Trois rounds, maximum six, prédit DeGale

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James DeGale et Lucian Bute se sont livrés à un silencieux et intense face-à-face d'une trentaine de secondes bien comptées.

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(Québec) «Ça pourrait durer six rounds, je l'ai vu dans ses yeux. Peut-être même trois, on verra. Faites vos jeux!»

James DeGale a lancé la guerre des mots, mercredi midi, en vue du combat de championnat du monde de samedi soir, à Québec. Lucian Bute n'a pas offert de réplique directe au détenteur du titre IBF des 168 livres. C'est plutôt un silencieux et intense face-à-face d'une trentaine de secondes bien comptées que le propriétaire de la ceinture a brisé avec sa bravade.

«Tu as des doutes, je le vois dans tes yeux! Tu as des doutes!» a aussitôt crié du parterre l'agent de Bute, Christian Ganescu, comme pour faire contrepoids sonore dans la salle bondée et trop petite de l'hôtel Le Bonne Entente.

«Ça donne l'impression qu'il n'a pas vraiment confiance en lui, il a peur», a ensuite commenté un Bute calme comme toujours. «Il sait que ce ne sera pas facile et il sent le besoin de montrer sa confiance. Mais ça ne se passera pas comme il pense. Ce sera l'inverse.»

Faut dire qu'à 35 ans, le Roumano-Québécois n'est plus le favori comme durant son règne de plus de quatre ans et demi au sommet de la division, de 2007 à 2012. Les preneurs aux livres le négligent à quatre contre un aux dépens du Britannique de 29 ans, dont il s'agit de la première défense de titre.

«Je vais commencer vite, je vais lancer un paquet de coups en partant et on va voir ce qui va arriver», a résumé DeGale, au sujet de sa stratégie. «Regardez contre Froch, regardez contre Andrade. Il lui manque quelque chose ici», dit-il à propos de son adversaire, en pointant le coeur. «Quand il se fait frapper, il se replie. Lucian Bute est bon au milieu du ring, où il peut bouger à sa guise. Mais quand il est pris dans le coin, il n'aime pas ça.»

DeGale s'assure néanmoins paré à travailler durant 12 rounds pour clore cette première soirée de boxe au Centre Vidéotron. «Je me sens comme une bête. À la façon de Marvin Hagler, je vais cogner pour détruire, samedi soir. Ce sera une performance explosive. Attachez vos ceintures!»

«Pas fini»

Bute concède à son rival d'être «le meilleur boxeur à 168 livres en ce moment», «le boxeur le plus talentueux que j'ai affronté». «Mais j'ai bien confiance en moi et je sais ce que je peux donner sur le ring. Je sais ce que je suis. Vous allez voir samedi soir que Lucian Bute n'est pas fini. J'ai tout pour gagner, j'ai tout pour le knocker», martèle l'ancien champion.

Il se réjouit de livrer cet affrontement à Québec, son cinquième dans la capitale, où il dit avoir offert ses meilleurs combats en carrière, contre Librado Andrade et Glen Johnson. «Le monde m'aime, ici, et je reviens toujours avec grand plaisir.»

Son entraîneur parle d'une «surprise» à voir samedi. «Lucian est prêt à 110 %. La santé, c'est magnifique et le camp d'entraînement incroyable. Il est tout correct», lance Howard Grant dans son français cassé.

DeGale, lui, en doute. Il croit que Bute a fait son temps, que courage et confiance lui font défaut. «Comment pourrais-je ne pas être confiant? Samedi sera son dernier jour de paye», conclut le seul Anglais à avoir gagné l'or olympique chez les amateurs, en 2008, et un championnat du monde chez les pros, en 2015.

À la suite de sa défaite contre Carl... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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À la suite de sa défaite contre Carl Froch, Lucian Bute s'est juré de ne plus remonter dans un ring en étant blessé.

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«Je reviens de très loin», dit Bute

Lucian Bute le répète : «Je regarde en avant.» Sa réponse à ceux qui disent que son dernier bon combat remonte à quatre ans, contre Glen Johnson, à Québec justement. Ensuite la catastrophe contre Carl Froch, puis les victoires aux dépens de Denis Grachev et d'Andrea Di Luisa entrecoupées par la défaite aux mains de Jean Pascal.

«Je reviens de très loin», a-t-il admis, mercredi midi. «Si je regarde le passé, ça ne donne rien. Froch, c'est il y a trois ans déjà. C'est resté dans ma tête un bon bout de temps, mais j'ai pris une pause de 18 mois après Pascal et ça m'a fait du bien. J'ai pris le temps de reculer pour penser à moi.»

Pas à 100 % contre Froch

Rares sont ceux qui savent que le soir de sa débâcle en cinq rounds à Nottingham, Bute jouait blessé. Sa main forte, la gauche, avait dû subir une anesthésie locale avant de monter entre les câbles. «On m'avait gelé la main, j'avais un problème au pied... C'était très dur pour moi. Mais ça, ce sont des excuses. Je ne veux rien enlever à la performance de Froch. Sauf que je n'étais pas à 100 % ni physiquement ni psychologiquement. Je pensais juste à ça.»

«Je me suis ensuite promis de ne plus jamais monter sur le ring blessé», poursuit Bute. «J'ai tout perdu, en tout cas j'ai perdu beaucoup à cause de ça. On pouvait juste le reporter deux mois plus tard...» laisse-t-il tomber, sans préciser qui dans son ancienne équipe a insisté pour aller de l'avant contre Froch dans les temps.

Rappelons qu'après Froch, Bute a reporté ou carrément annulé deux combats pour cause de blessure, d'abord contre Pascal, puis contre Roberto Bolonti.

Dix Britanniques champions du monde

La Grande-Bretagne abrite 10 champions du monde en titre de boxe professionnelle, deux de plus que les États-Unis. Un 11e pourrait s'ajouter samedi. Pendant que James DeGale défendra sa ceinture à Québec contre Lucian Bute, Tyson Fury tentera de ravir trois titres majeurs d'un coup à Wladimir Klitschko, à Düsseldorf, en Allemagne.

«Il doit y avoir quelque chose dans l'eau chez nous!» rigole DeGale. «Non, sérieux, je ne saurais dire pourquoi exactement, mais la boxe en Angleterre est en pleine explosion. Et il y en a d'autres très bons qui s'en viennent», prévient celui qui aime se voir comme un meneur pour cette génération dorée. Le dernier couronné est Lee Haskins, qui a dépouillé l'Américain Randy Caballero par défaut puisque ce dernier surpassait de cinq livres et demie la limite de 118 livres au moment de la pesée officielle. DeGale sera comparé à un autre compatriote et ancien détenteur de son trône IBF, Carl Froch, à la lumière de leur prestation respective contre Bute. Les deux se livrent une guerre dans les médias anglais et Froch a menacé de sortir de la retraite pour régler le compte de DeGale dans le ring.

À la poursuite de Stevenson

Le Québécois originaire de Colombie Eleider Alvarez (à... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 5.0

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Le Québécois originaire de Colombie Eleider Alvarez (à gauche) affrontera le Sud-Africain originaire du Malawi Isaac Chilemba, samedi au Centre Vidéotron.

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Dans une longue soirée de 10 combats débutant à 18h30, la demi-finale attirera l'attention. Le Québécois originaire de Colombie Eleider Alvarez se frottera au Sud-Africain originaire du Malawi Isaac Chilemba pour devenir l'aspirant obligatoire au titre mondial WBC des 175 livres détenu par Adonis Stevenson. Et trois autres grosses pointures de la division seront dans l'assistance en Sergey Kovalev, Jean Pascal et Artur Beterbiev.

«Après Kovalev, Chilemba et Alvarez sont les deux meilleurs mi-lourds au monde», avance l'entraîneur de Chilemba, James McGirt. «Ils devraient se battre en championnat du monde et non en éliminatoire, parce qu'on sait tous que le champion ne voudra pas les affronter ni l'un ni l'autre après», pique-t-il Stevenson.

Il suggère même de donner la ceinture du magazine Ring dont vient d'être dépouillé Stevenson au vainqueur. Lui-même ancien champion du monde, «Buddy» McGirt a entre autres dirigé Arturo Gatti au début des années 2000, dont pour sa trilogie contre Micky Ward.

Alvarez ne compte pas rater sa chance de pouvoir se «battre en championnat du monde à compter de dimanche matin». «J'ai toujours dit que si je n'affrontais pas les meilleurs, je serais un boxeur médiocre. Là, j'ai l'occasion d'affronter un boxeur comme Isaac Chilemba, très intelligent, techniquement excellent», se réjouit-il.

L'entraîneur Marc Ramsay parle d'«un combat qui dessine une carrière, dans le cas d'Alvarez. Ramsay aura aussi le lourd Oscar Rivas et le super-coq Vislan Dalkhaev sous sa gouverne au Centre Vidéotron. Il dirige également Kevin Bizier, qui boxera pour un titre mondial au début de 2016, en plus de Beterbiev.

Parmi les 12 intervenants sur la scène pour la conférence de presse de mercredi, on comptait huit nationalités : quatre Québécois, deux Britanniques, un Roumain, un Colombien, un Malawite, un Jamaïcain, un Américain et une Sud-Africaine.

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