Les Capitales mènent la finale de la ligue Can-Am par 3-1 et pourraient compléter leur carré d'as, lundi, sur le terrain de leurs grands rivaux, qui ne parviennent pas à trouver la recette pour mettre fin à la domination québécoise qui dure depuis 2009.
«On a vu leur réaction sur le banc, ils étaient abattus. Pour eux, tout va dépendre de la façon dont leurs leaders vont se lever. De notre côté, on a bien fait à date et on ne regarde jamais en arrière, on se présente de la même façon à tous les matchs», disait le gérant Patrick Scalabrini après avoir lancé à ses joueurs «Encore une, les boys» dans son bref discours d'après-match.
Avec des coureurs postés aux extrémités du losange après deux retraits en huitième, Naccarata a placé la balle au champ droit pour pousser Rene Leveret au marbre et briser une égalité de 0-0. Dans ce duel de lanceurs, les Jackals n'ont pas été en mesure de revenir de l'arrière à leurs deux derniers tours au bâton.
«Nacc n'avait pas eu un seul bon élan jusqu'à son important coup sûr. Dans l'abri, tout le monde avait un méchant feeling qu'il ferait le travail, c'était le bon gars à avoir là», notait le gérant.
«On y va pour quatre de file, disait pour sa part le héros du match. J'étais prêt pour la rapide à l'intérieur, Pete [Laforest] m'avait dit de relaxer. Aujourd'hui [dimanche], je me sentais mieux que dans les derniers matchs.»
Richmond excelle
Le gérant avait pris un certain risque en faisant appel au partant Jamie Richmond, qui n'avait pas lancé depuis le 16 août en raison d'une blessure à l'oblique de l'abdomen. Le grand droitier canadien n'avait pas l'air d'un gars sorti de la salle des premiers soins, lui qui a éparpillé cinq coups sûrs en 5,2 manches. Il a eu droit à l'accolade de ses potes à sa rentrée dans l'abri.
«Le seul risque, avec lui, c'était au niveau de la santé. S'il l'était, je savais qu'il avait l'étoffe pour répondre à l'appel. Il n'est pas une verte recrue, il a l'expérience de ces matchs importants», avouait Scalabrini.
Richmond était bien fier de sa prestation, lui qui avait passé une bonne nuit, contrairement à la veille, où il s'était endormi à 5h du matin. La pluie lui a permis d'être plus reposé.
«Je n'ai pas eu à revoir tous les frappeurs dans ma tête comme dans la nuit de vendredi à samedi... Josué [Peley] a appelé de bons lancers, je pense n'avoir commis qu'une erreur sur le triple de Giarraputo en sixième, mais Tony [Davis] est venu chercher le dernier retrait. Maintenant, ce serait le fun de partir pour l'Allemagne avec une bague pour la qualification de la Classique mondiale», indiquait Richmond. Le deuxième releveur Dustin Crenshaw a hérité de la victoire, tandis T.J. Stanton a signé un troisième sauvetage.
Sur le losange
Ivan Naccarata se réjouissait de la nomination du nageur Benoît Huot à titre de porte-drapeau du Canada en conclusion des Jeux paralympiques de Londres. «Ben est un athlète exceptionnel, un exemple à suivre», disait celui qui le connaît bien puisque sa conjointe est sa massothépareute... Les deux équipes n'avaient rien changé à leur alignement de la veille... Pour le cinquième match, lundi (19h), reprise du duel d'ouverture entre le gaucher Isaac Pavlik pour les Jackals et Jeff Duda pour les Capitales qui avait tourné à la faveur du premier... Les Capitales misaient sur quelques partisans, dont certains d'expression française vêtus d'un chandail et d'une casquette des Expos...
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Des liens avec les Orioles
«Il lance mal, lui, amène "Jimmy Jo" tout de suite», suggérait-il à Buck Showalter devant l'écran géant. En raison d'un congé forcé par la pluie, samedi soir, Patrick Scalabrini pouvait se permettre de jouer au gérant d'estrades en regardant le match entre les Yankees de New York et les surprenants Orioles de Baltimore.
Il faut savoir que Scalabrini ne parlait pas uniquement avec sa tête de gérant, mais aussi avec son coeur d'ancien joueur. Pendant son séjour dans la filiale A des Orioles à Fredericks, en 2005, il s'était lié d'amitié avec le «Jimmy Jo» en question, un releveur nommé Jim Johnson qui connaît une saison du tonnerre avec 42 sauvetages (avant les matchs de dimanche), sur un pied d'égalité avec Fernando Rodney (Tampa Bay).
«Il était un fichu bon gars, on s'entendait bien ensemble», confiait Scalabrini, qui a aussi été le coéquipier de Nick Markakis, dont la campagne a pris fin abruptement par une fracture à un pouce dans le même match visionné par plusieurs joueurs des Capitales. «Lui [Markakis], il avait une attitude de jeune au-dessus de ses affaires, j'ose croire qu'il a changé», souhaitait le gérant.
Scalabrini n'est plus vraiment attaché à son passé avec les Orioles, même s'il penche de leur côté dans cette série au sommet contre les riches Yankees. «Je favorise toujours les sous-estimés... sauf dans la ligue Can-Am», indiquait-il en riant, sachant que les Capitales étaient favoris devant les Jackals au début de la finale.
Libéré par les Orioles après une saison partagée entre le AA et le AAA en 2008, le voltigeur Sébastien Boucher n'est pas surpris de voir le club de Baltimore dans la course au championnat. «Avec tous les bons jeunes qu'ils ont, ça aurait dû arriver il y a trois ans», estimait-il.
Boucher fut le colocataire de Johnson dans le AAA et le coéquipier du receveur Matt Wieters et des lanceurs Chris Tillman et Jason Berken dans le AA. «Jimmy lançait à 89 milles à l'heure comme partant dans les mineures, maintenant, il lance à 97 comme releveur dans les majeures. Tout ce qu'il leur manque, c'est un voltigeur comme moi», blaguait Boucher, qui a cogné à la porte des majeures en 2007 et en 2008, sans jamais pouvoir y entrer.