Michel, Sébastien Bouchard (photo) a livré... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 3.0

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Selon Yvon Michel, Sébastien Bouchard (photo) a livré la meilleure performance de sa carrière, vendredi soir.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Le knock-out n'est pas venu, ce qui a déçu Sébastien Bouchard. Mais aux yeux du promoteur Yvon Michel, le mi-moyen de Québec a quand même livré «sa meilleure performance en carrière», vendredi, contre Gustavo Garibay (13-8-2, 5 K.-O.). «Sébastien avait déjà démontré qu'il peut se battre avec son coeur, mais tu ne deviens pas aspirant mondial juste avec le coeur. Là, on a vu qu'il est capable de s'améliorer. Il était beau, brillant, incisif. Il était discipliné, imaginatif et prudent en défensive, ce qui est un gros plus pour sa carrière», s'est réjoui Michel, dont l'organisation tient Bouchard (15-1, 5 K.-O.) sous contrat pour encore deux ans. Il n'a pas raté non plus de souligner le courage et la détermination dont a fait preuve Éric Martel-Bahoéli tout au long de sa carrière de près de 10 ans dans les rangs professionnels. Le poids lourd de Québec a annoncé sa retraite vendredi, après avoir subi le K.-O. contre Adam Braidwood. Revers que l'ami de Martel-Bahoéli et aussi boxeur poids lourds Simon Kean demande déjà à venger. À suivre.

À la recherche de vedettes

Sans attirer les 10 000 spectateurs espérés, Yvon Michel évalue que les 7842 personnes venues assister au gala de vendredi sont reparties du Centre Vidéotron comblées par le spectacle. Après trois Colisées bondés de 2009 à 2011, la boxe n'attire plus autant à Québec. Creux que Michel explique par la perte de popularité des Lucian Bute et Jean Pascal, en fin de carrière, pendant qu'«une industrie [locale] en reconstruction» cherche encore sa prochaine grande vedette qui fera revivre la frénésie. Notons que l'été dernier, en pleines vacances de la construction, le choc opposant Adonis Stevenson à Thomas Williams avait vu 4560 amateurs franchir les portes du nouvel amphithéâtre, contre 8624 en novembre 2015 pour voir Bute affronter James DeGale, premier gala de boxe de l'histoire du Centre Vidéotron.




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