Fraîchement acquis de la ligue North American (NABL), le lanceur de 6 pieds 5 pouces a menotté le redoutable alignement des Jackals, ne concédant que trois points et neuf coups sûrs aux visiteurs en 7,1 manches de travail. À un certain moment, il a retiré 13 frappeurs de suite, profitant aussi de bijoux défensifs à l'avant-champ, en particulier ceux de l'arrêt-court Jeff Helps.
Les Capitales ont porté leur fiche à 9-5 contre les Jackals et les ont vaincus pour une neuvième fois dans leurs 11 derniers affrontements. Ils les ont ainsi repoussés à 5,5 matchs de la première position, qui devient de moins en moins accessible pour les visiteurs du New Jersey.
«Les gars m'avaient dit que la défensive était très bonne, mais je ne pensais pas qu'elle l'était autant que ça. Je ne connaissais pas vraiment les frappeurs adverses, mais une fois avec l'avance, je les attaquais en lançant des prises. J'étais un peu nerveux, mais je n'ai rien changé à ma façon de lancer. J'aime ça, ici, les gars derrière moi sont fantastiques, l'ambiance est plaisante dans le vestiaire, et j'espère rester un bon bout de temps», indiquait le Californien.
À bras raccourcis
Même si la série ne semblait pas avoir l'importance de celle de la semaine dernière entre les deux équipes, les Capitales n'avaient pas l'intention de prendre les choses à la légère. Ils sont tombés à bras raccourcis sur l'as de la rotation adverse, Steve Fox (11-3), en le malmenant avec neuf points dans les cinq premières manches, dont quatre en deuxième.
«On s'est donné de l'espace et de l'oxygène pour respirer. Les gars sont sortis avec force et aggressivité, c'est le plan face à Fox. On va le revoir en série, mais on vient de lui envoyer un petit message», indiquait le gérant Patrick Scalabrini.
Rene Leveret a produit deux points à l'aide de 2 des 13 coups sûrs des Capitales, Helps, Jonathan Malo et Josh Colafemina contribuant aussi avec deux coups sûrs chacun. Rony Rodriguez a frappé son sixième circuit, une claque en solo.
Mais c'est le nom de Crenshaw qui était sur toutes les lèvres. «Il avait un solide test devant lui sans le savoir parce que c'était un match important contre une équipe qui devait nous battre. Je lui ai demandé si son arrêt-court à Sonoma [NABL] pognait comme le nôtre pendant le match... Je pense qu'il a compris rapidement qu'on attrapait la balle pas pire, alors il a lancé des prises sans donner de but sur balles», se réjouissait Scalabrini à propos de la première sortie de celui qui fait en sorte qu'il n'aura pas à se mettre à la recherche d'un autre partant d'ici la date limite du 24 août pour remettre son alignement définitif.
Sur le losange
Les Capitales ont libéré la recrue Normand Gosselin, quelques heures avant le match. «Il était vraiment déçu et triste», convenait Scalabrini, qui devait créer une ouverture pour insérer le partant Dustin Crenshaw dans l'alignement... Le droitier Jamie Richmond, qui se trouve sur la liste des blessés, passera une imagerie par résonance magnétique, aujourd'hui, afin de s'assurer qu'il n'y a pas de déchirure à l'oblique de l'abdomen. «Il a vu le docteur, hier [lundi], et celui-ci était confiant pour qu'il puisse lancer le quatrième match de la finale, le 8 septembre. Disons que j'ai très bien dormi, après cela», notait le gérant... Le deuxième match, aujourd'hui, opposera Chad Jones (2-4, 3,12) à Dustin Birosak (3-5, 5,43)... À l'instar des autres clubs de la Can-Am, Joe Calfapietra a apprécié les matchs interligues avec l'American Association. «Il y avait une perception qui venait je ne sais d'où à l'effet que notre ligue était inférieure, mais on a prouvé le contraire. L'an prochain, j'aimerais que l'on ajoute des franchises solides à notre circuit, mais je fais totalement confiance aux gens en place, soit Miles Wolff et Dan Moushon, qui ont trouvé une belle solution avec l'interligue pour compenser le fait qu'il n'y avait que cinq équipes», indiquait le gérant des Jackals.
Des rivaux aux philosophies différentes
Grands rivaux depuis plusieurs saisons dans le baseball indépendant, les Capitales et les Jackals ne font pas toujours les choses de la même façon. Pendant qu'on est réticent à modifier l'esprit d'équipe à Québec, on n'hésite pas à effectuer des transactions de fin de saison au New Jersey.
Encore une fois, en 2012, les Jackals ont bougé en faisant l'acquisition du lanceur Mike Ness, des Bears de Newark, et en mettant sous contrat le voltigeur Edgard Clemente, de la Ligue du Mexique. «Nous avions l'occasion d'acquérir deux très bons joueurs, c'est l'unique raison pour laquelle on a fait cela», disait le gérant Joe Calfapietra (photo) avant le premier match de la série.
Selon son homologue québécois, il a ajouté un excellent bras à sa rotation. «Ness était le meilleur lanceur qui ne jouait pas avec nos deux équipes, et en plus, il pourra coller longtemps là-bas puisqu'il n'est qu'un LS-1. New Jersey ajoute toujours de bons joueurs en fin de saison, mais j'aime moins qu'ils puissent le faire à l'intérieur de notre ligue. Nous, c'est plutôt rare qu'on effectue des échanges du genre parce qu'on croit à la chimie entre les joueurs», notait Scalabrini, dont le club revendique les trois dernières conquêtes de la finale.
Avec encore 11 matchs à disputer à leur calendrier régulier, les Jackals courent encore après le premier rang détenu par les Capitales, bien qu'ils aient fait un pas en arrière, mardi. L'homme de baseball américain refusait de dire qu'il s'agissait de l'objectif de son club d'ici à la fin de la saison.
«Tout ce qu'on veut, c'est de continuer à bien jouer. Si on l'emporte, ce soir [hier], on voudra encore gagner demain et après-demain. Nous avons aussi quelques joueurs mal en point, on veut s'assurer qu'ils soient en bonne santé.»
Par respect pour les Boulders de Rockland, il ne voulait pas parler d'une éventuelle série entre Québec et New Jersey pour déterminer le champion de la ligue Can-Am, même s'il se doute bien que la finale opposera ces deux équipes. «Tant que Rockland possède des chances mathématiques de faire les séries, on doit se concentrer sur chaque match et construire sur chacun. Voilà l'état d'esprit dans lequel on se trouve.»