Les femmes de plus en plus présentes en boxe

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La gérante sud-africaine Jodi Solomon et son protégé, Isaac Chilemba

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(Québec) La présence d'une femme dans la boxe professionnelle masculine demeure une curiosité. Elles sont toutefois de plus en plus nombreuses autour du ring et ne se gênent pas pour brasser de grosses affaires.

«Je ne me suis jamais bâdrée de ce que les gens pouvaient penser. Je ne suis la blonde de personne, alors je peux me regarder dans le miroir», établit Alexandra Croft. Seule femme parmi les quatre fondateurs de GYM, entreprise organisatrice du gala de samedi à Québec, la vice-présidente a fait ses classes en plus de 20 ans dans le milieu.

Croft a entre autres été gérante des poids lourds Jean-François Bergeron et Patrice L'Heureux, au tournant des années 2000, avant de devenir promotrice. «C'est moi qui l'ai inventée, ma place. Je l'ai faite, je ne l'ai pas volée. Je ne l'ai même pas payée!» lance-t-elle, claire sur le fait que seul son travail acharné l'a hissée vers le sommet.

Toujours des détracteurs

Constat similaire pour la gérante sud-africaine Jodi Solomon. «Au début, beaucoup de gens se demandaient ce que je connaissais là-dedans, croyaient qu'une autre raison motivait ma présence que le simple fait que je pourrais peut-être connaître ça», explique celle qui aurait aimé devenir boxeuse professionnelle.

Son protégé Isaac Chilemba faisait les frais de la demi-finale, au Centre Vidéotron. Il l'a choisi pour la relation de partenaires d'affaires qu'elle entretient avec ses boxeurs et non de patron à employé, comme c'était le cas avec son gérant précédent.

«Plusieurs personnes ont d'abord critiqué mon choix, se disant que je devais coucher avec elle», révèle Chilemba. «Mais deux ou trois mois plus tard, elle m'a trouvé un combat de championnat du monde. À partir de là, plusieurs boxeurs ont commencé à communiquer avec elle pour l'avoir comme gérante.

«Elle a ensuite été le premier gérant africain à faire signer un boxeur avec un promoteur américain. Je remercie Dieu pour l'avoir rencontrée», indique le pugiliste originaire du Malawi et dont la promotion est assurée par Main Events, compagnie dirigée par la puissante Kathy Duva.

«Il y aura toujours des détracteurs, estime Solomon. Mais je ne m'en préoccupe pas. Je continue d'avancer pour obtenir le meilleur pour mes boxeurs. Ce que les gens de l'extérieur pensent m'importe peu. L'important, c'est ce que mes boxeurs savent.»

Bras droit de Don King

La gérante montréalaise d'origine russe Anna Reva dit s'être intéressée à la boxe dès sa tendre enfance. D'être une femme ne lui a jamais nui dans son travail, croit celle qui veillait aux intérêts d'Artur Beterbiev durant ses deux premières années chez les pros. Homme ou femme, les succès parlent d'eux-mêmes, selon Reva.

«Quand tu te fais challenger [parce que tu es une femme], c'est toujours par quelqu'un qui ne t'arrive pas à la cheville. Alors ça ne te dérange pas tellement», confirme Croft. «À un moment donné, tu prends ton erre d'aller et tu te retrouves avec tellement de belles têtes, des gens intelligents autour. Ça bouillonne, c'est un moteur et tu comprends pourquoi tu fais ça.»

Une femme, Dana Jamison, est aussi le bras droit du célèbre promoteur américain Don King depuis plus de 25 ans.

Le gros projet de Reva

Dans l'ombre depuis sa rupture professionnelle avec Artur Beterbiev au printemps, Anna Reva se promet une année 2016 lumineuse. La gérante a pris sous son aile le super-léger kazakh Batyr Jukembaev, entraîné par Stéphan Larouche. Elle travaille aussi sur un gros projet, un poids lourd qu'elle qualifie de «deuxième Klitschko». Sa nouvelle recrue russe devrait débarquer au Québec l'an prochain pour faire ses débuts dans les rangs professionnels.

«Les meilleurs entraîneurs en Russie l'ont évalué et ils m'ont dit qu'il serait encore meilleur et plus excitant à voir boxer que Beterbiev», affirme celle qui poursuit le mi-lourd tchétchène pour rupture de contrat. Reva dit que ce n'est «rien de personnel». «J'avais des bonnes intentions, j'ai fait de mon mieux pour l'amener où il est et il a décidé de suivre un autre chemin.» Elle cherche de plus d'un troisième poulain pour son écurie où elle dit privilégier la qualité au lieu de la quantité. 

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