Bute: «Je suis un autre boxeur»

L'étoile de Lucian Bute a peut-être pâli, sur... (Le Soleil, Erick Labbé)

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L'étoile de Lucian Bute a peut-être pâli, sur le ring, depuis l'époque des neuf défenses victorieuses de son titre de champion du monde, mais pas en dehors, où il continue de susciter l'admiration.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) «Il n'a pas connu la défaite à date, mais ça va être, vendredi, la première fois. Tout le monde a commencé comme ça. Moi aussi, j'ai été longtemps invaincu. C'est à ce moment-là que j'ai perdu. Ça va être son tour, vendredi soir.»

Lucian Bute a vécu une longue traversée du désert après sa première défaite en carrière, contre Carl Froch en 2012. C'est d'ailleurs là-dessus que Bute met sa contreperformance lors de son dernier combat à 175 livres, une défaite sans équivoque contre Jean Pascal en janvier 2014. Habitué de se battre à 168 livres, Bute sera de retour chez les mi-lourds, sept livres plus gros, vendredi soir.

«Je n'avais pas fait un bon combat contre Pascal, mais je ne veux même pas m'expliquer pourquoi. On sait que c'était après ma défaite contre Froch. Je n'étais pas prêt psychologiquement. Je pensais que j'étais de retour, mais ce n'était pas le cas. Depuis ce moment-là, je suis un autre boxeur, j'ai fait deux autres combats de championnat, la confiance est revenue», a expliqué Bute après son entrainement public, dimanche. 

Vendredi soir, au Centre Vidéotron, Bute (32-3-1, 25 K.-O.) a bien l'intention de faire vivre à Eleider Alvarez (21-0, 10 K.-O.) ce qu'il avait vécu en 2012. Ne comptez cependant pas sur le Roumain pour souhaiter un long passage à vide à son adversaire en cas de défaite. C'est qu'à 36 ans, Lucian Bute ne connait encore qu'une façon de parler de ses adversaires : sans aucune méchanceté. 

Sa classe et son humilité ont toujours fait son succès auprès du public québécois. C'est entre autres ce qui explique pourquoi ils étaient encore si nombreux, dimanche, à Place Fleur de Lys, à l'encourager durant son entrainement et à faire la file pour un autographe. L'étoile de Lucian Bute a peut-être pâli, sur le ring, depuis l'époque de ses neuf défenses victorieuses de son titre de champion du monde, mais pas en dehors. 

Dites à Bute qu'Eleider Alvarez a prédit un K.O., il vous fera gentiment remarquer que le Colombien n'en a pas beaucoup à sa fiche. «C'est facile de parler; l'important, c'est ce qu'on va faire sur le ring.»

Dites-lui que son adversaire a prédit la fin de sa carrière après le combat de vendredi soir, Bute s'empresse de dire qu'il respecte beaucoup Alvarez, mais que, gagne ou perd, c'est lui seul qui décidera quand il accrochera ses gants. 

Les pompiers peuvent dormir sur leurs deux oreilles, il n'y a pas d'huile sur le feu. 

Négligé, mais expérimenté

Ce qui n'empêche pas Bute, qui en sera à un quatrième combat sous les ordres de Howard Grant, d'aborder le duel de vendredi avec confiance, malgré son statut de négligé. «J'ai beaucoup plus d'expérience. Il n'a jamais vécu cet aspect-là de pression», a pointé le Roumain, dont le dernier combat s'est soldé par un verdict nul contre Badou Jack, puis un test antidopage positif. Il s'agissait alors du 13e combat de la carrière de Bute en championnat du monde. 

«Ça va être difficile pour Alvarez, en plus quand le public va être avec moi. C'est un combat très important. Je ne sais pas comment il va réagir», a poursuivi Bute, qui travaille toujours avec le controversé préparateur physique Angel Heredia. 

Dans cette guerre interne chez GYM, Yvon Michel avoue s'être assuré avec Lucian Bute que s'il l'emporte, ce dernier désire réellement monter dans le ring ensuite avec le puissant champion Adonis Stevenson. C'est que GYM a bien l'intention d'organiser un autre duel local d'envergure en 2017. 

«J'ai accepté ce combat éliminatoire contre Alvarez parce que c'est pour un combat de championnat du monde. Mon rêve est de me rebattre en championnat du monde et de gagner le championnat», a lui-même énoncé Bute, dimanche, dissipant tous les doutes.

Sébastien Bouchard prêt pour le risque et l'inconnu

Sébastien Bouchard n'est pas en territoire inconnu... face à l'inconnu. Pour un deuxième combat consécutif, il embarquera dans le ring, vendredi soir, face à un boxeur dont il ne connait que très peu de choses. Un exercice stressant pour certains pugilistes, mais pas pour le cérébral athlète de Baie-Saint-Paul. 

«On n'a pratiquement aucun vidéo sur lui. On a un vidéo qui dure trois minutes, c'est un 12e round, il y a un an et demi, donc c'est très peu représentatif», a souligné Bouchard, dimanche, après son entrainement public à Place Fleur de Lys, à propos du Mexicain Gustavo Garibay (13-7-2, 5 K.-O.). 

Ne pas connaitre son adversaire n'est pas un problème pour «Boutch» (14-1-0, 5 K.-O.). Son entraineur François Duguay et lui rappellent que s'il a bien une force sur le ring, c'est sa capacité d'adaptation durant ses combats.

Il ne sous-estimera pas Garibay. «Le gars n'a pas une fiche reluisante, mais il n'a pas de défaite à ses sept derniers combats, il s'est battu pour des titres à ses quatre derniers. Il est champion du Mexique et champion NABO latino. Il a l'expérience des 12 rounds. Je pense que c'est un gars qui n'a pas été protégé en début de carrière, mais qui va être un bon test.»

«C'est un combat plus risqué que les combats que Sébastien a eu jusqu'à présent dans sa carrière», croit pour sa part son promoteur Yvon Michel. À l'exception de sa seule défaite en carrière, un combat aux États-Unis accepté dans des délais serrés, Bouchard a toujours fait face à des adversaires contre qui «on pensait bien qu'il était pour l'emporter», aux dires du patron de GYM. Ce ne sera pas si évident vendredi. «Sébastien est un gars sur qui l'on compte et le combat qu'il va livrer vendredi prochain va nous permettre d'évaluer où il est rendu.»

« Boîte téléphonique»

Une chose est sure, Bouchard est chaud à l'idée d'avoir devant lui un Mexicain pour un deuxième combat consécutif. Les pugilistes de ce pays sont reconnus pour se planter devant leur adversaire et échanger, plutôt que courir autour du ring. «Il va être dans ma face, et Dieu sait que j'aime ça, boxer dans la boîte téléphonique, comme on dit en boxe», a lancé avec un large sourire celui qui travaille au port de Québec en parallèle de sa carrière de boxeur. 

Quinzième au classement nord-américain NABO, Bouchard espère continuer de grimper avec une victoire contre Garibay. Son entraineur Duguay dit s'attendre à ce que son poulain se batte pour le titre nord-américain dans un des deux combats qui suivront celui de vendredi.




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