Plus que de simples numéros...

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Marcus Stroman, des Blue Jays de Toronto, est un des rares lanceurs à porter un numéro à un seul chiffre.

La Presse Canadienne, Darren Calabrese

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Associated Press

Quand Marcus Stroman grimpe sur le monticule des Blue Jays de Toronto, un oeil non averti ne peut remarquer qu'il sort des sentiers battus. Un indice: regardez à l'arrière de son maillot.

Stroman est en fait une rareté dans le baseball - un lanceur arborant un numéro à un seul chiffre. Le «6» dans son dos est un hommage à sa grand-mère, et une autre façon pour l'artilleur droitier de 24 ans d'être connecté à la ville qu'il représente.

La saison 2016 marque le 100e anniversaire de l'arrivée de numéros sur les uniformes de joueurs du baseball majeur. À l'époque, les numéros étaient cousus sur les manches des joueurs. Et même s'il a fallu plus d'une décennie pour qu'ils soient adoptés pour de bons, ils sont aujourd'hui partie prenante de l'histoire du sport.

De nos jours, plusieurs joueurs sont fiers de leur numéro, particulièrement lorsque celui-ci a été choisi pour une raison spécifique. «C'est pour la fête de ma grand-mère. Elle est ma plus grande fan. Son anniversaire est le 6 mars... Toronto désigne également ce numéro comme "Le 6", c'est donc un choix judicieux», explique Stroman.

Lorsqu'une personne avec un numéro à un chiffre grimpe sur la butte, c'est généralement qu'un joueur de position a été désigné pour lancer. Seulement trois lanceurs, dont Stroman, portaient un tel numéro l'an dernier, selon le site de données Baseball-Reference.com. Carl Edwards des Cubs de Chicago arborait également le numéro 6, tandis qu'Adam Ottavino de Colorado portait le numéro 0. Un autre membre s'est ajouté à ce club sélect cette saison, alors que le droitier Mike Leake, qui a signé à St. Louis durant la saison morte, porte le numéro 8, le même qu'il avait avec Arizona State.

Le 30 et le 50 les plus populaires

Les numéros les plus populaires dans le baseball majeur en 2015 étaient le 30 et le 50. Selon Baseball-Refrence.com, ceux-ci étaient chacun portés par 30 joueurs. Le numéro 30 est très versatile, apparaissant tant dans le dos de lanceurs que de joueurs de position, tandis que le numéro 50 est surtout primé des lanceurs.

Le premier uniforme à numéro dans les majeures est apparu en 1916 à Cleveland - les joueurs des Indians affichant leur numéro sur leur manche gauche -, mais ce ne fut qu'une expérience temporaire. Il a fallu attendre en 1929 pour que les numéros soient adoptés de façon permanente.

«Les Yankees et les Indians de 1929 ont commencé à porter des uniformes à numéro dès leur match d'ouverture», a mentionné Mark Stang, dont le livre Baseball By The Numbers a été publié en 1996.

Stang précise qu'il n'y a pas d'indices à l'effet que les joueurs choisissaient un numéro spécifique à cette époque.

«Il y a très peu de documentation sur le sujet datant d'avant la Deuxième guerre mondiale. Disons que si des joueurs ont choisi un numéro pour des raisons particulières, les coupures de journaux de l'époque sont avares d'anecdotes là-dessus», a spécifié Stang.

Mais les numéros d'uniforme sont peu à peu devenus une partie de l'identité des joueurs, un phénomène encore présent aujourd'hui.

Quand Prince Fielder a été échangé aux Rangers par les Tigers il y a deux ans, il a décidé de porter le numéro 84, qui représente l'année de sa naissance. Le gérant des Yankees Joe Girardi a choisi le 27 lorsqu'il a été embauché pour ce poste parce que la franchise était alors en quête d'un 27e titre.

Les Yankees ont remporté leur 27e Série mondiale en 2009, si bien que Girardi porte depuis le numéro 28.

En 1951, le nain Eddie Gaedel arborait le... (Photos archives AP) - image 2.0

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En 1951, le nain Eddie Gaedel arborait le numéro 1/8 quand il s'est présenté au bâton pour les Browns de St. Louis dont le propriétaire était un adepte des coups publicitaires.

Photos archives AP

Un nain au bâton

Lorsque le nain Eddie Gaedel s'est amené au bâton en 1951, il arborait le numéro 1/8. L'instigateur de la présence de Gaedel était Bill Veeck, propriétaire des Browns de St. Louis et adepte des coups publicitaires. Le frappeur de 3'7'' avait finalement obtenu un but sur balles lors de sa seule apparition dans un match du baseball majeur.

Plus tard cette saison-là, les Giants de New York couronnaient une incroyable remontée pour forcer la présentation d'une série 2 de 3 contre les Dodgers de Brooklyn visant à déterminer le champion de la Ligue nationale. Le 3 octobre 1951, lors de l'ultime match au Polo Grounds - le premier événement sportif majeur télévisé à la grandeur des États-Unis -, Ralph Branca (Dodgers) a accordé le fameux coup de circuit gagnant à Bobby Thomson. Il portait le numéro 13, un chiffre qui semblait alors parfaitement approprié...

Bien sûr, ce ne sont pas tous les joueurs qui exigent de porter un numéro en particulier. Au camp d'entraînement, les joueurs invités se retrouvent souvent avec des numéros exotiques, et la plupart d'entre eux ne se taillent pas une place avec l'équipe.

L'espoir des Phillies J.P. Crawford ne semblait pas s'en faire avec le numéro 77 qui lui a été attribué cette année. Il était l'un des nombreux joueurs de Philadelphie avec un numéro dans les 70. «Ils nous ont simplement assigné ces numéros. Nous nous surnommons les joueurs de ligne offensive», a-t-il commenté.

Un choix limité chez les Yankees...

Même certains joueurs bien établis se retrouvent avec des options limitées. Les Yankees, par exemple, ont retiré tous les numéros de 1 à 10 - à l'exception du 2, qui le sera sans doute prochainement, avec la retraite de Derek Jeter.

Quand Chase Headley a été échangé à New York en 2014, il a choisi de porter le numéro 12. «J'ai assumé que ça faisait partie de la vie. Il y a eu beaucoup de bons joueurs ici. Les numéros à un chiffre n'existent plus», a-t-il déclaré. «Lorsque j'ai été échangé, ils m'ont dit : "Hé, nous avons le 12, le 24..." Ils m'ont donné quelques choix de numéros».

Parfois, certains joueurs conservent le numéro qu'il leur a jadis été assigné. C'est le cas du receveur des Jays Russell Martin, qui porte toujours le 55. «Je me suis présenté au camp d'entraînement une année, il y avait un maillot avec le numéro 55 dans mon casier, et c'est resté. Je me suis dit : "Je vais garder ce numéro, je l'aime"», a-t-il expliqué. «Puis, j'ai été rappelé le 5 mai, alors 5/5 est devenu ma date. Je suis dit : "Vous savez quoi? C'est plutôt cool"».

Stroman avait un numéro dans les 50 lorsqu'il a lancé pour la première fois dans les majeures en 2014, mais après avoir effectué 20 départs et remporté 11 matchs à sa première saison avec les Jays, il n'était plus une verte recrue. Il a alors demandé à porter le 6.

C'était un choix inhabituel pour un joueur de sa position, mais c'était un chiffre important pour lui. «J'ai hérité du numéro 54 lorsque je suis arrivé ici, et c'était comme si la consigne était : porte-le et ferme ta boîte. Après une première année décente, je voulais arborer un numéro qui avait une valeur sentimentale à mes yeux. D'où le changement.»

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