Se battre contre les meilleurs

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Contre le meilleur des meilleurs, les chances de perdre grimpent en flèche. C'est ce qui est arrivé à Bizier, samedi, à Sheffield.

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(Sheffield) BILLET / Les détracteurs de la boxe québécoise ont redémarré leur moteur. «Nos boxeurs ont de la misère à l'extérieur du Québec», peut-on lire sur les réseaux sociaux. Normal. Quand un gars comme Kevin Bizier va jusqu'en Angleterre pour se battre, c'est pour affronter la crème de la crème.

Et contre le meilleur des meilleurs, les chances de perdre grimpent en flèche. Logique. C'est ce qui est arrivé à Bizier, samedi, à Sheffield. Le roi des 147 lb de l'IBF, Kell Brook, lui a été largement supérieur, réglant le cas de la fierté de Saint-Émile à 2 min 15 s du deuxième round.

La déconfiture de Bizier s'ajoute au cuisant revers de David Lemieux contre Gennady Golovkin, en octobre dernier, même chose pour Dierry Jean contre Terrence Crawford. Jo Jo Dan avait tout juste fait mieux contre Brook à pareille date, l'an dernier. Rappelons l'échec retentissant de Lucian Bute contre Carl Froch, en 2012, et pourquoi ne pas remonter jusqu'à Éric Lucas contre Mikkel Kessler, en 2006.

Mais les Brook et Golovkin de ce monde sont dans une classe à part. Ils ne sont pas champions du monde pour rien. Cela ne fait que prouver tout le mérite qu'ont eu des gars comme Lucas, Bute, Jean Pascal et encore maintenant Adonis Stevenson de détenir une ceinture de champion du monde.

Non, Bizier n'a pas été à la hauteur des attentes. Non, il n'a pas offert la performance escomptée par lui-même d'abord, son entraîneur Marc Ramsay, son promoteur Yvon Michel et ses partisans. Et non, c'est on ne peut plus clair, Bizier n'est pas du même calibre qu'un Brook.

«Il est probablement le remplaçant de Floyd Mayweather au plan du talent», a estimé Michel, après la dégelée encaissée par son poulain. D'aucuns estiment que les mi-moyens s'avèrent la catégorie de poids la plus relevée de la boxe avec Errol Spence, Shawn Porter, Amir Khan et Manny Pacquiao même pas champions aux côtés des Brook (IBF), Danny Garcia (WBC), Timothy Bradley (WBO) et Keith Thurman (WBA).

Mais oui, Bizier y a mis tout ce qu'il pouvait et son coeur avec. Oui, il avait mérité sa place dans le même ring que le prodige de Sheffield en remportant un duel éliminatoire contre Fredrick Lawson, en novembre, à Miami. Alors oui, il peut rentrer à Québec la tête haute.

Bizier et Brook s'affronteraient 100 fois que le Québécois sortirait vainqueur une fois ou deux. Ce n'était pas cette fois-ci.

Comme disait une sage sensible, c'est-à-dire mon amoureuse par message texte pendant que je rédigeais mon compte rendu du combat, samedi soir : «La défaite ne définit pas un homme. C'est la façon de se relever de cette défaite qui le définit.» D'accord, elle n'a pas inventé ça. Mais elle poursuit : «Kevin a montré au monde l'homme fort qu'il est en mettant les gants et en les enlevant avec dignité.» Et là-dessus, elle a tout à fait raison.

Le danger pour Bizier est de voir l'arbre au lieu de la forêt, retenir cette amère défaite au lieu de tout le chemin parcouru pour en arriver là. Il restera à jamais le tout premier boxeur de la région de Québec à s'être battu en combat de championnat du monde. Pour ça, il mérite le respect.

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