«C'est plate de faire tous ces sacrifices pour en arriver là», s'est désolée Bizier, quand Le Soleil l'a jointe dans sa chambre d'hôtel, par Skype. Avec 12 heures de décalage horaire séparant Québec et Qinhuangdao, l'heure du dodo avait sonné pour elle. Mais c'est la cloche mettant fin à son duel de trente-deuxième de finale qui résonnait encore dans son esprit.
«Ç'a quand même été un bon combat, même si le pointage a été couci-couça», explique-t-elle, à propos des quatre rounds de deux minutes contre Erika Cruz Hernandez. Vainqueur 15-10, la Mexicaine a pris une avance de 3-1 dès le premier engagement.
«Puis après deux rounds, c'était 7-3 pour elle. Là, je n'ai rien compris», glisse la Québécoise, sans en dire davantage sur le travail des juges. Malgré une troisième reprise perdue 6-3, Bizier est revenue avec un dernier round gagné 4-2. Mais c'était trop peu, trop tard.
«Dans le ring, je me sentais très bien, je n'étais pas fatiguée. Mais mon mental n'était pas à 100 %», admet ensuite la perdante. «J'ai eu le pire tirage au sort de la gang et ç'a joué sur mon moral. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. J'avais toutes les meilleures de mon bord!
«Si je l'avais battue, lundi j'aurais dû affronter la Chinoise [Cheng Dong, vice-championne du monde] et après la Russe [Sofya Ochigava], qui a déjà battu la championne du monde [Katie Taylor]. Et c'était comme ça jusqu'en finale. J'aurais eu six combats, six combats de fou!
«C'est sûr que j'essayais de prendre ça un combat à la fois. Mais mon objectif était de me qualifier pour les Jeux olympiques. Et je voyais que mes deux principales rivales [l'Américaine Quanitta Underwood et la Brésilienne Adriana Araujo] ont eu des tirages faciles», déplore Bizier.
Huit boxeuses de son poids, soit de 57 à 60 kg (126 à 132 lb), participeront au premier tournoi olympique de boxe féminine, du 5 au 9 août. Une seule viendra des Amériques, la meilleure à ce Mondial. Trois de l'Europe, deux de l'Asie, une de l'Afrique et une de l'Océanie. Sur les 58 concurrentes à Qinhuangdao, 9 viennent des Amériques.
Dernière compétition
«Je me suis rendue jusque là et, au moins, je pourrai dire que j'ai essayé. J'ai donné ce que j'avais à donner», résume la femme de 32 ans, mère d'un garçon de deux ans et policière à la Ville de Québec, dans l'arrondissement Charlesbourg. «Je vais continuer à m'entraîner, le temps qu'on ait un deuxième enfant. Mais c'était ma dernière compétition», confirme-t-elle.
Rien ne l'empêche d'un jour passer chez les professionnelles pour boxer sur la même carte que son jeune frère, Kevin Bizier, champion des 147 lb de la North American Boxing Association. Celui-ci devrait se produire en sous-carte du choc entre Jean Pascal et Tavoris Cloud, le
11 août, peut-être à Québec.