Thomas Williams ne compte pas s'éterniser

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(Québec) Thomas Williams fils n'a pas l'intention de s'éterniser dans le ring du Centre Vidéotron, vendredi soir. Il prévoit terrasser Adonis Stevenson avant la fin du sixième round.

Et repartir de Québec avec la ceinture de champion WBC des poids mi-lourds, que le Québécois défendra pour la septième fois. «Ça ne dépassera pas six rounds», a proclamé l'aspirant, mardi midi, à son arrivée à l'aéroport Jean-Lesage.

«À mon dernier combat, j'avais prédit un knockout avant le troisième round, je l'ai eu au deuxième. Cette fois-ci, je prédis un knock-out avant la fin du sixième, et ça va arriver vendredi!»

Malgré qu'il ne se classe que huitième aspirant au titre WBC des 175 lb détenu par Stevenson (27-1, 22 K.O.) depuis plus de trois ans, Williams (20-1, 14 K.O.) ne manque pas de confiance.

«Ceux qui me connaissent savent que je suis très confiant. Ma mère disait toujours que j'avais la tête dure quand j'étais enfant et ça n'a pas changé!» a souri celui dont 10 des 14 knockouts victorieux ont été obtenus au cours des deux premiers rounds et trois autres au troisième.

Dans le cas du champion, c'est 12 sur 22 dans les six premières minutes et deux de plus à la troisième reprise. Dont son dernier combat, contre Tommy Karpency, qui date de septembre. 

«Jusqu'ici, aucun de ses adversaires n'a essayé d'être proactif et d'apporter le combat à Stevenson au lieu d'être passif, d'attendre et essayer de survivre. Personne n'a encore été offensif contre lui, alors on va voir comment il va réagir vendredi. Je vais l'attaquer et il le sait», a indiqué Williams, faisant peu de cachettes de sa stratégie.

Le champion a quand même 10 ans. Son temps est fait, croit en gros l'aspirant. «Il a fait son argent, c'est le temps de laisser la place au jeune loup.» Williams aura 29 ans en août et Stevenson, 39 en septembre. 

«Je suis à mon mieux! Et la jeunesse l'emporte toujours sur la vieillesse. La vitesse des jambes, le temps de réaction, tout! Ce qui le porte encore à cet âge, c'est sans doute sa puissance.

«Mais à mon dernier combat, tout le monde pensait que [Edwin] Rodriguez me passerait le K.-O., que le seul qui l'avait battu était Andre Ward et qu'il n'avait même pas été capable de le knocker, qu'il avait beaucoup plus d'expérience que moi... Une fois dans le ring, j'ai eu l'air du plus expérimenté», souligne l'Américain, à propos de cette guerre éclair gagnée le 30 avril.

La faveur du public 

Quant à la faveur du public, Williams s'attend à voir l'assistance du Centre Vidéotron partagée moitié-moitié.

«Plein d'amateurs de Québec et de Montréal m'ont contacté par Twitter et Facebook pour me dire : ''Tu dois le battre, on ne l'aime pas.'' On dirait que les gens au Canada n'aiment pas Adonis Stevenson. Je ne sais pas pourquoi! Mais il n'aura pas autant l'appui des spectateurs qu'attendu», croit-il.

Sept personnes au minium seront dans son camp. Les quatre membres de son équipe, dont l'entraîneur George Peterson, qui a mis deux heures de plus que ses acolytes avant de franchir les douanes canadiennes, mardi, avant de poser un lapin aux journalistes qui l'attendaient toujours.

Williams aura aussi sa femme et deux de ses trois enfants dans la salle, arrivés à Québec lundi, alors que son vol à lui était repoussé au lendemain en raison d'un bris mécanique. «J'ai très hâte de les voir et ils ont hâte de me voir boxer, vendredi», a conclu le résidant de la région Washington.

Un père qui truquait des combats

Thomas Williams Jr ne vient pas à Québec avec l'intention de se coucher. Le puissant cogneur à la fiche de 20-1 est un aspirant réglo au trône d'Adonis Stevenson. Enfant, il a appris la boxe en suivant son père au gymnase. Thomas Williams Sr était considéré comme un bel espoir poids lourd dans les années 1990. Il porte son nom et même son surnom, Top Dawg (dog). Mais là s'arrêtent les comparaisons.

Thomas Williams père a été le premier et seul boxeur emprisonné pour conspiration et corruption sportive dans l'histoire des États-Unis. En bref, il s'est couché pour de l'argent. En février 2005, le juge l'a condamné à 15 mois de pénitencier pour avoir truqué des combats. Au terme du procès, le promoteur Robert Mitchell avait pour sa part écopé 37 mois de prison.

Mitchell menait la carrière de son protégé Richie Melito à coups de tricheries et Williams avait accepté

10 000 $ de plus pour assurer la victoire de Melito dans leur affrontement d'août 2000.

Mais Williams avait mis le bras dans l'engrenage cinq mois plut tôt, quand un promoteur danois lu avait versé un boni de 25 000 $ pour se coucher contre Brian Nielsen, knockout au troisième round qui a entre autres servi de tremplin à Nielsen pour affronter un certain Mike Tyson, l'année suivante.

À l'insu de Williams, son gérant George Peterson avait enregistré ses aveux avant le duel contre Nielsen, enregistrements fournis au FBO et présentés en cour. Peterson avait aussi témoigné contre son ancien protégé, tout comme sept boxeurs et deux autres match­makers pour l'ensemble du procès contre Mitchell et Williams, dont Robert Mittleman, également impliqué et condamné dans cette affaire.

Tenu à l'écart

De ses 12 derniers combats professionnels, donc à partir de Nielsen, Williams a avoué au Washington Post en 2014 que la moitié étaient arrangés. Il y disait même avoir retiré une certaine fierté de la vraisemblance de ces mises en scène. Il en a perdu 10 sur 12, dont neuf par mise hors de combat avant la fin pour conclure sa carrière avec un dossier de 28-17.

Peterson est aujourd'hui dans le coin de fiston comme entraîneur et, aux dernières nouvelles, ne voulait rien savoir de ramener le paternel dans l'entourage sportif de l'étoile montante. L'ancien gérant douterait encore de la pureté des intentions de Williams père.

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