Bute joue avec le feu, estime Froch

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Pour Lucian Bute, Carl Froch représente le plus gros défi depuis qu'il est le champion mondial des poids super-moyens de l'IBF.

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Luc Fournier
Le Soleil

(Québec) Pour le boxeur Carl Froch, Lucian Bute joue avec le feu, en allant défendre son titre de champion mondial des poids super-moyens de l'IBF dans sa cour, à Nottingham, en Angleterre. Mais pour le champion, c'est là l'occasion de prouver qu'il peut défaire quiconque, partout.

Bute (30-0, 24 K.-O.) s'entraîne déjà en Angleterre et s'acclimate rapidement. Il n'a que faire des dires de Froch (28-2, 20 K.-O.), champion à deux reprises des poids super-moyens de la WBC, qu'il affrontera dans le ring ennemi le 26 mai.

La raison pour laquelle le boxeur de 31 ans accepte de partir sur la route pour défendre son titre est simple : «Je veux prouver à tout le monde que je suis prêt à me battre avec n'importe qui, n'importe où au monde», a dit lors d'une conférence de presse téléphonique celui qui ne s'est pas battu à l'extérieur du Canada ou de sa Roumanie natale depuis 2004.

Froch, surnommé le «Cobra», estime par ailleurs que son adversaire est surévalué, sur papier. Une guerre de mots stratégique qui n'ébranle pas une miette le pugiliste d'origine roumaine. «Il a parlé contre tous les boxeurs qu'il a affrontés. Il a une grande gueule, c'est son style. Il parle beaucoup, beaucoup, beaucoup. Ça ne me surprend pas. [...] Je me suis bien préparé, je sais qu'est-ce que je peux faire et je suis venu ici pour gagner.»

Le Québécois d'adoption confirme toutefois que Froch sera l'adversaire le plus dangereux qu'il aura affronté. «Si on regarde sa fiche, si on regarde ce qu'il a fait dans sa carrière, avec qui il a boxé... Il a été deux fois champion du monde. [...] Quand il monte sur le ring, il fait tout pour gagner.»

Son entraîneur, Stéphan Larouche, sait bien que son protégé ne sera pas dans sa zone de confort. Il faudra garder la foule anglaise aussi calme que possible, croit-il. Bute devra mener le combat «une minute à la fois, un round à la fois».

Le «cobra» confiant

Froch admet de son côté que sa défaite contre l'Américain Andre Ward, en décembre dernier, a été un dur coup. Mais il doit passer par-dessus celle-ci. «Ça n'a pas tué ma confiance», surtout que c'était un combat serré, estime-t-il, sans vouloir se confondre en excuses.

Le Cobra est d'autant plus confiant qu'il est dans ses affaires, dans sa ville, dans son gym, avec sa famille, ses amis. Surtout, il aura la foule derrière lui. «Mentalement, je suis confiant», dit-il en admettant qu'il aura «besoin d'être à son meilleur pour gagner». «C'est un grand combat que les deux pourraient gagner.»

Depuis sa victoire par décision unanime contre Jean Pascal le 6 décembre 2008, le Britannique de 34 ans dit avoir cheminé. Il boxe désormais avec plus de passion et a amélioré son style sur plusieurs aspects durant les deux ou trois dernières années, avance-t-il.

Bute s'est quant a lui fait discret sur son plan de match. Est-ce sa gauche si efficace qui fera la différence? Même si c'est pour lui un coup naturel - son «coup de poing préféré» -, les spectateurs doivent aussi s'attendre à «des surprise le 26 avec la droite aussi». Bref, Bute mettra toute la gomme.

«Ne manquez pas le combat le 26. Je suis un gagnant!» avertira finalement Bute en fin de conférence, dans quelques rares mots anglais approximatifs qui font sourire.

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