Pas de casque... pour la sécurité

Le président de Boxing Canada, Pat Fiacco (à... (Archives La Presse Canadienne)

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Le président de Boxing Canada, Pat Fiacco (à gauche) , a servi d'entraîneur d'un jour à Justin Trudeau en 2013.

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(Québec) L'interdiction du casque chez les boxeurs amateurs seniors a été implantée pour la sécurité des athlètes, assure le président de Boxing Canada, Pat Fiacco.

Dans Le Soleil de mardi, l'entraîneur de Québec Ghislain Vaudreuil et le président de son club, Étienne de Blois, dénonçaient l'attitude de Boxing Canada dans le dossier. Craignant de voir les commotions cérébrales se multiplier en boxe amateur - une crainte partagée par plusieurs intervenants du milieu -, ils déploraient ne pas avoir accès aux études qui démontrent que le casque était plus nuisible que bénéfique pour les commotions cérébrales.

Mardi, Fiacco a fait parvenir au Soleil les résumés de deux études qui démontrent une diminution des commotions cérébrales sans le port du casque, banni chez les messieurs depuis 2013.

Joint par courriel, l'ancien maire de Regina a répondu à quelques questions du Soleil sur ce sujet controversé. Rappelons qu'il est aussi membre du comité exécutif de l'Association internationale de boxe amateur (AIBA), l'instance qui a tranché contre le port du casque.

Q Sentez-vous une grande résistance au Canada contre la nouvelle règle concernant le casque?

R Il y a eu un peu de résistance, mais la majorité s'est bien adaptée à la nouvelle règle. Les entraîneurs, arbitres et boxeurs se sont ajustés et s'en sortent très bien.

Q Lorsque M. de Blois vous a demandé de voir l'étude concernant les commotions cérébrales, vous lui auriez dit que son travail n'était pas de poser des questions, mais de faire ce qu'on lui dit de faire. Est-ce vrai?

R Je suis surpris que c'est ce qu'il pense que j'ai dit. Je n'ai certainement pas dit ça. J'ai indiqué que Boxing Canada respectera le changement de règle. On vit en démocratie et on devrait toujours poser des questions, c'est de cette façon qu'on apprend et sommes capables de comprendre.

Q Que répondez-vous à ceux qui disent que la décision de retirer les casques vise seulement à rendre le sport plus spectaculaire?

R Tout le monde a droit à son opinion. Cette décision a été prise pour la santé des boxeurs. Les commotions cérébrales ont été réduites de 43 % depuis que le casque a été retiré.

Q Est-ce que le casque sera éventuellement banni pour les femmes et les jeunes aussi?

R L'ancienne administration de l'AIBA recommandait que le casque soit retiré chez les femmes et les jeunes d'ici 2018. Toutefois, rien ne changera jusqu'à ce que soient conduites les mêmes recherches que pour les hommes. Notre attention va à la sécurité des athlètes et nous baserons nos décisions sur des recherches médicales et scientifiques faites par des experts qualifiés. C'est important de comprendre que nous [Boxing Canada] sommes membres de l'AIBA et gouvernés par ses règles. L'AIBA est la seule organisation reconnue par le Comité international olympique et Boxing Canada, la seule organisation reconnue par le Comité olympique canadien.

Q Avez-vous peur que les jeunes et leurs parents tournent le dos à la boxe, pensant qu'elle n'est pas aussi sécuritaire qu'elle l'était?

R Nous avons une augmentation du nombre de clubs de boxe et du nombre de membres de tous les âges. Les parents ont plusieurs options pour placer leurs enfants dans différents sports. Les enfants boxent tous avec des casques. Seuls les hommes de niveau élite se battent sans casque.

***

Le charisme contre la sécurité

L'organisateur des Championnats canadiens de boxe, Benoit Martel, a reconnu être partagé sur l'interdiction du casque chez les hommes seniors au Canada. «Le spectacle est beaucoup amélioré, parce que tu vois le charisme du boxeur, tu vois ce qui se passe, plutôt qu'une boule bleue et une boule rouge qui se battent. Mais au niveau sécurité, c'est sûr qu'il y a plus de coupures, un peu plus de commotions [cérébrales]. Si éventuellement ils descendent ça pour les juniors, je vais être un peu contre», a expliqué Martel, rappelant que contrairement au Canada, les États-Unis n'ont pas emboîté le pas à l'Association internationale de boxe amateur. Reste à voir si cette décision aura un effet sur le nombre d'athlètes qui pratiquent le sport. Celui qui est aussi entraîneur-chef du club EnergyBox, à Saint-Romuald, n'a pas remarqué une diminution de boxeurs seniors depuis l'adoption du nouveau règlement. Jean-Nicolas Patoine

Plus populaire à Québec qu'à Montréal

Pour la première fois, les boxeurs des catégories juvénile, junior et senior participeront en même temps au Championnat canadien. La compétition s'est amorcée mardi au Hilton de Québec, une journée plus tard que prévu. Au total, 236 boxeurs, dont une qiunzaine de la région de Québec, seront en action jusqu'à samedi. «L'objectif à long terme, c'est d'en faire un festival», a expliqué Roy Halpin, directeur exécutif de Boxing Canada. «De faire beaucoup plus que ce qui se passe dans le ring.» L'ajout de kiosques et la possibilité de tenir la compétition dans un aréna sont des avenues mentionnées par l'organisateur, Benoit Martel. C'est la quatrième fois que Martel et son équipe sont responsables de cette compétition, après celles de 2010, 2013 et 2015, qui étaient présentées au Concorde, dans une salle désormais trop petite. «Il y a une grosse possibilité qu'on ait [les championnats] pour les deux prochaines années», a révélé Martel, qui constate que la boxe amateure est beaucoup plus populaire à Québec qu'à Montréal.

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