La Havane dans les majeures?

Président de la fédération cubaine de baseball depuis... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Président de la fédération cubaine de baseball depuis neuf ans, Higinio Velez avait auparavant été gérant de l'équipe nationale avec qui il a remporté une médaille d'or olympique (2004), deux titres panaméricains et trois en Championnat du monde.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Les relations entre Cuba et les États-Unis se réchauffent. Lentement. Si ce n'était que du président de la Fédération cubaine de baseball, ses joueurs évolueraient déjà dans les ligues majeures. À quand un club des majeures établi à La Havane? «Il n'y a rien d'impossible!» croit Higinio Velez.

Les cheveux blancs bien coupés sous sa casquette bleue ornée du C cubain témoignent de son expérience. À 69 ans, Velez en est à sa neuvième année à la tête de la fédération sportive la plus prestigieuse au pays de Castro. Il a fait le tour de la planète baseball plus d'une fois, servant aussi de vice-président du secteur panaméricain à la Confédération mondiale de baseball et de softball.

Avant de gouverner la fédé cubaine, il a été directeur technique, c'est-à-dire le gérant de l'équipe nationale, qu'il accompagne dans sa tournée de 19 matchs en 21 jours contre les équipes de la Ligue Can-Am.

Son palmarès d'instructeur-chef compte une médaille d'or olympique (2004), deux titres panaméricains et trois en Championnat du monde. En plus de ses quatre championnats de ligue en Serie Nacional comme gérant des Avispas (Guêpes) de Santiago, dont le dernier triplé en date (1999, 2000 et 2001), ainsi que quatre championnats de sélections. Tout cela pour un joueur moyen qui n'a pas surpassé le niveau provincial.

«J'ai passé toute ma vie dans le baseball. J'ai commencé à jouer à l'âge de cinq ou six ans et je ne m'en suis plus jamais séparé», a expliqué ce bachelier en éducation physique doublé d'une maîtrise en sport, vendredi, assis dans le bureau de Michel Laplante au Stade municipal de Québec. Il a accepté de répondre aux questions du Soleil une demi-heure avant le premier lancer.

Un peuple passionné

En 45 ans comme membre du personnel d'encadrement d'une équipe, au début auprès d'enfants de 11-12 ans, Velez reconnaît que le calibre du baseball cubain «a baissé à certains moments, parce que tellement de joueurs ont quitté le pays. Mais notre bassin de joueurs est grand et, en général, ça n'a pas tellement changé. On joue encore du bon baseball, les stades cubains sont pleins et la passion du peuple est toujours aussi forte pour le baseball.»

Ce n'est pas un secret. La Fédération cubaine discute avec les autorités du baseball majeur et l'association des joueurs. Le jour où des baseballeurs cubains évolueront dans le meilleur circuit au monde avec l'assentiment de leur gouvernement n'est plus très loin.

«Les deux partis ont démontré leur volonté, mais ça se passe maintenant au-dessus de nos têtes, au niveau gouvernemental. Ça touche toutes les sphères d'activités, pas juste le baseball», dit-il, en évoquant l'embargo américain en vigueur à Cuba depuis 1962.

Mais selon Velez, on ne compte plus en années. «Il ne faut pas attendre aussi longtemps. Les équipes [des majeures] vont venir s'entraîner à Cuba et nos joueurs iront jouer dans les majeures. Quand? Ni Rob Manfred [commissaire du baseball majeur] ni Higinio Velez ne peuvent donner de date», affirme Velez, insistant que «si c'était moi qui décidais, ce serait déjà fait». La fédé tient à ce que les salaires de ses ressortissants passent entre ses mains.

Disant militer en faveur de «tout ce qui est bon pour le baseball», Velez estime même que l'établissement d'un club des majeures à La Havane ne constitue plus une impossibilité. «Le Canada a une équipe [Toronto] et d'autres pays en veulent une aussi. Je ne peux pas dire oui ou non, mais tout est possible!»

Érigé en 1946, le Stade latino-américain contient 55 000 places et a accueilli en mars le match de l'équipe nationale contre les Rays de Tampa, club du baseball majeur.

D'ici à ce que cela devienne réalité, les Cubains bouclent dimanche leurs quatre matchs à Québec. «Ce voyage est très important pour montrer au monde entier que c'est possible, montrer que Cuba et son baseball sont ouverts au monde. Québec a allumé la flamme!» s'exclame Velez pour conclure.

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