Jasvir Rakkar le requin

Le releveur Jasvir Rakkar adore lorsqu'on lui remet... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le releveur Jasvir Rakkar adore lorsqu'on lui remet la balle quand ça chauffe lors d'un match de baseball.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) C'est quand ça chauffe dans la cuisine que le chef y est le plus à l'aise. Le nouveau closer des Capitales affectionne les situations corsées. Et il en redemande. «Je ne laisse pas le match dicter ma façon de lancer. C'est moi qui dicte le jeu», dit Jasvir Rakkar, comme dans un mantra.

Le sang attire le requin. Qui frappe à toute vitesse, prend son dû et repart sans sourire, avec le feu dans les yeux. «Entrer dans le match aux moments chauds fait partie du métier de releveur. Je me suis adapté à toujours lancer dans des situations corsées, alors j'y suis maintenant habitué», a expliqué Rakkar, samedi midi, au sixième jour du camp présaison du club de baseball indépendant de Québec.

Si le droitier de 6'2'' et 200 livres cache bien la balle et maîtrise à merveille le changement de vitesse, la puissance manque. Cela lui a sans doute coûté sa place dans l'organisation des Cubs de Chicago, qui l'ont libéré ce printemps après quatre saisons dans leurs filiales malgré 16 sauvetages et 37 retraits sur des prises en 45,2 manches dans le A fort en 2015.

Le gérant Patrick Scalabrini voit en lui le féroce compétiteur dont il a besoin sur la butte en fin de rencontre. «Quand tu vas sur YouTube, la première chose que tu vois de lui, c'est dans un tournoi international à Taïwan, contre Taïwan. Les buts sont remplis, pas de retrait. La foule est en délire, tout le monde chante! Il arrive au monticule et réussit un retrait au bâton et un double-jeu sans donner de point. Wow!» s'exclame l'instructeur-chef.

Son idole : Jackie Robinson

L'artilleur torontois a intégré l'équipe nationale canadienne, l'an passé. À temps pour les Jeux panaméricains, où nos représentants du losange ont gagné l'or.

«Avant les Panams, mes meilleurs moments dans le baseball remontaient aux Séries mondiales collégiales» de 2012, où ses Seawolves de l'Université Stony Brook ont surpris tout le monde en battant LSU en finale super régionale.

«Mais jouer à Toronto, ma première fois avec Équipe Canada, c'était incroyable! En plus avec des idoles de jeunesse comme Scott Richmond, Shawn Hill et Jeff Francis [trois Canadiens ayant lancé dans les majeures]. C'était fabuleux juste d'être assis avec eux dans l'abri et de porter la chemise blanche et rouge», fait-il valoir.

L'athlète de 25 ans est né à North York et a vécu à Brampton, des banlieues de Toronto. Son nom trahit ses origines indiennes. Ses parents viennent du Pendjab; leurs familles ont immigré en Ontario quand ils étaient jeunes. Leur premier contact avec le baseball a été par leur fils aîné, Jasvir.

Rakkar idolâtre Jackie Robinson, qui a brisé les barrières raciales en devenant le premier Noir à jouer dans le baseball majeur en 1947. De là à en faire un Jackie Robinson indien, le lien reste ténu.

«Je ne suis pas tanné qu'on me parle de ça, je suis fier de mes racines! Ça fait partie de qui je suis. Mais j'aime aussi insister sur le fait que je suis avant tout Canadien», souligne celui qui comprend le pendjabi, a visité l'Inde à l'âge de 11 ans et ne dit pas non à essayer le cricket après sa carrière dans le baseball.

Sauf qu'il ne veut pas entrer dans la même catégorie que Rinku Singh et Dinesh Patel, deux Indiens gagnants d'un contrat avec l'organisation des Pirates de Pittsburgh au terme d'une téléréalité, en 2008. Disney en a fait un film.

Son chemin, Rakkar l'a tracé à la sueur de son front. Et malgré plusieurs détours, sa destination n'a pas changé. S'il «espère aider Québec le plus possible à gagner des matchs», son plan reste de retourner dans le baseball affilié pour un jour atteindre les ligues majeures.

Français à rafraîchir

En attendant, Rakkar compte rafraîchir son français, lui qui a fréquenté une école d'immersion française au primaire et au secondaire. «Quand je suis allé jouer aux États-Unis, j'ai commencé à apprendre l'espagnol, alors mon français en a pris un coup. Mais en entendant les gens parler, ça me revient peu à peu», dit-il, se rappelant avoir déjà visité la Vieille Capitale en voyage scolaire.

Rakkar a comme agent Blake Corosky. Dans le passé, le Torontois a aiguillé les Andrew Albers, Balbino Fuenmayor et John Mariotti vers Québec, trois joueurs dominants dans l'uniforme des Capitales. Ce qui rend Scalabrini d'autant plus confiant envers les clients de Corosky.

Lennerton montre sa puissance

Annoncé comme le nouveau frappeur de puissance des Capitales, Jordan Lennerton a démontré un peu de son savoir-faire samedi en catapultant une offrande de Shaun Ellis tout juste au-delà de la clôture du champ centre du Stade municipal.

«Je pense que c'était son premier coup sûr du camp, mais c'en était un pas pire», a laissé tomber le patron, après le match intraéquipe de quelques manches.

Patrick Scalabrini soulignait le manque de constance de ses troupiers, état de fait normal à ce stade-ci de la campagne. Même son puissant lanceur Deryk Hooker, releveur converti en partant, a offert une performance en dents de scie. «Ils ont tous besoin de quelques journées comme celle-là pour retrouver leur constance. Ça prend beaucoup de répétitions. Disons que je suis content que la saison ne commence pas demain.»

Les situations de vrai match ne seront toutefois pas si nombreuses d'ici jeudi, surtout que le mauvais temps menace pour dimanche et lundi. Après le match de vendredi annulé contre Ottawa, pas impossible que celui de lundi contre les jeunes de l'ABC subisse le même sort.

Pendant ce temps, à Sussex, les Miners ont disputé cinq manches et demie face aux Jackals du New Jersey, samedi, victoire de 3-0 de Sussex. Les Miners refont le même manège préparatoire dimanche face aux Boulders de Rockland.

Parlant des Boulders, leur ex-porte-couleurs Nate Roe a bien fait samedi sur la butte du Stade municipal. Pas pour voler le poste d'un autre lanceur, mais assez pour se retrouver au sommet de la liste de rappel de Scalabrini en cas de besoin.

Les joueurs des Capitales ont passé leur samedi après-midi en immersion québécoise, disséminés dans les 12 quincailleries Canac de la région pour donner des billets de match aux clients qui sortaient avec une facture de 75$ ou plus.

L'esprit canadien

Les Québécois ne sont que trois chez les Capitales cette année, incluant la tentative de retour du lanceur Guillaume Leduc, mais le nombre de Canadiens s'avère en forte hausse avec 11 sur les 25 joueurs au camp. L'alignement officiel pour le match d'ouverture de jeudi devrait en compter au moins huit sur le total de 22.

«Leur sentiment d'appartenance est assurément plus grand de jouer pour une équipe canadienne», constate le gérant Patrick Scalabrini. «Ça leur donne le goût d'accomplir quelque chose ensemble. Dans le baseball, un vieux cliché dit que les Canadiens jouent comme des joueurs de hockey, qu'ils sont plus intenses et plongent partout. C'est un peu vrai! Dans le baseball indépendant, le concept collectif compte plus que dans l'affilié, où c'est chacun pour soi. Ils se voient un peu comme l'équipe nationale canadienne qui joue contre les Américains.»

Aux Karl Gélinas, Jonathan Malo, Sheldon McDonald et Jon Fitzsimmons présents l'an passé s'ajoutent Jordan Lennerton, Marcus Knecht, Jasvir Rakkar et Lachlan Fontaine. On peut presque inclure Trevor Gretzky, fils californien du dieu du sport canadien, Wayne Gretzky.

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