La retraite pour «la voix» des Dodgers

Dimanche, Vin Scully prendra place pour la dernière... (AP, Mark J. Terrill)

Agrandir

Dimanche, Vin Scully prendra place pour la dernière fois dans sa cabine du Dodger Stadium et commencera la retransmission par son traditionnel et ensoleillé «It's time for Dodger baseball!» Une semaine plus tard, il pourra profiter de sa retraite après 67 saisons à décrire les matchs des Dodgers de Los Angeles.

AP, Mark J. Terrill

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Rob Woollard
Agence France-Presse
Los Angeles

Il est depuis 67 ans «The Voice», la voix qui commente fidèlement et doctement les matchs des Dodgers de Los Angeles. À 88 ans, Vin Scully, légende du journalisme et du baseball en Amérique du Nord, va faire ses adieux après avoir commenté plus de 10 000 rencontres.

Son nom est associé à jamais à l'histoire des Dodgers : il n'a pourtant jamais porté l'uniforme de la célèbre équipe de baseball de Los Angeles, ce qui ne l'empêche pas d'avoir une rue à son nom menant au Dodger Stadium.

Dimanche, Scully prendra place pour la dernière fois dans sa cabine de commentateur du Dodger Stadium, mais il ne raccrochera définitivement son micro que quelques jours plus tard, le 2 octobre, après le dernier match de saison régulière des Dodgers à San Francisco.

Le calendrier ne pouvait lui offrir de plus beaux adieux : les Giants de San Francisco sont l'équipe qui lui a donné le virus du baseball, l'équipe qui l'a toujours fait rêver, bien plus que les Dodgers.

«Je n'avais pas encore neuf ans, je revenais de l'école et je passais devant une blanchisserie tenue par des Chinois. Sur la vitrine, ils avaient inscrit le score d'un match des Séries mondiales, c'était le 2 octobre 1936 et les Yankees avaient écrasé les Giants 18 à 4», rappelle Scully.

«Ma première réaction a été de me dire : "Ah, les pauvres Giants", c'est là que je suis tombé amoureux du baseball et que je suis devenu un vrai supporteur. Mon dernier match aura lieu le 2 octobre 2016, 80 années, à la minute près, après mon coup de foudre pour le baseball», sourit Vincent Edward Scully.

Ce fils d'un vendeur de soie et d'une femme au foyer, né dans le Bronx à New York, avait fait une autre rencontre capitale, quelques mois plus tôt : avec la radio qui vivait alors, dans les années 30, son âge d'or.

«Je me souviens des retransmissions des matchs de football américain du championnat universitaire, de combats de boxe de Joe Louis pour le titre mondial des lourds», détaille-t-il.

«Mes parents avaient une vieille radio montée sur quatre pieds. Je prenais un oreiller, un verre de lait et quelques gâteaux, je m'installais sous la radio, juste sous le haut-parleur, et le son de cette radio me transportait. Pas la voix du commentateur, mais le bruit de la foule qui me donnait la chair de poule», poursuit Scully.

Un style précis et bref

Pendant 67 saisons - un record aux États-Unis -, à New York d'abord, puis à Los Angeles où la franchise née à Brooklyn a déménagé en 1958, Scully a fait vibrer les supporteurs des Dodgers, avec ses connaissances encyclopédiques, sa voix suave et son ton presque détaché.

Il a bien sûr eu l'occasion de s'enflammer en commentant pour la radio et la télévision 25 Séries mondiales, dont six remportées par «ses» Dodgers, ou encore le 715e circuit en 1974 par Hank Aaron pour dépasser le légendaire Babe Ruth.

«Ce que j'ai essayé de faire depuis mes débuts à la radio, c'est d'être le plus précis et le plus bref possible pour pouvoir écouter la clameur de la foule et redevenir pendant quelques instants ce gamin de huit ans», explique-t-il pour décrire son style inimitable et reconnaissable entre tous, bien loin des canons actuels beaucoup plus vociférants.

Dimanche, le toujours courtois Vin Scully, imperméable à la fatigue d'une longue saison de baseball et des déplacements à travers tout le pays, prendra place pour la dernières fois dans sa cabine du Dodger Stadium et commencera la retransmission par son traditionnel et ensoleillé «It's time for Dodger baseball!» Une semaine plus tard, il pourra profiter de sa retraite.

«Quand on me demande ce que je vais faire maintenant, je réponds simplement : "Essayer de vivre". J'ai 88 ans, 16 petits-enfants, trois arrières petits-enfants, une femme que j'adore, je veux juste passer du temps avec eux», sourit-il.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer