Briser le coeur et les os

Les menaces de Kell Brook n'ont pas intimidé... (Le Soleil, Olivier Bossé)

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Les menaces de Kell Brook n'ont pas intimidé Kevin Bizier lors de la traditionnelle conférence de presse. Toutefois, le Québécois a admis que la fébrilité et le stress commençaient à se faire sentir à l'approche du combat de samedi.

Le Soleil, Olivier Bossé

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(Sheffield) ENVOYÉ SPÉCIAL À SHEFFIELD /  «Samedi soir, ce sera de briser le coeur de monsieur Bizier et de briser les os de monsieur Bizier.» Kell Brook a commencé à montrer les dents, jeudi. Tenir des propos aussi violents à l'endroit de quelqu'un tout en l'appelant monsieur, so british!

«Ça vient de ma frustration de ne pas m'être battu depuis longtemps [10 mois], des blessures qui m'ont fait rater tant de choses. Monsieur Bizier devra en payer le prix, je suis désolé!» a poursuivi le champion du monde des 147 livres de l'IBF à l'attention du représentant du Soleil.

Lui briser le coeur et les os. On dirait une phrase sortie d'un film de Jean-Claude Van Damme. Que Brook vénère depuis sa tendre enfance, m'a confié sa mère. «Il aimerait tellement le rencontrer!» affirme Julie Brook, qui sera à l'aréna samedi soir, mais demeurera dans les coulisses durant le combat principal.

«J'aime voir son entrée et les gens qui l'acclament, mais je n'ai jamais regardé un seul de ses combats.» Son coeur de mère ne le lui permet pas. Son fiston «ne veut pas vraiment lui casser les os. Dire ce genre de choses fait partie de la boxe», se rassure la maman.

Yvon Michel a traduit la déclaration choc de Brook à l'oreille de Bizier, durant la conférence de presse. L'anglais de la fierté de Saint-Émile n'est pas à point et avec l'accent du Yorkshire du Sud, encore moins. Bizier a trouvé ça drôle.

«Je pourrais dire que je vais lui briser les côtes, mais regarde... On va essayer, mais on ne lui dit pas! Moi, je sais qu'il va essayer de me casser, mais lui ne sait pas que moi aussi, je suis là pour ça», a lancé après coup l'aspirant, sourire en coin.

À ne pas en douter, la tenue de la conférence de presse dans une salle du stade de soccer Bramall Lane devant plusieurs dizaines de personnes a allumé l'interrupteur chez lui.

«La fébrilité et le stress du combat commencent là», a admis Bizier. «Je viens de le regarder dans les yeux... Moi aussi, je vais le cogner dur. Il ne peut pas ne pas être stressé lui non plus. Il s'en va se battre chez lui et je suis le genre de bagarreur que plusieurs boxeurs n'aiment pas affronter parce que je suis ardu, dur.»

Rien avant la cloche

La menace de fractures ne semble pas avoir intimidé Marc Ramsay non plus. «Ce n'est pas le premier qui nous dit ça et pas le premier qui va essayer!» s'est esclaffé l'entraîneur de Bizier. «Je me rappelle que Marcos Maidana avait dit ça à Kevin en qualifications olympiques [de 2004] au Mexique et Maidana s'est ramassé au tapis. Ça fait que Marcos Maidana, Kell Brook, on est habitués. Kevin a vu beaucoup de boxe.»

L'Argentin est ensuite devenu champion du monde dans deux catégories de poids chez les pros et a entre autres affronté Floyd Mayweather à deux reprises et Amir Khan.

Quant à l'absence de réplique officielle de son protégé, Ramsay n'y voit pas de problème. «Kevin, c'est Kevin. Il n'ira pas faire un feu d'artifice à la conférence de presse. Mais vous pouvez être sûr d'une chose, quand la cloche va sonner, on va partir après», garantit le coach.

Samedi vers 22h15, donc 18h15 au Québec, Bizier grimpera dans l'arène au son de The Day That Never Comes (Le jour qui ne vient jamais), de son groupe favori Metallica, et sûrement des huées du bon peuple de Sheffield. Le chouchou de la foule fera ensuite son entrée sur la chanson du rappeur Kanye West All of the Lights (Toutes les lumières), d'où le gala tire son titre.

Aller où ça fait mal

À 31 ans, Kevin Bizier est à la... (Le Soleil, Olivier Bossé) - image 3.0

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À 31 ans, Kevin Bizier est à la croisée des chemins. Une victoire samedi contre Kell Brook le propulserait au sommet, une défaite pourrait l'expédier à la retraite. 

Le Soleil, Olivier Bossé

«Ça peut être un des pires cauchemars de ma vie ou mon meilleur combat. Mais c'est ça, la boxe, tabarnache! Je suis en championnat du monde dans le sport le plus dur au monde. Il faut que j'aille où ça fait mal.»

Samedi soir, à l'aréna de Sheffield, dans le nord de l'Angleterre, Kevin Bizier sera le tout premier boxeur de l'histoire de la région de Québec à se battre en combat de championnat du monde. Ce sera très loin d'être facile. Sans doute même plus difficile qu'il ne l'imagine. Mais il va y mettre tout ce qu'il a et le meilleur.

«Est-ce que je vais être capable de prendre ses claques? On va voir», laisse-t-il tomber, à la fois conscient et confiant. «Je suis quand même devant le champion du monde, ce n'est pas un deux de pique. Je sais que la mission est dure. Mais je suis au meilleur de ma forme et j'espère que samedi, ça va sortir comme je veux. Je vais tout donner dans ce ring-là pour revenir avec la ceinture», a affirmé Bizier, à la traditionnelle conférence de presse d'avant-veille du combat.

À 31 ans et bientôt trois enfants, il est à la croisée des chemins. Une victoire le propulserait au sommet, une défaite pourrait l'expédier à la retraite. «Si je gagne, je deviens millionnaire. Si je perds, j'ai mon bloc appartements. Alors je n'ai pas de pression. Je suis prime et j'y vais le tout pour le tout.»

Bizier mettra la main sur la plus grosse bourse de sa carrière, autour de 450 000 $CAN. Pas tous dans ses poches, mais quand même. Un titre de champion du monde le ferait ensuite grimper dans les bourses à sept chiffres, comme c'est présentement le cas pour Kell Brook.

L'entraîneur de Brook pousse le bouchon

L'entraîneur du champion a de son côté trouvé que le Québécois avait l'air un peu nerveux lors de l'entraînement public de mardi. «Il avait l'air un peu tendu, comme un homme pour sa nuit de noces. Il a des choses à prouver», a souri Dominic Ingle, fier de son effet au parterre.

Après sa prédiction de mardi d'une victoire de son poulain avant la fin du huitième round, Ingle a poussé le bouchon un cran de plus jeudi en disant s'attendre à «au moins six ou sept rounds avant que ce soit trop» pour Bizier.

Rappelant au passage l'allure parfaite de Luis Galarza, en 2011, à Atlantic City, vêtu d'un t-shirt de Rocky. «Il a tout lancé au quatrième round et a atteint Kell à quelques reprises. Qui m'a ensuite dit dans le coin que c'était le temps de le finir, mais je lui ai répondu d'attendre que quelque chose se présente. Et comme de fait, la porte s'est ouverte au cinquième et le gars a dû aller à l'hôpital. C'est dommage, mais c'est la boxe.»

Même s'il adopte un style très différent de Jo Jo Dan, Ingle ne peut se résoudre à classer Bizier dans un calibre supérieur à Dan parce qu'il a perdu deux fois contre lui. Brook s'est débarrassé de Dan en quatre rounds, il y a exactement un an. «Il va réaliser après quatre ou cinq rounds que son sac est vide», croit Ingle.

Le promoteur Yvon Michel a pour sa part mis le clan du champion en garde. «Kevin Bizier a mérité sa place ici, ce n'est pas un cadeau qu'on lui fait. J'ai lu partout que Brook souhaitait avoir une bonne opposition. Mais il faut faire attention à ce que l'on souhaite parce que tu peux l'avoir et ensuite être pris avec.»

Dernier rendez-vous avant le combat vendredi après-midi pour la pesée, pas plus de 147 livres dans leur cas.

LU

Dans Le Soleil il y a une dizaine de jours que le boxeur de Québec Sébastien Bouchard avait enfin signé son premier contrat de promotion avec GYM. Vous apprendrez maintenant dans nos pages que le super-mi-moyen à la fiche de 12-1 livrera son premier combat sous l'égide du promoteur Yvon Michel le samedi 4 juin, au Centre Bell de Montréal. La finale du gala mettra en vedette l'explosif Artur Beterbiev. Ni l'un ni l'autre ne connaît encore son adversaire.

VU

Le téléfilm Hillsborough raconte la mort de 96 personnes au stade de soccer Hillsborough, à Sheffield, en 15 avril 1989, et la commission d'enquête qui s'est penchée ensuite sur le travail des responsables de la sécurité. Les victimes de la pire tragédie dans l'histoire du soccer européen ont été écrasées par la foule dans un enclos des gradins réservé aux partisans de l'équipe visiteuse, le Liverpool FC, qui affrontait Nottingham Forest en demi-finale de la FA Cup. La création de sections clôturées répondait aux problèmes de hooliganisme des années 60 et 70. Le club de soccer de deuxième division Sheffield Wednesday, dont le nom provient d'un club de cricket qui disputait ses matchs le mercredi, joue à Hillsborough, mais pas cette semaine. En ce Vendredi saint, Sheffield United joue par contre en après-midi au stade où se tenait la conférence de presse de boxe jeudi.

ENTENDU

Que ses concitoyens de Sheffield n'adorent pas tous Kell Brook. «Il a la grosse tête», a confié une employée de la sécurité du stade de soccer Bramall Lane, où se tenait la conférence de presse de jeudi. La dame, qui est aussi éducatrice dans une école auprès d'élèves en difficulté d'apprentissage, reconnaît tout le travail abattu au fil des années par le champion, dont la famille vient du même quartier modeste que son grand-père. Mais sa «grande bouche» ne lui attire pas que des admirateurs.

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