Un passé raciste à exorciser

La Yawkey Way a été nommée en l'honneur... (AP, Michael Dwyer)

Agrandir

La Yawkey Way a été nommée en l'honneur de l'ancien propriétaire des Red Sox, qui s'est assuré de garder l'équipe blanche le plus longtemps possible, levant le nez sur Jackie Robinson et sur Willie Mays.

AP, Michael Dwyer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Associated Press
Boston

Les Red Sox de Boston vont demander à la ville de renommer la Yawkey Way, la rue qui passe devant le Fenway Park, pour effacer les traces de ce que l'actuel propriétaire de l'équipe, John Henry, a qualifié de passé raciste peu glorieux.

Henry a indiqué au Boston Herald jeudi qu'il aimerait renommer la rue du Fenway Park et des bureaux des Red Sox qui honore son prédécesseur, Tom Yawkey. Sous la gouverne de ce dernier, qui a possédé l'équipe pendant quatre décennies, les Red Sox sont devenus la dernière équipe des ligues majeures à ouvrir ses rangs aux joueurs de couleur, refusant notamment d'embaucher Jackie Robinson et Willie Mays.

«C'est un prolongement des idées de tolérance et d'inclusion de John et c'est pour s'assurer que tous les résidents de Boston et de la Nouvelle-Angleterre se sentent bienvenus au Fenway Park», a indiqué le président des Red Sox, Sam Kennedy. «C'est le début d'un processus qui va impliquer toute la communauté.»

Kennedy a mentionné que le changement de nom devrait se faire avec l'aval des autres propriétaires de commerces sur le long de la Yawkey Way. En plus des Red Sox, il faut inclure le propriétaire d'un grand kiosque de souvenirs devant le Fenway Park et un restaurant de hamburger au coin. Les propriétaires du kiosque de souvenirs ont confirmé au Boston Herald qu'ils n'étaient pas opposés à un changement de nom.

Dès qu'il a pu mettre la main sur son héritage en 1933 à l'âge de 30 ans, Yawkey a acheté l'équipe pour 1,25 million $US, à une époque où les ligues majeures étaient exclusivement blanches. Et il a fait ce qu'il a pu pour garder l'équipe dans cette tradition.

Barrière raciale

Alors que les autres équipes abandonnaient la barrière raciale, les Red Sox ont résisté. Ils ont accordé un essai à Robinson et ils ont recruté Mays, sans leur faire signer de contrat. L'équipe a finalement embauché son premier joueur noir, Pumpsie Green, en 1959, soit plus de 10 ans après que Robinson ait soulevé un bâton pour les Dodgers de Brooklyn et que Willie O'Ree ait chaussé les patins pour les Bruins de Boston, devenant le premier joueur noir de la LNH.

Yawkee est resté propriétaire de l'équipe jusqu'à sa mort, en 1976. Puis, c'est sa femme Jean qui a pris les rênes. Après sa mort, elle a laissé l'équipe aux soins d'une fondation à leur nom. Le fiduciaire John Harrington a géré le club jusqu'à ce qu'il soit vendu à Henry et à ses partenaires en 2002.

«Quand nous sommes arrivés en 2002, la première chose que Henry a faite a été de reconnaître le passé honteux de l'équipe, en termes d'inclusion», a mentionné Kennedy.

Plusieurs incidents

Malgré tout, l'équipe a eu de la difficulté à rendre le Fenway Park plus accueillant pour les minorités. En mai, le joueur de champ extérieur Adam Jones a dit s'être fait invectiver avec une insulte raciste proférée par un amateur; Kennedy s'est excusé. La même semaine, un autre amateur a été banni à vie du stade pour avoir utilisé une variante du «mot en N» lors d'une conversation avec un autre fan, à propos de l'interprète de l'hymne national.

Les Red Sox ont également pris leurs distances de leur diffuseur radio, WEEI, où les animateurs ont remis en doute la version des faits d'Adam Jones. L'ancien lanceur des Red Sox Curt Schilling a aussi accusé Jones d'avoir menti.

Henry a indiqué au Herald avoir déjà approché la ville à propos du changement de nom, mais le maire de Boston, Tom Menino «ne voulait pas ouvrir ce qu'ils ont qualifié de boîte de Pandore.»

La Fondation Yawkey, dont les fonds proviennent largement des 700 millions $US que le groupe de John Henry a payé pour l'équipe, a été une force philanthropique majeure à Boston au cours des 15 dernières années. «La Fondation Yawkey a fait plusieurs grandes choses à travers les années qui n'ont rien à voir avec notre histoire», a mentionné Henry au Herald.

Parmi les autres choses nommées en l'honneur de Yawkey, on peut citer le pavillon sportif au Boston College et le prix du joueur le plus utile des Red Sox décerné par le chapitre local de l'Association des journalistes de baseball des États-Unis.

Henry a avoué qu'il aimerait que la rue soit renommée en l'honneur de David Ortiz. La Ville a déjà nommé une extension de la rue d'après l'ancien frappeur de puissance des Red Sox, qui a pris sa retraite l'année dernière.

«Mais c'est une conversation qu'on devra avoir un autre jour», a tempéré Kennedy.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer