2015 a été une période charnière pour le sport cubain

Yasiel Puig (Dodgers de Los Angeles) rencontre de... (AFP, Yamil Lage)

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Yasiel Puig (Dodgers de Los Angeles) rencontre de jeunes supporteurs après avoir participé à une clinique de baseball pour les jeunes à La Havane. C'est la première fois qu'il retournait à Cuba.

AFP, Yamil Lage

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Rigoberto Diaz
Agence France-Presse
LA HAVANE

Jouer dans une grande ligue nord-américaine sans risquer d'être considéré comme un traître à la patrie? Ce rêve semble désormais accessible aux sportifs cubains après une année marquée par le rapprochement avec les États-Unis.

Beaucoup de fans de baseball ont dû se frotter les yeux pour y croire. La semain e dernière, Jose Abreu (White Sox de Chicago), Yasiel Puig (Dodgers de Los Angeles) et Brayan Pena (Cardinals de St. Louis) ont fait leur apparition dans un grand hôtel de la capitale cubaine.

La simple présence de ces icônes à La Havane, dans le cadre d'une tournée du baseball majeur a marqué un tournant historique. Car pour la première fois depuis la révolution castriste, Cuba a accueilli sur son sol des «déserteurs» partis signer des contrats mirifiques chez ce voisin longtemps honni.

Pour Abreu, qui a signé en 2013 un contrat de 68 millions $ pour six ans, l'émotion était grande. Il n'avait pas revu son fils de cinq ans depuis sa fuite via le Mexique, en 2013.

«Notre but est de négocier avec la Fédération cubaine de baseball un chemin sûr pour les joueurs cubains désirant jouer en MLB», a expliqué lors de cette visite Dan Halem, directeur des questions légales du baseball majeur.

Un éventuel accord apporterait un bol d'air salutaire au sport numéro un du pays, appelé pelota. Car au cours de la seule année 2015, une centaine de joueurs de baseball auraient quitté Cuba, privant de talents la sélection nationale et le championnat national.

Sérieuses saignées

Et le volleyball et la boxe ont aussi subi de sérieuses saignées ces dernières années, avec comme têtes de pont le volleyeur Osmany Juantorena - vainqueur de la Ligue des champions en 2010 et en 2011 avec le club italien de Trente) - ou le double champion olympique et champion du monde poids coq Guillermo Rigondeaux. Conséquence : ces dernières années, le sport cubain a opéré un lent déclin, même dans des disciplines phares comme l'escrime ou le volleyball.

En 2015, l'année sportive de Cuba a été globalement contrastée. En boxe, l'île a reconquis sa couronne mondiale amateur au Qatar avec quatre titres. Cuba a aussi réintégré le top 10 mondial lors des Mondiaux d'athlétisme de Pékin et le jeune prodige Manrique Larduet a atteint le podium mondial en gymnastique.

Jose Abreu signe des autographes après avoir participé... (AP, Desmond Boylan) - image 2.0

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Jose Abreu signe des autographes après avoir participé à une clinique de baseball pour les jeunes, jeudi dernier, à Matanzas dans l'île de Cuba. Il s'agissait d'un retour à la maison émotif pour le premier but des White Sox de Chicago, lui qui n'avait pas revu son fils de cinq ans depuis 2013. 

AP, Desmond Boylan

Mais les Jeux panaméricains de Toronto se sont soldés par un cuisant échec avec une quatrième place,  le plus mauvais classement de l'île depuis quatre décennies. Lors de ces Jeux, la piètre performance en baseball est venue confirmer la situation de crise de l'équipe triple championne olympique et 25 fois championne du monde, dépouillée de ses principaux joyaux.

Yuniesky Gurriel s'est amélioré à Québec

Pour tenter de contrôler l'hémorragie, le gouvernement de Raul Castro avait autorisé pour la première fois en 2013 des sportifs cubains à signer avec des clubs étrangers sous le contrôle des autorités, marquant un retour au professionnalisme qui avait été aboli en 1961. Mais les sportifs concernés sont peu nombreux, une trentaine tout au plus, et aucun n'a encore été autorisé à intégrer une ligue américaine.

Yuniesky Gurriel, qui a obtenu depuis deux saisons la permission de La Havane de jouer pour les Capitales de Québec (ligue Can-am de baseball indépendant) juge que la libération des transferts internationaux pourrait beaucoup aider le sport cubain et les équipes nationales. «Qu'ils reviennent et que nous jouions tous ensemble encore une fois. C'est l'aspiration de tous les Cubains», plaide-t-il.

«J'étais un frappeur moyen et j'ai pu apprendre de nouvelles choses pour améliorer mon jeu offensif, la défense ou la tactique», a ajouté le voltigeur de 33 ans au sujet de son séjour à l'étranger. «On y apprend beaucoup de choses, je crois que c'est le chemin que nous devons suivre».

Avant le baseball majeur, le dégel des relations entre les États-Unis et Cuba avait déjà permis en avril la venue à Cuba d'une délégation de la NBA (basketball) avec deux de ses anciennes étoiles, Steve Nash et Dikembe Mutombo. En juin, c'est l'équipe légendaire du Cosmos de New York (soccer) qui était venue, accompagnée de Pelé, disputer un match de gala sur l'île.

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