Boxe: une fleur de 6'4'', 250 lb et ex-prisonnier

Adam Braidwood a connu sa part d'ennuis, mais... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Adam Braidwood a connu sa part d'ennuis, mais il ne s'en fait pas avec la vie. «J'aime m'amuser, se battre est plaisant!» a déclaré celui qui affrontera vendredi Éric Martel-Bahoéli pour le championnat du monde WBU.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La fédération WBU et le promoteur Yvon Michel feraient une fleur à Éric Martel-Bahoéli en lui octroyant un combat de championnat du monde. Mais avec les fleurs vient le pot : Adam Braidwood mesure 6' 4'', pèse 250 lb et fait peur aux grands-mères.

Barbe touffue, tatouages, chemise carreautée aux manches coupées, Braidwood a le casting parfait du méchant. Surtout quand on sait qu'il a fait de la prison.

Et quand il a pris le micro durant la conférence de presse de la sous-carte du gala de boxe de vendredi, tout le monde est resté interdit. Comme s'il avait avalé une platée de roches au déjeuner.

«J'aime m'amuser, se battre est plaisant! Pourquoi tout le monde est si sérieux?» a ensuite lancé aux journalistes celui que l'on surnomme le «Boogeyman». Un croque-mitaine pas aussi effrayant qu'annoncé.

Son face-à-face avec le chouchou local a été très courtois. «Il y a tellement d'animosité quand on se bat, pas besoin d'en ajouter. Mais quand la cloche va sonner, je vous garantis que je vais tout donner dans le ring», promet Braidwood.

Le gaillard de 32 ans originaire de Vancouver est un ancien joueur de football professionnel. Tout premier du repêchage de la Ligue canadienne en 2006, par les Eskimos d'Edmonton. Où il a passé cinq saisons, étant coéquipier de Mathieu Bertrand, l'ex-quart arrière du Rouge et Or, et dirigé par Danny Maciocia, l'actuel entraîneur-chef des Carabins de l'Université de Montréal.

Après une entrée en matière éclatante comme recrue, le jeune plaqueur prometteur a vite été aspiré par la spirale de la dépendance. Antidouleurs, cocaïne, alcool. Ce cocktail explosif l'a mené en prison en 2013, après avoir été reconnu coupable d'agression sexuelle, de confinement forcé et de possession d'une arme chargée et d'amphétamines dans trois événements distincts.

«J'ai pris de très mauvaises décisions», admet-il sans détour. «J'ai eu des problèmes de santé mentale, de drogues, j'ai fait de la prison... J'en ai souvent trop pris, je dépassais les limites et je ne devrais pas être ici. Je ne devrais pas être en vie. Je me suis souvent placé dans des situations dangereuses. Alors, quand je monte dans le ring, c'est correct. J'ai vu pire.

«Tellement de gens meurent de surdose de drogue!» poursuit Braidwood. «Plusieurs gâchent leur vie et c'est tout, ils ne reviennent jamais. Moi-même, j'avais abandonné ma vie. Mais j'ai ensuite décidé que ça ne m'arriverait pas. Je n'ai pas mérité ce que j'ai aujourd'hui, mais je vais en tirer le plus de positif possible.»

Un cadeau du ciel

À cogner dans un sac chaque jour de son séjour en taule, il s'était promis de faire quelque chose de bon avec la boxe à sa sortie. Et voilà qu'il reçoit cet appel du promoteur Yvon Michel pour venir affronter Martel-Bahoéli en championnat du monde WBU, à Québec. Un cadeau du ciel.

Dorénavant établi à Victoria et charpentier commercial de profession, il a vengé sa seule défaite en carrière (6-1, 5 K.-O.) en décembre dernier et n'a pas perdu depuis sa sortie de prison, il y a un an et demi (5-0, 4 K.-O.).

Il n'a par contre que 12 rounds d'expérience en boxe professionnelle, contre 88 pour Martel-Bahoéli (11-6-1, 7 K.-O.). Ils s'affronteront justement pour un maximum de 12 rounds, vendredi, au Centre Vidéotron, autour de 21h30, en demi-finale du gala Bute-Alvarez. Mais Braidwood doute que le combat se rende à la limite.

Sa prédiction? «On va se frapper très fort! Voilà ma prédiction!» conclut-il de son rire tonitruant, comme quoi l'angoisse de l'échec ne fait plus partie de ses accointances.

M'Billi veut se faire des amis

Christian M'Billi est installé au Québec depuis à... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

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Christian M'Billi est installé au Québec depuis à peine six semaines et il en est déjà à un deuxième combat professionnel. Champion amateur de France en 2015, la nouvelle recrue du Groupe Yvon Michel (GYM) se battra vendredi contre le Mexicain Jesus Olivares.

Le Soleil, Patrice Laroche

À peine six semaines que Christian M'Billi s'est installé chez nous que déjà, il livre son deuxième combat professionnel. Le gala de Québec s'avère l'«occasion de me faire de nouveaux fans et, pourquoi pas, de nouveaux amis!»

De son nom complet Christian M'Billi Assomo-Hallier est la nouvelle recrue du Groupe Yvon Michel (GYM). Quatre ans que Marc Ramsay suivait la carrière amateur de ce Camerounais d'origine formé à Montargis, à 125 km au sud de Paris.

L'entraîneur étoile fait aujourd'hui équipe avec le prometteur poids moyen (160 lb) de 21 ans pour au moins les trois prochaines années. Ramsay parle d'un projet de quatre à cinq ans pour l'amener jusqu'au titre mondial.

Après avoir atteint les quarts de finale aux Jeux olympiques de Rio, l'été dernier, cet ancien champion d'Europe junior (2013) et champion amateur de France (2015) a décidé de faire le saut chez les pros.

Malgré des offres plus payantes en France, M'Billi a jeté son dévolu sur GYM à l'avant-veille de Noël. Un autre promoteur québécois, Eye of the Tiger, l'avait aussi courtisé.

«Je ne cherchais pas un chiffre, je cherchais une qualité de travail et c'est ce que je retrouve ici avec un bon encadrement, un bon plan de travail et une équipe prête à m'accompagner jusqu'à mes objectifs d'être champion du monde un jour», a expliqué M'Billi, mercredi, lui que GYM avait invité toutes dépenses payées à assister au choc entre Keith Thurman et Shawn Porter à New York, le 25 juin.

Très offensif dans le ring

La langue française et la présence de Ramsay ont pesé dans la balance. Mais c'est de tomber dans le gym montréalais sur Artur Beterbiev, véritable légende de la boxe amateur en Europe, qui l'a vraiment convaincu.

On le dit très offensif dans le ring. Sa victoire du 9 février au deuxième round contre le Mexicain Adrian Arenas (2-5) n'a fait aucun doute. Reste maintenant à voir ce qu'il fera vendredi contre Jesus Olivares (5-3, 3 K.-O.), un compatriote d'Arenas, au Centre Vidéotron.

Le surnom de «solide» viendrait à M'Billi de son style «sérieux, démolisseur et physique», a-t-il déjà dit. Sa fiche amateure s'est élevée à 72-13. Mais la puissance des coups et l'ambiance au gala diffèrent beaucoup chez les professionnels. Il admet «un monde de différence», mais «tout est mis en place pour que je m'adapte très bien».

Séparée de sa copine demeurée dans l'Hexagone afin de poursuivre ses études en haute couture, M'Billi partagera ses prochains combats entre le Québec et la France, d'où le promoteur Michel a déjà reçu des offres de combat pour son jeune protégé.

Bute voulait Pascal avant Alvarez

Mais qui veut voir un Bute-Pascal II? En marge de la conférence de presse principale de mardi, le promoteur Yvon Michel a révélé son projet d'opposer à Jean Pascal le perdant du combat de vendredi entre Lucian Bute et Eleider Alvarez. Le vainqueur est promis à Adonis Stevenson, champion du monde WBC des 175 livres.

On répète que le clan Bute a choisi d'affronter Alvarez à la lumière de séances d'entraînement de ce dernier avec Dario Bredicean, un protégé de Bute qui boxe aussi sur la carte du Centre Vidéotron. Or, il s'avère que Bute souhaitait d'abord se mesurer à Pascal une deuxième fois. C'est ce que l'entraîneur de Bute, Howard Grant, a révélé mercredi au Soleil. Mais quand les négociations avec Pascal et son promoteur Eye of the Tiger, mené par Camille Estephan, ont achoppé, Bute s'est tourné vers un plan B nommé Alvarez, quand même aspirant obligatoire à la couronne de Stevenson.

Rappelons que le 18 janvier 2014, après 14 mois d'absence du ring, Bute avait été dominé par Pascal pendant la majorité des 12 rounds de leur affrontement, comme en témoignent les pointages de 118-110, 117-111 et 116-112 alors décernés par les trois juges.

Avant Alvarez, c'est la seule fois où Bute s'est battu à 175 livres, sept livres de plus que sa catégorie naturelle. L'ancien champion du monde IBF des 168 livres estime toutefois que contre Pascal, c'est sa forme psychologique qui faisait défaut, lui qui était encore ébranlé par la retentissante défaite encaissée aux poings de Carl Froch en mai 2012.

Un revers subi à Nottingham, en Angleterre, d'où est d'ailleurs venue une nouvelle offre de combat pour Bute pas plus tard que mardi. Le promoteur Michel préfère attendre le résultat du combat contre Alvarez, aussi membre de l'écurie GYM, et a demandé à son interlocuteur britannique de le rappeler lundi. À quand donc Bute-Pascal II? «On en reparlera samedi et on va parler de Bute-Stevenson», rétorque Grant, sûr de voir son poulain triompher d'Alvarez.

Penser moins, frapper plus

Sébastien Bouchard (14-1, 5 K.-O.), de Québec, affronte un deuxième Mexicain de suite. Le boxeur originaire de Baie-Saint-Paul n'en connaît pas beaucoup plus sur son adversaire de vendredi soir. À part que Gustavo Garibay (13-7-2, 5 K.-O.) est invaincu à ses sept plus récentes sorties (5-0-2) et que sa dernière victoire par mise hors de combat remonte à 2010. La solution pour Bouchard s'annonce pourtant fort simple : donner plus de coups de poing.

Simple de prime abord, mais Bouchard doit s'y appliquer pour obtenir un combat de championnat nord-américain avant la fin de l'année, comme il le souhaite. «Je dois arrêter de tout calculer et juste laisser aller mes coups», explique-t-il. «Quand je lance un coup et que ce n'est pas comme à l'entraînement, j'y repense trop. Après, j'arrive dans le coin et je m'obstine avec François [Duguay, son coach] sur ce que j'aurais dû faire ou pas. Faut que ça devienne plus instinctif», analyse celui qui boxera à 150 livres, toujours en route vers les mi-moyens à 147.




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