Bute-Alvarez: plus qu'une réputation en jeu

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(Québec) Les choses sont devenues plus sérieuses. Finie la rigolade pour Lucian Bute et Eleider Alvarez. Vendredi, le premier jouera sa réputation et son héritage de boxeur professionnel, l'autre son avenir et celui de sa famille.

Mardi, à trois jours de s'affronter dans le ring du Centre Vidéotron de Québec, les deux boxeurs avaient l'air plus rigide qu'à l'habitude dans leur costard. Les sourires se faisaient rares, à la conférence de presse.

Alvarez (21-0, 10 K.O.) a souvent gardé les sourcils froncés et a mis du temps avant d'enlever ses lunettes fumées. Aspirant obligatoire depuis 15 mois au titre mondial WBC des 175 lb détenu par Adonis Stevenson, le Colombien d'origine de 32 ans livre un troisième combat en attente d'une invitation au sommet.

«C'est ma chance, c'est mon temps. C'est moi qui aie le plus à perdre, mais vendredi, c'est qui lui va perdre plus», a résumé Alvarez, réaffirmant sa volonté de mettre fin à la carrière de Bute (32-3-1, 25 K.O.). Comme il l'a fait pour deux précédents rivaux qui avaient pris l'initiative de le défier après l'avoir vu en action à l'entraînement. Alvarez a infligé une première défaite à Andrew Gardiner à l'avant-dernier combat de sa carrière, tandis que Nicholson Poulard n'a plus jamais enfilé les gants.

Un protégé de Bute, Dario Bredicean, qui boxera aussi vendredi à Québec, a servi de partenaire d'entraînement à Alvarez pour ses deux derniers combats. C'est là que le clan Bute a eu l'idée d'affronter Alvarez.

«Vous avez demandé Eleider Alvarez? On vous le livre et je peux vous garantir que le résultat sera le même», prédit l'entraîneur Marc Ramsay, sentant son poulain un tantinet sous-estimé.

«Ils se sont fait une idée d'être en mesure de vaincre Eleider. Et comme deux autres avant, ils vont peut-être en payer le prix, vendredi soir. Mais ça, c'est leur problème», tranche Ramsay.

«Pour ma famille»

Si Bute remonte dans le ring avec comme principal objectif d'obtenir un 14e combat de championnat du monde, un choc contre Stevenson auquel le promoteur Yvon Michel ne rêvait plus depuis le sacre de Stevenson en 2013, Alvarez aura plus que la boxe sur la ligne.

«Je me bats pour ma famille aussi, tu comprends? C'est comme s'il avait volé la nourriture de ma fille, c'est pour ça que je me bats», illustre celui dont la femme et la fille de sept ans sont toujours en Colombie.

Ses prochaines bourses, les plus lucratives de sa carrière, lui permettront d'enfin les installer avec lui à Montréal, où il habite depuis six ans.

«On a parlé, on a fait des promesses. Maintenant, le temps est venu de tenir notre parole», renchérit pour sa part Bute, persuadé de pouvoir mieux tirer son épingle du jeu qu'à son seul autre combat à 175 lb, il y a trois ans, contre Jean Pascal. Le Roumain d'origine de 36 ans combat d'ordinaire à 168 lb, catégorie où il a régné sur l'IBF durant près de cinq ans.

La foule

L'expérience, la vitesse et l'appui de la foule le favoriseront, croit le vétéran. «Chaque fois que j'ai boxé à Québec [ce sera sa sixième présence], la foule était avec moi et m'a donné beaucoup d'énergie positive. Je suis convaincu que vendredi, la foule va être avec moi et on va pousser pour un bon spectacle», dit-il.

Sujet sur lequel Alvarez est d'accord. «La foule va crier pour Lucian Bute, pas pour Eleider Alvarez, convient-il. Mais ça va me donner encore plus d'énergie!»

La cloche sonnera à 19h pour le premier des six combats. La demi-finale impliquant le boxeur local Éric Martel-Bahoéli est prévue à 21h30 et Bute et Alvarez sont attendus dans le ring vers 22h15, 22h30.

Autant pour affronter Bute ou Stevenson

Même si sa chance de devenir champion du monde est à nouveau reportée, Eleider Alvarez ne sortira pas perdant sur le plan financier de son combat contre Lucian Bute. Sa bourse s'avère sensiblement la même que s'il avait affronté Adonis Stevenson, la ceinture en moins. Gérant des trois boxeurs québécois, l'Américain Al Haymon «cherchait une façon de maximiser la bourse potentielle» d'un éventuel choc entre le champion Stevenson et son aspirant obligatoire Alvarez, explique le promoteur Yvon Michel. Le combat prévu contre Chad Dawson aurait servi à ça, l'été dernier, mais a été annulé. Puis Bute est entré dans la danse, à sa demande. Alvarez encaisse un chèque dans les six chiffres dès maintenant, bourse garantie dans son cas au contraire de Bute, et visera le double à l'étape supérieure. Et en attendant Stevenson, Alvarez se tape un troisième gaucher d'affilée, même main forte que le champion.

Encore 10 000 spectateurs espérés

Même si un peu plus de 5000 billets ont été vendus jusqu'ici pour assister au gala de vendredi, le promoteur Yvon Michel croit encore pouvoir attirer 10 000 spectateurs au Centre Vidéotron pour Bute-Alvarez. «Je suis convaincu que dans les prochains jours, on va avoir une affluence importante. Les gens vont comprendre encore davantage l'importance de ce combat», avance le président de GYM, rappelant que les affrontements Bute-Andrade (2009), Pascal-Hopkins (2010) et Bute-Johnson (2011) avaient rallié 16 473, 16 500 et 15 306 amateurs au Colisée de Québec. La dernière prestation de Lucian Bute dans la capitale, sa défaite contre James DeGale en novembre 2015, avait attiré 8624 spectateurs au Centre Vidéotron. La dernière fois que la boxe a réuni plus de 10 000 personnes au même endroit à Québec remonte donc à 2011, époque plus glorieuse pour Bute. Les quatre combats de championnat du monde impliquant Adonis Stevenson tenus à Québec n'ont pas fait mieux.




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