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«Vous allez voir si j'ai peur ou pas», prévient Adonis Stevenson

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(Québec) «Vous allez voir quand je vais être sur le ring avec Bika, quand la cloche va sonner et qu'il va commencer à goûter à mon punch. Vous allez voir si j'ai peur ou pas.»

Adonis Stevenson ne rit plus. Autant le champion semblait très détendu lors de la conférence de presse de mercredi, presque trop, tentant quelques blagues tombées à plat, autant le ton s'avérait plus cassant, vendredi. Surtout à l'intention de son adversaire. Cet après-midi, au Colisée de Québec, Sakio Bika tentera de lui ravir le titre mondial des poids mi-lourds du WBC.

La journée de pesée n'a jamais rien d'un pique-nique pour les boxeurs. Même pour ceux qui traînent leur lunch, comme Kevin Bizier, vendredi, qui s'est jeté sur un bol de fruits frais en descendant de l'estrade. L'ancienne vedette des rings Fernand Marcotte rappelait que dans son temps, la pesée se faisait à midi... le jour du combat!

À 174,4 livres, Stevenson n'a pas eu trop de misère à respecter la limite de 175 imposée dans sa catégorie. Mais il en fut autrement pour Bika, qui a eu besoin de trois quarts d'heure de plus pour passer de 175,8 à 174,6.

«Peut-être qu'il a mangé trop de poutine», a jeté Stevenson, avec quand même un sourire, content de son effet. «Il n'est pas sérieux. Il avait tout le temps de perdre ce qu'il faut, ce n'est pas compliqué. Surtout qu'il est un 168 d'habitude», a-t-il ajouté sur le poids de Bika. Celui-ci s'alignant d'ordinaire dans la catégorie inférieure des super-moyens.

Le fautif avait deux heures pour rentrer dans les normes édictées. Il n'a pas eu besoin de la moitié pour corriger une première «négligence» à ce chapitre en 15 ans de carrière professionnelle.

«Je m'excuse. Nous sommes des professionnels et il faut assumer nos responsabilités. C'est peut-être aussi une bonne publicité», a glissé le prétendant, sans convaincre. Un petit pipi et un peu de transpiration auront tôt fait de régler le problème. «Demain [samedi], je vais montrer au monde entier que je peux corriger ma bêtise et arrêter Adonis, peut-être par K.-O.»

Le promoteur Yvon Michel, lui, n'en faisait pas de cas. Il a rappelé qu'en 2011, le légendaire Bernard Hopkins avait aussi eu besoin d'une deuxième pesée à la veille de son second duel contre Jean Pascal, à Montréal.

Réveil aux guichets

Sur les prétentions de Bika selon lesquelles il préfère rigoler pour cacher sa peur, Stevenson n'a pas apprécié. «Je n'ai peur de personne. Je viens de loin, je sais qui je suis. C'est sûr et certain que ce n'est pas Bika qui va m'impressionner», a tranché l'athlète de 37 ans père de trois jeunes enfants, natif de Haïti et ancien prisonnier.

De son côté, Michel se réjouit d'un réveil aux guichets avec maintenant plus de 4000 billets vendus. Il envisage une assistance surpassant 6000 spectateurs, considérant qu'au dernier gala du Colisée, en décembre dernier, 2000 entrées s'étaient ajoutées le jour même.

L'argent ou l'histoire

Kevin Bizier ne sait pas à quelle heure il boxera. Ni pour un maximum de combien de rounds. Tout dépend du temps que mettront Artur Beterbiev et Gabriel Campillo à régler leurs comptes, même chose pour la finale entre Adonis Stevenson et Sakio Bika. Le duel tout américain entre Julian Williams et Joey Hernandez compte aussi dans l'équation.

S'ils sont expéditifs, le réseau américain CBS télédiffusera l'affrontement opposant Bizier à Fouad El Massoudi sur ses ondes, limitant le combat à six rounds. Autrement, le Québécois et le Français croiseront le fer en clôture de gala, pour huit rounds.

«Ce serait plaisant de fermer le Colisée, mais c'est l'argent ou l'histoire. Alors pour l'instant, je vais voter six rounds!» s'est esclaffé le poids mi-moyen de Saint-Émile. Bizier s'entraînait à l'origine pour un choc pouvant atteindre 10 rounds.

D'ordinaire limité à 147 livres pour la pesée, Bizier avait cette fois droit à 150. Mais ce ne fut pas plus facile. Au contraire, son faciès émacié témoignait de sa difficulté à descendre à 149,4. Il dit avoir perdu sept livres au cours de la seule séance d'entraînement de jeudi.

Partenaire d'entraînement de Bizier dans le ring dans les dernières semaines, Sébastien Bouchard troquait pour sa part ses habitudes de 154 livres pour 150, lui aussi. La diète s'est néanmoins déroulée sans heurt dans son cas. Se tremper dans un bain très chaud en matinée lui a même permis de manger un peu tout en faisant osciller la balance à 149.

Son prochain combat devrait l'obliger à 147. Le promoteur américain Lou DiBella lui en avait fait la suggestion, l'an dernier, lors d'un combat au Connecticut. Ses entraîneurs espèrent le voir boxer encore trois fois avant la fin de l'année. Bouchard aussi affronte un Français, Denis Farias, rival plus rapide que Bouchard ne l'aurait cru à l'origine.

Le plus attendu depuis 1983

Toute la semaine, Sergey Kovalev a été l'éléphant dans la pièce. Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Mais à la veille du combat contre Sakio Bika, le promoteur d'Adonis Stevenson ne manquait pas d'hyperboles au sujet d'un combat d'unification. «Si Stevenson-Kovalev avait eu lieu l'automne dernier, ç'aurait été un combat de championnat comme un autre. Parce que Kovalev n'avait battu ni Bernard Hopkins ni Jean Pascal. Mais si ça se tient l'automne prochain, ce sera le combat de mi-lourds le plus attendu depuis Spinks-Qawi, en 1983», affirme Yvon Michel.

Comme Michael Spinks 16 ans plus tôt, Roy Jones avait aussi unifié les ceintures des 175 livres en 1999, contre Reggie Johnson. Toutes proportions gardées, Michel compare Stevenson-Kovalev avec Pacquiao-Mayweather. «S'ils s'étaient battus il y a cinq ans, ils auraient fait chacun 25 millions $. Aujourd'hui, on parle de revenus potentiels entre 400 et 500 millions $», dit-il, au sujet du duel tant attendu du 2 mai.

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